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Interview : Ulyana Sergeenko, From Moscow with Love

Ulyana Sergeenko est pour le moins une jeune créatrice très bien entourée. Pour son premier défilé inscrit au calendrier de la Haute Couture, la mise en scène était signée Alexandre de Betak, et la cabine comptait bon nombre de supertops à l'instar de Natalia Vodianova, Jac, Jessica Stam, Vlada Roslyakova, le top à suivre Kate King ou encore Hanne Gaby Odiele.

Un engouement de la planète mode facilement compréhensible dès lors que l'on jette un coup d'oeil aux vêtements qui défilaient sur le podium. Des robes dignes de tsarines, de poupées russe rétro, taillée dans les matières de rêve enveloppant au millimètre près les silhouettes de pin-up venues du froid. Des pièces inspirées du vestiaire militaire russe aussi, ajoutant une touche de rigueur à la féminité du vestiaire slave. Un travail d'orfèvre made in Russia, qui témoigne d'une réelle énergie venue de l'Est, et la découverte d'une créatrice qui pourrait bien ouvrir la voie à d'autres talents émergents. Rencontre.


Comment êtes vous devenue créatrice de mode ?

Tout s'est fait par étape. Mais disons que le point de départ était mon amour pour la mode et aussi de ma collection de pièces vintage et Haute Couture. J'ai toujours créé des vêtements pour moi, et tout cela m'a logiquement mené vers le lancement de ma propre marque.

Comment définiriez-vous votre marque, la femme "Ulyana Sergeenko" ?

Je n'ai pas une femme en particulier qui me vient à l'esprit lorsque je travaille sur une collection. L'idéal pour moi, c'est quand des femmes très différentes portent mes vêtements, d'une manière qui leur est propre. Il est très important pour moi que le vêtement n'efface pas la personnalité. Et j'espère que mes vêtements sont comme cela.

Quelle était l'inspiration de votre collection Haute Couture ?

Une sorte de guerre de jouets, comme dans certains dessins animés, où ils s'éveillent la nuit venue dans un joyeux champs de bataille.

Quelles matières préférez vous travailler ?

J'adore les mélanges : de la dentelle et du chintz fleuri, du neoprène et du velours, de l'organza et de la laine... Je trouve que ça donne un look vraiment intéressant. Ce qui est très important pour moi, c'est la texture d'une matière, ce qui signifie qu'elles doivent être de bonne qualité et agréables à toucher.

Un imprimé ?

Pois, fleurs, rayures, abstraits et beaucoup d'autres. J'adore mélange plusieurs imprimés sur un même look.

Une pièce fétiche ?

Cela dépend de l'humeur. Mais si je devais choisir, je dirais une jupe longue.

Un créateur de mode fétiche ?

C'est une question difficile pour moi car j'en aime beaucoup. Chaque créateur a une approche et un style unique, il m'est donc impossible d'en choisir un plutôt qu'un autre.

Vous avez décidé de présenter votre collection à Paris, comment était l'expérience ?

Depuis le départ, la qualité est un aspect crucial en terme de production et pour garder un niveau qualitatif élevé, tout doit être sous contrôle strict. Tout ce que nous faisons, vêtements, sacs, accessoires de tête, chaussures, sont produits dans notre atelier à Moscou. Nous produisons en quantité limitée et parfois des pièces exclusives. Présenter lors de la semaine de la Couture à Paris était une évidence pour nous. L'expérience a été super, principalement parce que nous avons eu la chance de travailler avec des pro comme Alex de Betak, l'agence Karla Otto, sans oublier nos super directrices de casting Barabara Nicoli et Leila Annana. Comme je présentais mon travail à Paris pour la première fois, j'avoue avoir eu peur qu'il y ait un problème, mais j'ai été surprise à quel point tout s'est passé de façon aussi sereine. C'est évidemment grâce à tout l'équipe qui était sincèrement la meilleure équipe de professionnels que l'on puisse avoir sur un défilé.

Natalia Vodianova porte vos vêtements depuis le début. Comment vous êtes vous rencontrées ?

Natalia est une amie, qui m'a toujours soutenu dans ce que j'ai fait. Nous nous sommes rencontrées lors d'un vernissage d'exposition. Je portais une robe et un manteau de fourrure de ma propre confection, et Natalia m'a complimenté sur ma tenue.

Il y a beaucoup de top models russes dans le monde de la mode, mais assez peu de créateurs. Que pensez-vous des jeunes créateurs de mode russes ? Est ce qu'il y a une nouvelle génération qui émerge ?

Oui, il y a beaucoup de jeunes créateurs en Russie, mais le souci, c'est qu'il est très difficile de trouver d'autres professionnels de l'industrie de la mode, comme des directeurs de marques, des agences de relations publiques, des stylistes etc... Il n'y a pas d'écoles de mode à proprement parler en Russie, et il y a peu de professionnels qui peuvent transmettre leur savoir. Il est aussi difficile de trouver de belles matières, il faut presque tout commande à l'étranger, ce qui est compliqué et cher. Mais malgré cela, il y a réellement des jeunes créateurs très doués, et sachant à quel point il est difficile de faire de la mode en Russie, je suis contente que de nouveaux talents aient tout de même envie d'y arriver.

Propos recueillis par Melody Kandyoti.

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