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Portrait d'une Parisienne : Camille Bidault Waddington

Camille Bidault Waddington, c'est un concentré de parisienne. Des activités toutes liées à la mode. Styliste pour les magazines, conseil pour des marques très choisies de prêt-à-porter, elle se lance en 2010 dans la photographie. Légèreté, vivacité, l'élégance intrépide de Camille s'appuie sur un côté bourgeois revendiqué. Sa voix pointue, son débit rapide suivent une pensée déliée.

Interview de Camille Bidault Waddington.
Nous publierons mi-février le making of d'une série de mode qu'elle vient de réaliser pour Purple.

Tu es rédactrice de mode pour la crème des magazines et depuis peu, photographe ?
J'ai commencé le stylisme avec Dazed and Confused et Self Service, puis j'ai suivi Katie Grand au Face de 98 à 2000. Parallèlement je travaillais pour Vogue Japon, Vogue Chine, ou encore Elle américain, des trucs plus chics.
Je réalise des séries pour Another Magazine puis, après m'être fritée avec Ezra et Suzanne de Self Service, j'arrive à Purple avec Olivier Zahm, un copain depuis des années. Je fais également des séries pour Fabrice Paineau, dans Double.
En général, on me demande ce que j'ai envie de faire, je donne trois idées et ils choisissent.
En tant que photographe, il m'est arrivé de travailler pour Io Donna, le supplément du Corriere della Serra, avec Thomas Lenthal, pour Tar un magazine art et mode super bien imprimé appartenant à Mondadori. Et plus régulièrement dans Purple.

Tu conseilles aussi plusieurs marques de prêt-à-porter ?
Et ça fonctionne parce que ces designers n'ont rien à voir les uns avec les autres.
Je déteste ces motsde consultante ou de conseil, en fait, j'interviens souvent dès la pré collection sur les concepts, sur les couleurs, j'assiste aux fittings, je m'occupe du shooting du look book. Chez Chloé j'ai survécu à deux boss et à 4 designers : Phoebe Philo, Yvan Mispelaere, Hanna Mac Gibbon et les deux dernières saisons avec Clare Waight Keller. J'amène à Jean Touitou, des trucs que j'aime bien et qu'il adapte pour APC.
Pour Marc by Marc Jacobs, c'est Venitia Scott qui s'occupe beaucoup de la collection, moi j'arrive à New York quand tout est fait, et, une semaine avant, je prépare des looks du défilé.
Avec Victoria Beckham c'est une collection que je dois accessoiriser avec des chaussures, des bijoux, des machins....Je m'apprête aussi à commencer pour Hermès avec Christophe Lemaire.

Avec eux, est-ce que tu sur-joues la parisienne ?
Non, car je suis déjà une caricature de parisienne. Je passe ma vie au Flore, dans les restaurants, je bois, je fume, je me promène les jambes à l'air en toute saison et je n'ai rien à foutre de ce qu'on pense de moi.
En revanche, je trouve important de donner à ces parisiens d'adoption, les bonnes adresses, le bon coiffeur, le bon médecin. A Paris je les prends sous mon aile, je fais un peu antenne et je leur parle des trucs intéressants ou délirants que je vois.

Tu as un quartier de prédilection à Paris?
Le 9e, depuis 17 ans.
Avant d'habiter Londres, quand j'ai eu Otto, mon premier garçon, j'habitais rue Condorcet, puis à mon retour de Londres, quand je suis revenue vivre à Paris avec Jarvis Cocker et mon second garçon Albert, c'était au coin de la rue Condorcet et de la rue de Maubeuge, j'ai déménagé encore, mais à trois rues de là.

D'autres quartiers de Paris que tu aimes ?
Avec l'âge on s'embourgeoise, on est devenu une grande bourgeoise... J'aime bien tous les quartiers de Paris, enfin je déteste chez ma mère rue d'Auteuil, mais je peux adorer l'avenue du président Wilson. Je n'aime pas trop le 10e vers le canal Saint Martin, trop branché !

Où aimes-tu te balader ?
Les puces j'adore ! Clignancourt, Vanves. J'aime aussi faire les magasins avenue Montaigne : Gucci, Cavalli, Fendi et ça me fait mourir de rire d'y entraîner exprès mon fiancé qui n'est pas du tout comme ça. C'est important dans mon métier, de savoir tout ce qui se fait partout.

Tu aimes faire la cuisine?
Quand j'étais mariée, j'aimais bien cuisiner, j'avais un truc très famille. Après la séparation, j'ai décidé que je n'étais plus une ménagère. Je disais à mes fiancés que je ne savais pas du tout cuisiner.

Où déjeuner et dîner à Paris ?
On est tout le temps fourrés au Flore. J'aime le "Cinq Mars" rue de Verneuil, de la cuisine française délicieuse malgré l'impression de se retrouver dans un pub anglais.
On dîne parfois chez Benkay le jap' de l'hôtel Nikko tout en haut de la tour, c'est très dépaysant. J'aime aussi chez Georges rue du Mail.
Et la nuit : "Le scandale", un bar génial à côté de la maison rue Viollet le duc, un ancien petit bouge de Pigalle. J'y passe souvent en rentrant le soir : musique géniale, jolies filles et serveurs charmants.

Les personnes qui t'ont marqué dans la mode
Marie Rucki du cours Berçot m'a appris a réfléchir, Yvan Mispelaere que j'ai connu au cours avec qui j'ai travaillé pour Louis Féraud et pour Chloé. Il a beaucoup de culture et moi ça me saoule les gens qui ne connaissent rien. Marc Jacobs qui, en 2000, quand je l'ai rencontré était quelqu'un de très sensible. Il est maintenant à la tête d'une grosse machine. Un peu comme une rédactrice, il comprenait tout ce que je pensais. Il connaissait les années 60 -70- 80. Dans chacun de ses défilés il y avait des looks dont il me disait : "ça, ça et ça c'est toi". Et moi : "celui-là me plaît beaucoup", ce à quoi il me répondait : "je sais !"
J'adore les gens qui comprennent mieux que moi ce que j'aime, ça m'a toujours impressionnée. Sinon je ne suis pas impressionnée, je ne peux pas dire j'adore machin ou chose. Si, j'adore Nicolas Ghesquière... mais on l'adore tous.

Tu as commencé à travailler aux côtés Marc Ascoli et Martine Sitbon ?
Marc et Martine, des gens de talent avec un côté humain, dans la mode, c'est quand même rare.
Marc Ascoli m'a appris à parler aux autres. Quand tu sors de l'école, tu sais des tas de choses mais tu ne sais pas les exprimer, dire comment on aime, faire en sorte que ce soit léger. Marc Ascoli m'a appris aussi comment extraire des gens le meilleur d'eux-mêmes. Avec Matthias et Michael des M&M, on a un peu été à la même école, ils étaient bébés graphic designers avec Marc Ascoli.
Il faut être un peu James Bond et un peu fin dans ce métier.

C'est quoi pour toi la silhouette sexy du moment ?
Forcément une jupe, même si on a envie de pantalon et surtout pas une mini-jupe, soit avec une chemise, soit avec un pull et des bijoux. Je trouve les robes hyper chiantes alors que le choix de ton haut et de ton bas, c'est forcément très personnel.

Ta particularité en tant que photographe ?
La fille me regarde, il y a souvent interaction. Et puis, dans cette photo, rien n'est droit je suis incapable de faire une photo droite, les cadrages sont toujours un peu foutoir, mais j'aime bien, donc je ne corrige pas. La lumière c'est assez brute, on ne sent pas qu'il y ait spécialement de technique, les chromies sont retravaillées ensuite. On perçoit que c'est un peu ancien, un peu sentimental mais sans que ça fasse vieux 70. C'est toujours le même personnage, un peu moi. Les endroits sont un peu bourge mais bizarres. J'aime les vieilles maisons destroy, où l'on sent une grandeur passée.

Ton style de l'hiver ?
En ce moment, je mets tous mes pantalons dans les chaussettes, je trouve que ça fait un peu "Jean-Paul Goude". Et puis je me suis acheté mon premier blouson de cuir, un vieux fly jacket avec une très jolie patine. Le premier de ma vie, à 43 ans.
Je n'ai envie que de vêtements un peu de lesbiennes oversized et chic. Mes grosses chaussures Balenciaga, avec le blouson, ça fait un peu butch, je trouve ça joli sur les autres, mais je me dis qu'il va falloir me calmer.

S'habiller pour la nuit ?
Je ne peux pas garder les mêmes vêtements pour la journée et pour le soir. Impossible ! Si tu ne rentres pas te changer, tu traines ta journée avec toi. Je ne dis même pas qu'il faille prendre une douche. Se changer suffit à faire oublier la fatigue, tu peux alors sortir jusqu'à 5 heures du mat...

Tes solutions pour sortir ?
Une jupe, une blouse et un talon et d'ailleurs je m'aperçois que c'est toujours le même talon, des sandales Miu Miu à haute plateforme. Si tu t'habilles genre protestante, comme moi, tu as quand même la chaussure un peu glam-rock mais sans faire pute-pétasse.

Les choses que tu ne porteras jamais ?
Des strings ça c'est sûr ! Des jupes en cuir, mais dès que j'ai répondu à cette question, je fais le contraire la semaine suivante. Le trip 50 avec la taille marquée ne me va pas du tout. Sinon tout est possible.

Dernier objet acheté ?
La bio de Grace Coddington qui a l'air plutôt marrante. La couv' est très jolie. J'ai eu envie de l'offrir à Victoria Beckham mais Joe McKenna venait de lui donner.
Un fauteuil, genre bergère en bois, confortable, recouverte de velours côtelé chocolat. J'adore le velours côtelé ! Y'a qu' ça de vrai dans les intérieurs, c'est sportif ça fait pas maniéré.

 

Propos recueillis par Paquita Paquin
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