Accueil
Mode
Accessoires
Chaussure
Lingerie
Maillot de bain
Morpho
Street Style
Fashion week
Sélection
Beauté
Maquillage
Manucure
Soins
Bien-être
Coiffure
Vernis
Rouge à lèvres
Frange
Balayage
Lissage
Brushing
Coloration
Coiffure afro
Tous les dossiers
Joaillerie
Horlogerie
Mariage
Coiffure de mariage
Maquillage de mariage
Célébrités
1 Star, 1 Style
Copier le look !
Match de look

L'âme sylvestre de Sophie de Boysson

Avec sa voix bien timbrée à la Fanny Ardant, Sophie de Boysson nous accueille au royaume des biches – l'emblème de sa marque – dans l' atelier show room au rez de chaussée de l'ex-maison Japonaise de Kenzo à la Bastille. Sous le label qui porte son nom, elle crée des sacs de voyage, des sacs a main, des pochettes, et toute une petite maroquinerie ultra sophistiquée aux constructions origami et aux couleurs contrastées surprenantes. Depuis un an et demi, une ligne sur commande, et, plus récemment, depuis mars 2013, tout une ligne réalisée en France, destinée à la diffusion

Pourquoi avoir pris la biche pour emblème ?
J'avais l'habitude d'aller dans une maison en pleine forêt de Fontainebleau où je pouvais parfois entrevoir des biches. Cela arrivait toujours le matin de bonne heure, quand l'atmosphère est un peu fraîche et l'air très pur. J'ai toujours considéré ça comme un signe de chance, c'était une joie ! C'est désormais le symbole de la marque. Impala, Mazama, Sika, Muntjac, chaque modèle de sac porte un nom de biche et son effigie en plaqué.

Vous destinez vos sacs aux hommes autant qu'aux femmes.
J'ai commencé par dessiner un sac de week-end pour homme en respectant les dimensions qui lui permettraient de poser sa chemise à plat j'y ai ajouté des poches intérieures afin qu'on ait pas à farfouiller. C'est un sac classique fait à la main mais dont les cotés ressortent. Il m'a été inspiré par un sac trouvé un jour aplati sous un piano ; le soufflet habituellement rentré, était complètement à sorti à l'extérieur , ça donnait quelque chose de très bizarre, d'hyper plat . L'idée était à reprendre.

D'où viennent vos cuirs ?
Essentiellement de tanneries françaises. Ils sont d'une grande qualité.

À quels détails attachez-vous de l'importance?
J'aime penser mes sacs comme des boites de Pandore d'ou sortent des merveilles et des présages. Je m'inspire des finitions de boites ou de sacs anciens, avec leur coté coffret, plein de poches à l'intérieur. Pour les soufflet j'accentue le côté plissé origami. Le fermoir du sac Mazama est imaginé comme un petit objet ; j'ai dessiné les pièces métalliques ou s'accrochent les anses en m'inspirant des dessins de bijoux géométriques de Raymond Templier avec des arrondis, des angles, des encastrements, ainsi tout est prévu pour qu'au porté, la poignée et la bandoulière ne se touchent jamais.
J'aime personnellement porter mon sac ouvert donnant la chance d'apercevoir accidentellement la couleur contrastée des cuirs intérieurs. Le sac de week-end "Muntjac" s'ouvre vraiment en entier comme une valise, grâce à une fermeture à glissière qu'on appelle bouche à bouche. A l'intérieur, des poches pour l iPhone, pour iPad, pour les clés.

Après le Studio Berçot, quelles expériences vous ont menée à établir votre marque ?
J'ai fait le Studio Berçot où j'ai adoré la directrice Marie Rucki et juste après, j'ai travaillé pour les lignes accessoires de Loewe puis de Missoni, et enfin chez Martin Margiela. J'ai été designer au studio pour les bijoux et maroquinerie. Il s'agissait beaucoup de détournements. Je me souviens avoir dessiné toute une collection en partant d'un gros sac de voyage ; l'idée c'était de le couper en morceaux et chacun des morceaux pour faire, ici un porte-carte, avec l'angle un porte-feuille etc.

Un maître, des personnalités qui auraient favorisé cette vocation ?
La rencontrer avec Didier Martinez, un compagnon bottier qui a été le chef d'atelier haute mesure de Berlutti pendant quinze ans a eu beaucoup d'importance ; il m'a fait découvrir les plus belles peaux, Il a réussi à m'enthousiasme. Lui-même réalisait des choses incroyables. Il m'a permis aussi de croiser d'Olga Berlutti, un personnage fantastique. J'ai eu également la chance de travailler pendant un an dans l'atelier de Jacques Ferrant, un compagnon maroquinier qui m'a transmis toutes les techniques artisanales de réalisation sellier. Il m'a expliqué la raison d'être de chacun des gestes du montage, m'a appris comment le cuir réagissait et surtout, l'importance du facteur temps, loin du rythme un peu effréné des collections.

Qui vous a décidé a créer votre propre marque ?
C'est un projet qui me tenait à coeur depuis un bon moment. Et puis il y a un an et demi les conditions étaient réunies pour démarrer, investisseur, atelier, fabricants. Je me suis donc installée au rez de chaussée de l'ancienne maison japonaise de kenzo et j'ai choisi de donner à cet atelier un coté cabinet de curiosité avec collection de cloche de mariée en verre reliefé, des passiflores et des boites d'entomologiste avec des insectes épinglés.

Vous connaissiez la maison de Kenzo ?
C'est une maison dans laquelle j'étais venue du temps où Kenzo y habitait. Un très bel endroit, ce qui est amusant ce sont les histoires de ces fêtes fantastiques qui ont eu lieu ici avec Grace Jones, et tout le milieu de la mode...

Une grande partie de votre travail se passe dans la recherche ?
Je suis fascinée par tout ce qui est maroquinerie ancienne. Je passe mon temps chez les antiquaires. J'étudie vraiment quelles étaient les épaisseurs, comment le cuir était travaillé. Je suis tombée un jour sur une très vieille boite à cigares de mon grand-père toute marquetée avec ses initiales incrustées en or. Sous les cigares, cette boite cachait une partie complètement fermée, un tiroir secret, qu'on n'était jamais arrivé à ouvrir. Il fallait pour qu'elle s'ouvre, donner deux pressions au lieu d'une sur un petite aspérité. L'intérieur de la cache était tout en moire violette. Dans la maroquinerie, il y a toujours des petits secrets, des miroirs cachés, des poudriers divisés en deux, des façons spéciales d'accrocher la pochette à une petite bandoulière qui coulisse. J'aime que les sacs aient l'air d'avoir été dessinés pour une personne avec une demande particulière.

Les quartiers de Paris que vous aimez?
J'aime ce quartier autour de la Bastille et proche du Marais . Pour moi c'est assez pratique car il y a pas mal d'artisans de l'univers de la maroquinerie, des doreurs, des marchands de cuir et puis d'autres designers... J'ai l'impression que c'est ici que cela se passe ! J'aime aussi ce quartier pour plein d'autres raisons, dont quelques vintages que j'adore.
Je suis née à Paris et j'ai vécu dans plusieurs endroits. j'aime tout ce qui est autour du Luxembourg ou j'allais beaucoup, enfant, avec les poney et les balançoires... J'aime aussi tout ce qui est autour de l'église des Blancs Manteaux, c'est vraiment là que j'ai grandi derrière Sainte croix de la Bretonnerie.

Vous sortez beaucoup ?
je viens d'une famille biélorusse, de fabriquants de vodka, alors j'adore les restaurants russes : chez Douchka rue du Pont aux Choux un endroit tout petit avec des icônes et des murs rouges. L'idéal pour un anniversaire, avec les musiciens qui posent le verre de vodka sur le violon. Un autre restaurant russe Les Trois Violons, rue Saint Sébastien dans le 11eme. J'aime aussi l'ambiance des grandes brasseries où l'on peut prendre un plateau de fruits de mer comme chez Boffinger ou la Coupole. Un de mes endroits préférés : la Closerie de Lilas, j'aime y déguster des oursins avec un Bellini.

Des lieux de nuit ?
Je crois que ce n'est pas très original pour une parisienne, mais la nuit démarre souvent au Flore. Je suis beaucoup allée dans des soirées alternatives organisées dans des endroits divers comme la Club Sandwich. Et puis j'aime les cocktail du Silencio.

Comment aimez vous vous habiller dans la journée ?
Quand je vais travailler à l'Atelier dans un petit village de montagne près de la Suisse, alors là c'est le tablier d'artisan. Dans mon atelier à Paris je garde plusieurs paires de chaussures et je porte des tenues qui peuvent aller du matin jusqu'au soir pour aller diner et sortir ; j'aime bien par exemple les jupes patineuses, pas toujours des jupes d'Alaïa même si c'est le rêve à porter parce qu'on a toujours l'air bien foutue. J'aime les mettre avec un cache-coeur, un sweat-shirt, un bijou.
Je mélange les vestes ouvragées (veste de ma grand-mère de chez Balmain), j'aime les vestes anciennes avec des basques plissées ou à godets, avec leur côté couture. Cela fait une petite silhouette parisienne avec la taille bien marquée Quand je mets des talons assez hauts le soir, j'ai physiquement l'impression de passer a autre chose je porte des modèles Alaïa (mes chaussures préférées) avec un système de laçage et des peaux exotiques, hyper confortables et super bien faites.

Vous parliez d'être très lookée pour sortir ?
Je sors dans des lieux où les gens sont habillés avec de vrais looks très personnels, pas déguisés, mais avec des associations de couleur qui pourraient paraître improbables : Couleur Cyan : un bleu ou un turquoise avec du marine, du carmin ou du violet. Ces associations de couleur je les travaille beaucoup pour mes sacs et j'admire beaucoup les gens qui savent les faire en s'habillant. Être lookée dans ces cas-là, cela veut dire être attentif à l'humeur de la journée, se connecter avec ce que l'on va ressentir. Se dire : "si j'ai besoin de rouge, c'est que je suis je suis plutôt fatiguée et que j'ai besoin de quelque chose qui ressorte". Ou alors je vais mettre un bleu nuit avec un genre de violet et ce sera une ambiance plus aquatique, un peu plus vaporeuse.

Dernier objet acheté
J'adore la vaisselle ! C'était de la porcelaine, un genre de mugs bleu et doré, faits dans la manufacture de Saint Petersbourg. Une reproduction d'un service de Catherine de Russie acheté Galerie Peterhof, rue du Pas de la Mule.

Propos recueillis par Paquita Paquin

Site internet : www.sophiedeboysson.com

À ne pas rater