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Willy Moon : Rencontre avec un enfant de la pop

Un tube qui tourne en boucle dans la dernière pub Apple, des premiers pas sur scène en première partie de Jack White, Willy Moon fait partie des phénomènes pop qui ont explosé en 2012.

Un succès qui est arrivé très vite pour ce néo-zélandais de 23 ans, dont la première composition sur son laptop, "I Wanna be your Man", a tout simplement été un tube. Pressé Willy Moon ? Pas vraiment. Il n'a jamais vraiment pensé chanter avant de découvrir sur le tard les chansons de Buddy Holly, enfant prodige et étoile filante du rock. Les fifties comme héritage, bien sûr, mais pas seulement. On pourrait facilement le cataloguer "Don Draper" de la pop, après l'avoir vu se déhancher dans son clip "Yeah Yeah" en costard parfaitement ajusté et cheveux gominés. Mais une écoute des autres titres de son album Here's Willy Moon, sorti le 8 avril dernier, apparaît comme une exploration d'autres décennies, d'autres genres musicaux remis à la sauce Willy Moon. Un sample du Wu Tang Clan pour "Yeah Yeah", un beat electro façon Bo Diddley pour "I Wanna be your Man", des coeurs inspirés des negro spirituals des années 30 pour "Railroad Track", l'artiste ne cache pas ses influences. Du jazz de Duke Ellington, aux rythmes afro-cubains de Dizzy Gillespie, en passant par l'efficacité des Ramones et l'énergie de James Brown ou de Michael Jackson. Rencontre avec un enfant de la pop.

Quand on écoute votre album, on ne peut pas s'empêcher de noter toutes les différentes influences qu'on y trouve. Il y a du jazz des années 30, du rock des années 50, de l'electro... Comment définiriez-vous votre musique ?
Je n'a pas envie de la définir. Je n'aime pas l'idée que l'on puisse définir la musique avec des mots de façon générale. Car ce qui est spécial avec la musique, c'est qu'il est avant tout question d'émotions, il y a une vraie connexion avec l'esprit. Je ne définirais pas ma musique par rapport à sa sonorité, mais par rapport à la manière dont elle a été créée. C'est une exploration, une déclaration d'amour à la musique pop. C'est le son de quelqu'un qui a envie de donner du sens à toutes ces différentes idées, influences, et une réflexion sur une éventuelle façon de mélanger tout cela.

Quelle musique pourriez-vous écouter tous les jours ?
J'ai longtemps écouté Duke Ellington tous les jours. Je pourrais écouter James Brown tous les jours de ma vie.

De la musique noire essentiellement.
Oui, mais de la musique noire rétro. Je ne suis pas fan de ce qui se fait aujourd'hui en R'n B. J'aime bien Frank Ocean en revanche, ses mix tape. J'aime beaucoup de choses qui se font aujourd'hui, n'allez pas croire que je n'écoute que de la vieille musique. Tout ce que je veux dire, c'est que je n'écoute pas uniquement ce qui se fait aujourd'hui. C'est important pour moi d'écouter ce que de nouveaux musiciens comme moi font avec le même héritage culturel, toutes les références communes qui nous sont disponibles.

Je voudrais parler de deux chansons, "Railroad Track" et "Working for the Company". Comment avez-vous travaillé sur ces titres ? Comment avez-vous intégré l'influence jazz des années 30 ?
J'écoutais beaucoup de negro spirituals, des enregistrements faits par Alan Lomax dans le sud des États-Unis dans les années 30. Il allait dans les plantations pour écouter tous les chants des noirs travaillant. C'est une musique très émouvante et puissante. J'ai eu envie de mixer cela à l'atmosphère et la sonorité des musiques d'Enio Morricone pour les films de Sergio Leone, comme "Pour une poignée de Dollars" ou encore "Le Bon, la Brute et le Truand". C'est comme ça que la chanson "Railroad Track" est sortie. Une chanson qui sonne comme ce que chantaient les hommes qui construisaient les bâtiments dans les sud des Etats-Unis à cette époque.

Pour "Working for the Company", j'écoutais beaucoup Dizzy Gillespie, à cette période j'étais très inspiré par les sonorités d'Amérique Latine, les rythmes afro-cubains. Je trouvais qu'il y avait une certaine humidité qui s'exprimait à travers ces musiques, et je ne comprenais pas. Comment faire en sorte qu'une chanson sonne "humide" ? Comment est-ce possible ? Pendant des semaines j'étais obsédé par l'écriture des cuivres, trompettes, cors etc... Et ces images d'usine me sont venues à l'esprit, avec des nains s'affairant (Rires), un peu comme des Umpa Lumpa au travail j'imagine.

Il paraît que vous travaillez et composez tout sur un simple laptop ?
Oui absolument. Beaucoup de chansons de mon album, la moitié à vrai dire, ont été entièrement écrites et produites à la maison sur mon laptop. Pour le reste, je suis allé en studio. Mais je travaille principalement seul, j'ai le logiciel Pro tools, et j'expérimente différentes choses, je mixe différents sons jusqu'à ce que cela ait du sens. Tout tourne autour d'un concept ou d'une idée dont j'essaie de m'approcher un maximum à travers la musique, avec différentes sonorités. C'est comme ça que mes chansons naissent.

Vous souvenez-vous de la toute première chanson que vous ayez composé ?
Oui très bien, c'était "I Wanna be your Man". C'est la toute première chanson que j'ai jamais écrite. Tout a commencé très simplement, en écoutant Buddy Holly et Bo Diddley, c'est avec eux que tout s'est déclenché. Je n'avais jamais pensé devenir chanteur. Mais écouter Buddy Holly m'a donné envie d'écrire des chansons. Sa musique est si pure, c'est incroyable quand on pense qu'il est mort à seulement 22 ans, en laissant autant de chansons brillantes. Son travail m'a paru accessible. J'ai toujours pensé que beaucoup de musiques étaient trop complexes pour moi, c'est pourquoi j'ai longtemps écouté du punk (Rires). Lorsque j'ai découvert le rock des années 50, cela m'a paru accessible, comme une musique que je pouvait créer.

Gomina, costumes parfaitement ajustés... Vous afficher toujours un look fifties très travaillé. Pourquoi cette période plus qu'une autre ?
Je trouve que les hommes ressemblaient à des hommes dans les années 40-50. Il y avait un vrai soucis d'élégance à cette époque. C'est la période la plus "purement masculine" pour moi. J'adore ça. J'aime l'idée que les vêtements définissent la façon dont on se perçoit et dont on veut que les autres nous perçoivent. La mode reflète les évolutions sociales, les préoccupations des hommes et des femmes, leurs rêves, leurs angoisses. Les jupes ont raccourcis pendant la guerre, car il y avait moins de tissu... Les années 40 et 50, surtout aux États-Unis, sont le temps forts du vestiaire de l'homme occidental moderne. Cette idée qu'ils ne pouvaient pas de tromper, qu'ils avaient sauvé le monde de la menace nazi. Il y avait de l'argent, pas mal d'optimisme... Cet American Way of Life, avec votre femme qui cuisine à la maison et s'occupe des enfants. Comme une sorte de paradis pour les hommes. Je suis heureux de vivre aujourd'hui à une époque où les femmes ne sont plus des objets sexuels, mais j'éprouve une certaine nostalgie pour la mode masculine de cette période.

Vous avez été photographié par Hedi Slimane. Avez-vous des créateurs de mode fétiches ?
J'aime le travail d'Hedi car il fait des vêtements pour les gens très minces, ce qui est mon cas. J'aime aussi beaucoup le travail de Kris Van Assche pour Dior Homme. Mais comme pour la musique, où je ne suis pas attaché à un artiste ou un style en particulier, je ne suis pas attaché à une marque. J'aime les belles pièces. Je ne vais pas me mettre à aimer tout ce que fait un créateur sous prétexte que j'ai aimé une chose qu'il a fait dans le passé.

Comment voyez-vous la suite ?
Je vais commencer à travailler sur un nouvel album. Continuer de faire de la musique à partir de toutes les expériences que j'ai eues dans ma vie.

Here's Willy Moon, Willy Moon , (2013, Universal Island Records)


EN CONCERT :

23/04 Marché Gare, Lyon
24/04 La Flèche d'Or, Paris
17/05 Festival Papillons de Nuit, Saint-Laurent-de-Cuves
18/05 Festival Art Rock, Saint Brieuc
07/07 Les Déferlantes, Argelès-sur-Mer

Propos receuillis par Mélody Kandyoti

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