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Interview : Olivier Chatenet propose sa vision contemporaine du style Saint Laurent

À l'occasion d'une exposition, créée pour le festival "French May" de Hong Kong jumelé cette année avec Art Basel, l'attaché culturel du consulat de France désirait apporter un peu de mode à son programme multiculturel. C'est chose faite avec une l'exposition Crazy about Yves, l'hommage d'Olivier Chatenet à Yves Saint Laurent.

Quel était ton propos ?

Avant tout je ne suis pas conservateur de musée. Je suis venu à Yves Saint Laurent par la mode et non par la conservation. Mon but est de montrer ce qu'il y a de contemporain aujourd'hui chez Saint Laurent. Ce qui m'amuse, c'est d'imaginer Saint Laurent comme on ne l'a jamais vu, avec une totale liberté d'association des pièces. Marier par exemple une blouse 60 à une jupe 80. Il n'y a pas de chronologie dans mon travail. Ces vêtements sont intacts, non retouchés, mais l'assemblage n'a rien à voir avec ce qui était réalisé a l'époque.

Comment cette exposition a-t-elle été possible ?

Grâce aux 1800 pièces vintage du couturier que nous avons accumulé avec Michèle Meunier à l'époque de notre label E2. Ce sont presque exclusivement des vêtements de prêt-à-porter des années 60 et 70, période que nous aimions beaucoup. La working girl des années 80 en tailleur épaulé nous intéressait moins. Nous avons, je crois, plus de pièces de prêt-à-porter que n'en possède la fondation Pierre Bergé-Yves-Saint Laurent. Désormais, je n'en achète plus sauf quand je sais que c'est rare.

 

L'aval de Pierre Bergé n'a pas été trop difficile à obtenir ?

Ce doit être la première fois que l'on montre le travail d'Yves Saint Laurent sans passer par la Fondation Pierre Bergé -Yves Saint Laurent. C'est Dominique Deroche, la dernière attachée de presse d'Yves Saint Laurent, une fidèle de la fondation qui a suggéré mon nom au conseiller culturel, elle me connaissait et connaissait ma collection de vêtements Saint Laurent. Elle est tout à fait partie prenante dans cette exposition et n'a pas ménagé ses efforts pour aider à la mettre sur pied. Ce qui m'a aidé également c'est le fait d'avoir travaillé avec Loulou de la Falaise en 2011 sur l'exposition " Rive Gauche " de la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent pour laquelle j'avais prêté des pièces de ma collection.

 

Plusieurs thèmes dans l'exposition Crazy about Yves ?

On chemine à la découverte de ces 86 silhouettes dont seules deux ou trois sont de la haute couture, en suivant des thèmes. Tout d'abord la couleur, des silhouettes mix and match d'imprimés très pop avec des turbans, des lunettes de soleil et des pulls sur les épaules puis les sahariennes, présentées pieds-nus de façon un peu décalée, ensuite l'exotisme, des silhouettes très accessoirisées à la limitte de l'accumulation, puis du city-wear urbain. Suit une zone de photos de Jean Loup Sieff qui précède un espace noir et blanc avec des vêtements noirs, des vêtements blancs et des imprimés noirs et blancs. L'exposition se termine avec le noir et or et le smoking, comme un trait de crayon. Il y a aussi un " tribute to China " car nous trouvions sympathique de saluer le pays qui hébergeait l'exposition d'autant que la Chine n'était pas étrangère à Yves Saint Laurent. À l'époque de la sortie du parfum Opium il y eut une grande collection chinoise.

 

Parles-nous du passage dédié à Jean Loup Sieff.

Barbara Sieff a fait réaliser dix tirages photo parues dans le Vogue France et nous avons reconstitué en parallèle, 10 silhouettes, exactement fidèles à celles qui avaient été shootées à l'époque. On a même choisi les photos de Sieff en fonction de ce que je pouvais reconstituer. Sur ces clichés, des vêtements iconiques qui synthétisent l'esprit de Saint Laurent et l'esprit de l'époque.

 

Pour que l'on comprenne mieux ta façon d'appréhender Yves Saint Laurent, il faut rappeler ce qu'était la marque E2...

E2 est une marque en sommeil depuis deux ans. Elle consistait à transformer des pièces anciennes, parfois beaucoup, parfois très peu. Il n'y avait pas de règle. Certaines fois, on ajoutait de la décoration, d'autres fois on modifiait la structure. L'idée était de prendre un vêtement ancien pour en faire un vêtement contemporain qu'une fille d'aujourd'hui aurait envie de porter.

La base étant hyper importante, on s'est attaché à trouver de jolies pièces. C'est pour cela que nous sommes allé assez vite sur Saint Laurent. C'est ce qu'il y avait de plus classique de plus réutilisable.
Une fille d'aujourd'hui peut tout aussi bien porter une blouse vintage Saint Laurent sans même la transformer, c'est joli : la manche, l'encolure, tout est joli.
En dehors de Saint Laurent, nous avions aussi pas mal de pièces de Kenzo, de Chloé par Karl Lagerfeld de Jean Muir.

Tu aimerais présenter cette collection ailleurs?

Bien sûr, on n'a jamais montré la mode d'Yves Saint Laurent comme ça. C'est un projet qui m'est personnel. J'ai toujours été impressionné par le travail de ce monsieur.

Propos recueillis par Paquita Paquin

 

" Crazy about Yves "

Exposition jusqu'au 11 juin

Au Hong Kong City hall - Exhibition hall

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