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Si Yves Saint Laurent m'était conté... en cinq dates

Elevé dans la lumière dorée d'Oran, Yves Saint Laurent hérite de sa mère, une femme d'une rare beauté, l'amour du chic. Enfant, il assiste à chacun de ses essayages, admire son élégance, ses toilettes et conseille le style des femmes de sa famille. La légende raconte qu'à dix ans à peine, le petit prince de la couture rêvait déjà de voir son nom inscrit en lettres de feu sur les Champs Elysées. A 17 ans, il prend l'avion pour Paris afin de recevoir le troisième prix du concours du Secrétariat de la laine. C'est le début d'une "success story" de quarante ans, ponctuée de provocations, révolutions, innovations mais surtout de talent. Et s'il fallait n'en retenir que 5 dates ?

 

1957 : A 21 ans, le jeune Yves Saint Laurent se retrouve propulsé à la tête de l'honorable maison Christian Dior. Seulement quelques années après ses premiers pas en Haute Couture, il doit écrire la suite d'une histoire amorcée par le maître incontesté de la couture parisienne, le créateur du New Look. Le défi est de taille, il le relève avec succès dès sa première collection : la ligne trapèze innove avec des robes géométriques, légères, ajustées à la poitrine et refusant la taille cintrée, annonciatrices d'une nouvelle modernité. L'ovation est à son comble dans les salons Dior, la presse est conquise et les rédactrices couronnent le nouveau génie de la mode.

 

1962 : Après avoir quitté Dior, Yves Saint Laurent s'associe avec Pierre Bergé, son mentor, Pygmalion et compagnon tout au long de sa vie, pour fonder sa propre griffe. Leurs moyens de départ sont modestes, mais les collections étonnent de raffinement et d'avant-gardisme. Seulement trois ans après l'ouverture, le succès de la collection Mondrian, en hommage au peintre, retentit dans le monde entier. Sa rencontre décisive avec Pierre Bergé promet un avenir éblouissant à la maison de couture, reposant sur l'équilibre fondateur du duo : Saint Laurent à la création artistique, son alter ego aux manettes financières.

 

1966 : En osmose avec l'air du temps, à l'aube de la crise de mai 68, Yves Saint Laurent anticipe la révolution féministe qui s'apprête à gronder sur les pavés. Alors que le pantalon est encore réservé à la gent masculine, interdit aux femmes dans les entreprises, il crée le smoking pour "elle". L'artiste entre alors dans la légende. Il révolutionne le style, jouant avec l'élégance du masculin-féminin, tout en préservant leurs plus sensibles atouts. La silhouette sera immortalisée en 1975 sous l'objectif d'Helmut Newton.

La même année, alors que le prêt-à-porter tâtonne sous le nom peu prometteur de "confection", il ouvre sa propre ligne rue de Tournon : "Yves Saint Laurent - Rive Gauche". Le créateur révolutionne un genre encore délaissé, souffrant à l'époque de sa comparaison avec la Haute Couture. Par ses recherches, il crée un style à chaque collection, donne ses lettres de noblesse au prêt-à-porter et démocratise le style.

 

1971 : "Ce que je veux c'est choquer, pousser les gens à réfléchir" déclarait-il dans Vogue, après la présentation de sa collection inspirée des années 40. Le scandale éclate devant ces silhouettes au style rétro, réminiscence du Paris de l'Occupation. Les vestes carrées s'habillent d'épaules ailerons, les jupes et robes en crêpe gonflent des manches ballons, les revers sont larges et les noeuds Lavallières. Cheveux remontés en turban, les filles défilent sur des semelles compensées et affichent des couleurs franches, agressives. Le petit monde de la mode s'indigne devant ces sombres souvenirs ressuscités. L'heure est une nouvelle fois à la controverse.

 

2002 : Quarante-quatre ans après ses débuts dans la couture, alors que sa maison est tombée sous le joug du Gucci Group, Yves Saint Laurent annoncera la fin de sa carrière dans un discours emprunt d'émotion : " Je me suis toujours élevé contre les fantasmes de certains qui satisfont leur ego à travers la mode. J'ai, au contraire, voulu me mettre au service des femmes c'est-à-dire servir leur corps, leurs gestes, leurs attitudes, leur vie. J'ai voulu les accompagner dans ce grand mouvement de libération que connut le siècle dernier. " Entouré de se muses, le petit prince de la mode signera son dernier défilé : trois cents modèles, du smoking à la saharienne, des vestes militaires aux robes Picasso. Une véritable leçon de style qui marque la fin d'un ordre ancien.

 

Pour aller plus loin :
Yves Saint Laurent, Biographie, de Laurence Benaïm, Edition Grasset (2002)
Beautiful people, Saint Laurent, Lagerfeld, splendeur et misères de la mode, Alicia Drake, Editions Denoël (2006)
Yves Saint Laurent, mémoire de la mode, de Pierre Bergé, Editions Assouline (2008)
Yves Saint Laurent, coédition Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent et La Martinière, 312 p., 40€.
Lettres à Yves, de Pierre Bergé, Gallimard, 12€.

 

Marie Varroud-Vial

 

Puretrend, partenaire web exclusif de la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent pour l'exposition Yves Saint Laurent Rétrospective

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