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Friquette Thévenet et Jean-Baptiste Mondino font revivre Loulou de la Falaise pour Madame Figaro

Très marquée par l'allure et la personnalité si attachante de Loulou de la Falaise, Friquette Thévenet a proposé à Jean-Baptiste Mondino de lui rendre hommage à travers une série de mode, publiée dans les pages de Madame Figaro. Ce projet a déclenché l'enthousiasme de tous avec qui elle a travaillé, à commencer par Mondino et Marie Beltrami chez qui a eu lieu la prise de vue. Le jour de la parution, Friquette Thévenet évoque pour nous le style de Loulou de la Falaise disparue en novembre dernier.

Qui a eu l'idée de cette série en hommage à Loulou ?

L'idée venait de moi, je tenais vraiment à parler de Loulou, à évoquer son souvenir à travers un hommage, une série sur elle. Quand j'ai soumis l'idée à Jean-Baptiste, il a été très emballé. Nous étions en train de nous demander à qui nous allions le proposer quand nous avons croisé Anne Florence Schmitt du Figaro Madame, alors voilà !

Les raisons pour lesquelles vous avez eu envie de rendre hommage à Loulou de la Falaise ?

Je trouvais qu'on associait toujours Loulou à Saint Laurent. Pourtant, même si elle fut la muse que l'on sait pour le couturier, j'ai le sentiment qu'elle n'a finalement pas eu assez de reconnaissance pour ce qu'elle était, pour le style qu'elle a apporté. Cela m'a fait plaisir de constater que c'était un style très contemporain et inspirant pour aujourd'hui, sans rien de rétro ni de passéiste. C'est ce qui rend cet hommage est intéressant.

 

Tu connaissais bien Loulou?

Bien, ce n'est pas le mot ; je la connaissais depuis longtemps à travers ma soeur Virginie. Plutôt dans un contexte amical que professionnel, on se retrouvait en vacances ensemble, on se croisait chez Virginie, on s'aimait bien. Elle me faisait toujours des compliments sur ma manière de m'habiller mes trouvailles, alors j'étais un peu gênée car elle-même était tellement chic. Je me disais : "si elle me répète ça souvent, ce doit être sincère". Je sais qu'elle regardait toujours mes séries de mode et ne manquait pas de me le dire que c'étaient les meilleures séries du Elle. Je suivais aussi ce qu'elle faisait. À l'époque où elle état chez Saint Laurent, il m'est arrivé de choisir avec elle des bijoux pour des prises de vue.

Le choix de la maison de son amie Marie Beltrami ?

On ne voulait pas faire ces photos en studio, nous cherchions un univers qui ressemble à Loulou ; j'ai donc appelé Marie Beltrami avec qui elle était amie pour qu'elle m'aiguille sur certaines choses, puis avec Jean-Baptiste nous avons décidé de faire le shooting chez Marie où nous l'avions vue les dernières fois. On se disait souvent : "il faut que ça colle avec l'univers de Loulou, est-ce que Loulou aurait été contente ?" Marie Beltrami a été tout de suite emballée. Cette série me tenait tellement à coeur que c'était très important qu' il y ait un emballement. Après celui de Jean-Baptiste, celui du Figaro, il y a eu l'enthousiasme de Marie Beltrami; nous étions tout à coup portés par ce projet.

 

Vous avez cherché longtemps le mannequin ?

Non, c'était évident, on a choisi l'Argentine Milagros Schmoll. Nous voulions une ressemblance, une belle attitude ou alors une fille en complet décalage. Le plus important à nos yeux était qu'elle ait de la classe, ensuite venaient le sourire et l'éclat des yeux .
Jean-Baptiste m'a montré des photos récentes de Milagros. C'et une fille avec laquelle nous avions travaillé l'un et l'autre, mais elle avait un peu disparu de la circulation. Là, c'était évident, elle avait tout de Loulou sauf la bouche mais avec le maquillage... Au cours de mes recherches alors que je regardais le site d'Oscar de la Renta pour qui Loulou faisait des bijoux, j'ai trouvé Milagros totalement habillée en Loulou et portant ses bijoux. C'était écrit !

Quels bijoux avez-vous utilisés ?

J'ai utilisé les bijoux de Loulou trouvés chez Liwan où Loulou avait fait récemment un évènement. Les filles ont été d'une collaboration absolument formidable ressortant tout ce qu'elles pouvaient trouver en boutique mais aussi leurs propres bijoux. J'ai fait des mélanges avec les bijoux que Loulou créait pour Oscar de la Renta et avec des bijoux Yves Saint Laurent d'aujourd'hui.

 

Ont-il quelque chose en commun avec ceux que Loulou faisait pour la maison ?

Non pas vraiment. En fait si, les bagues, de grosses bagues avec de grosses pierres semi-précieuses qui habillent vraiment le doigt et sont portées en accumulation ; des manchettes, très Loulou les manchettes. J'ai pris plein d'autres choses car Loulou aimait mélanger des choses fantaisie un peu cheap avec les trucs super beaux, Des bijoux Oscar de la Renta, des bijoux de Gripoix aussi, car elle faisait faire ses bijoux chez Gripoix. Chez Saint Laurent, ils m'ont énormément aidé pour ce sujet me proposant la minaudière qui s'appelle "Loulou" et des sandales qu'elle adorait.

 

Pour les vêtements, quelle était ton idée ?

Je suis partie de la silhouette Loulou, basée sur le pantalon taille haute, la grosse ceinture avec une chemise ou une blouse. Surtout, je me suis beaucoup amusée à essayer de faire ce qu'elle faisait à merveille : mélanger les couleurs, ce qui n'étais pas dans mes habitudes. Moi, je suis très noir, beige et gris, j'ai un goût assez épuré, mais la je me disais, il faut que j'y aille, il faut que j'ose. Portée comme j'étais par le sujet, j'ai finalement bravées mes peurs et fait avec beaucoup de facilité ce qu'elle avait la magie de réaliser en mixant les couleurs et les matières qui ne vont pas forcément ensemble, un côté très anglais. J'ai mis tout à coup du jaune avec du turquoise et du orange et je trouvais ça beau. Cela m'a donné envie de couleur même pour chez moi. Je me suis dit que cette initiation à la couleur tombait à pic car cet été, il y a plein de couleurs partout.

 

Tu as choisi les maisons représentées ?

J'ai essayé de respecter sa personnalité en pensant à ce qu'elle aurait porté ou pas (pas de Chanel , par exemple) J'ai pris des petites marques, car cela ne lui posait aucun problème de porter du Saint Laurent avec une chemise Zara. J'ai également joué les superpositions.

Saint Laurent c'était une évidence à condition de choisir ce qui pouvait lui ressembler ; j'ai mis un pantalon Balmain taille haute que je trouvais très loulou, beaucoup de choses en soie. Une tenue de Haider Ackermann très juste. Je ne sais pas s'ils se connaissaient, Je voulais être fidèle à son style tout en essayant d'aller un peu plus loin. Je me disais : " si j'allais faire des courses avec elle, où est-ce que je l'emmènerais ? "

Y a-t-il eu des moments magiques pendant la prise de vue ? Où tu sentais sa présence ?

La première tenue, ce fut très émouvant quand la fille s'est installée dans le décor, j'étais vraiment très émue. Marie Beltrami a fondu en larmes et après on s'est progressivement habituées à l'avoir avec nous, mais c'était une vraie présence. Marie avait mis de la musique et c'est devenu très agréable, on aurait dit qu'elle était là.

 

Que disait Jean-Baptiste au mannequin ?

Il la dirigeait dans ses poses. On avait beaucoup regardé des photos et l'on avait bien en tête sa façon de mettre les mains dans les poches, la façon de regarder. Il dirigeait beaucoup le regard.

Comment qualifierais-tu son allure?

Nonchalante avec un côté androgyne. Une façon très à elle de caler les mains dans les poches ou de poser une main sur la hanche, c'était couture mais décalé, ça ne faisait pas démodé. Parfois nous disions : non, elle n'aurait pas mis la main dans ses cheveux de cette façon.

Dans les pauses alanguies, il y avait une nonchalance, une élégance naturelle décontractée jamais avachie, un truc pas contrôlé mais naturellement élégant, le côté borderline, anglais à la limite du mauvais goût même dans les postures.

Propos recueillis par Paquita Paquin


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