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Dans l'atelier de Delphine Manivet

Il y a des créateurs qu'on a plus besoin de présenter. Et dans l'univers poudré des robes de mariées, c'est certainement Delphine Manivet dont on a le plus parlé. Sa petite révolution a elle, c'est d'habiller les mariées qui lui ressemblent : trentenaires (ou pas!), fans de mode et amoureuses de belles matières. Dès ses premiers modèles, elle dépoussière la dentelle de Calais, et remet au goût du jour des robes aux accents vintage et surtout, "anti meringue". Les futures mariées qui entrent dans sa boutique connaissent ses modèles par coeur, et sont suivies de très près jusqu'au jour J. Les vendeuses ne sont pas langue de bois, et se souviennent surtout de chaque mariée qu'elles ont habillé. Cet été, après six années de "tubes", Delphine Manivet lance une nouvelle collection de robes. Elle nous a reçu dans son bureau et son atelier parisien, pour nous en dire un peu plus.

 

Depuis le début, vous proposez des modèles de robes qui sont maintenant célèbres, mais cette année vous avez décidé de tout changer. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cette nouvelle collection ?

Elle va être présentée au mois de juin. Cela va être une présentation un peu à l'ancienne, sur une estrade, et pas comme un défilé. Des filles dans la tradition de l'effeuillage, qui arrivent avec un voile ou une blouse et cela se transforme en robe du soir pour faire la fête. La collection sera en boutique courant juillet. J'essaie de travailler sur des délais plus courts, pour que les filles puissent avoir les nouvelles robes très vite. Aujourd'hui, elles se marient plus à la trentaine, et plus vite, parfois en quatre mois. Leur chéri vient de leur demander, et elles ne veulent pas attendre deux ans. On s'adapte à cette nouvelle demande. C'est-à-dire que pour cette nouvelle collection, on pourra livrer nos robes dès le mois de septembre.

 

Comment seront vos nouvelles robes ?

Cela reste dans mon style, avec des robes que j'ai envie de porter. Depuis six ans que j'ai commencé, j'avais toujours les modèles de base, et j'en rajoutais au fur et à mesure. La première raison, c'est que je suis une petite structure, et créer une entière collection qui utilise des matières très chères, fabriquées en France, cela coûte très cher. La deuxième raison, c'est que les mariées me demandaient toujours les anciens modèles. Cette année, j'ai décidé de tous les supprimer, et d'en proposer des nouveaux. Alors bien sûr, s'il y a une jeune fille qui me demande une ancienne robe, parce qu'elle c'est celle de ses rêves, je le ferai évidemment. Mais l'idée est vraiment de présenter une nouvelle collection, car les modèles ont déjà été beaucoup vu je trouve, et je n'ai pas envie que mes mariées aient toutes les mêmes robes. Après cette nouvelle collection reste toujours dans le même esprit, avec peut-être un peu plus d'influence 70's, j'ai aussi travaillé sur de nouveaux motifs de dentelle, il y toujours des matières naturelles : coton, soie... La seule différence, c'est qu'il y aura beaucoup d'applications de broderies, avec un côté un peu Art-déco. Mais il y a toujours des fluidités de coupe de matières, et un côté bohême, c'est mon univers.

 

Il y a un vrai engouement autour des robes de mariées Delphine Manivet. Comment expliquez-vous le succès de votre maison ?

Il y a certainement une part de chance, et aussi beaucoup de travail. Au départ, j'étais styliste, pas du tout chef d'entreprise. Et puis petit à petit, j'ai appris. Mon succès est avant tout celui d'une équipe. Il y a beaucoup de stylistes et de designers, qui ne veulent pas déléguer, et c'est difficile de grandir quand on es tout seul. Les filles de mon équipe sont là depuis le début, aujourd'hui il y a 17 jeunes filles, qui sont mes yeux, mes mains. Je les ai emmené dans mon univers, dans mon rêve, et on grandit toutes ensemble.

 

Vous avez aussi une réelle implication avec les mariées. Ce qui frappe en boutique, c'est que les vendeuses se souviennent de toutes les filles qu'elles ont habillé. C'est important pour vous ?

L'idée de départ, était de faire des robes pour des filles qui ne se marient plus à 20 ans, qui ne veulent pas de meringue... Et surtout, je voulais qu'il y ait un vrai suivi avec elles. On a beaucoup travaillé sur l'accueil, aucune des filles en boutique ne sont vendeuses, elles sont soient stylistes ou modélistes, avec une vraie sensibilité. Je les ai choisies en fonction de leur CV bien sûr, mais surtout au feeling. Une des règles d'or, c'est de ne pas laisser partir une mariée, si on ne trouve pas qu'elle est parfaite. Elles vont être franches, toujours de manière diplomate bien entendu, mais elles ne diront jamais à une fille qu'elle est parfaite alors qu'elle ne l'est pas. Les mariées ne sont pas idiotes, elle savent quand elles sont boudinées. Je ne voulais pas de ça dans ma boutique. Ce regard à la fois franc et tendre est très important. Et je pense que ça fait partie du succès. On a même plusieurs générations de mariées dans la boutique, les nouvelles, celles qui passent avec leur bébé, ou qui nous montrent les photos de leur mariage... On leur dit toujours que la boutique, c'est la maison des mariées et qu'elles peuvent revenir quand elles veulent.

 

Aujourd'hui, beaucoup de mariées veulent porter une robe qui a l'air ancienne. Comment expliquez-vous cette adoration du vintage en matière de robe de mariée ?

La mode est tout simplement un éternel recommencement. Maintenant qu'on a pris conscience que le mariage pouvait être à la mode, il y a une sorte de revival. La dentelle par exemple revient à la mode, ce qui est merveilleux pour les dentelliers, et ça inspire forcément des robes qui font anciennes. Je ne pense pas que ce soit une question de valeur refuge et traditionnelle. Aujourd'hui, on se marie beaucoup, mais on se marie différemment. On se marie plus tard, avec des enfants... Il y a beaucoup de mariages qui n'ont rien de traditionnel. Et je crois que les filles d'aujourd'hui sont très à l'aise avec ça. Quand on se marie à 35 ans, le rêve de petite fille est toujours là, mais il a évolué. Il y a aussi un système de familles assez nouvelles. Beaucoup de mariages sont des fêtes entre amis.

 

Il y a beaucoup de pièces vintage dans votre bureau. Comment avez-vous travaillé sur cette nouvelle collection ? Quel est votre processus de création ?

Je chine depuis toujours des vieux vêtements. Plus que les modèles, je recherche des matières. Des lourdeurs de jersey, de dentelle, des gazes de soie des années 40... Je m'intéresse à des matières que l'on n'utilise plus et que j'essaie de recréer. Le processus créatif est ensuite très simple. Je dessine tout le temps, j'ai une robe en tête, je la dessine, je cherche des matières et je travaille pour que cela ressemble le plus possible à ce que j'avais en tête au départ. C'est un peu comme si j'avais plein de tiroirs avec des croquis, et de temps en temps j'en ressors un qui me fait envie à ce moment là. Je ne travaille pas dans le sens inverse, c'est-à-dire partir d'un étalage de matières pour arriver à un modèle. J'ai une espèce de nostalgie par rapport aux matières qu'on ne trouve plus aujourd'hui. Avec la mondialisation, on est dans des matières moins nobles je trouve. J'aime beaucoup les années 20, 50, 70, j'aime aussi les époques édouardiennes, victoriennes... Je suis une folle de mode , je travaille donc en fonction de beaucoup de choses.

 

En faisant des robes de mariées, vous semblez moins sujette à la loi des saisons, et cette obligation de coller à la tendance ?

Je ne travaille pas en fonction de ce qui va marcher cette saison. J'ai beaucoup de chance, car à chaque fois que j'ai envie de quelque chose, ça marche. Si j'ai deux qualités, c'est de m'être toujours bien entourée, et de savoir ce qui va marcher de façon intuitive. Avec la robe de mariée, on est dans une espèce d'intemporalité, de volupté... Quand je regarde certaines photos des années 20, je me dis "tiens, j'adore cette robe, j'aurais pu me marier comme ça !", et j'espère qu'on pourra dire ça un jour de mes robes. Une espèce de recherche de pureté, d'élégance... Je ne suis pas du tout dans une démarche de coller à une tendance.

 

Pourriez-vous nous décrire votre univers de travail ? Travaillez-vous plutôt dans votre bureau, ou au studio ?

J'ai besoin de tout... J'ai le grand privilège aujourd'hui de pouvoir m'écouter. Il y a des moments où je sais que je vais être hyper créative, et que je vais faire 50 robes dans la soirée. Et dans ces moments là, j'ai besoin de rester dans ma bulle, je dessine, je dessine... A d'autres moments, je sens que j'ai moins la plume créative, et je vais être plutôt dans la façon, alors je vais au studio, je reste avec les filles, je regarde les finitions, les coutures, je vais des toiles etc... Et puis il y a un nouvel aspect de mon travail, qui est de parler de moi et de mon travail (Rires) ! Cela prend du temps, ce n'est pas un exercice facile, mais qui est merveilleux, parce que chaque fois que j'ai une demande d'interview je me dis "vraiment ? ça vous intéresse ?" (Rires). On me demande aussi de plus en plus de collaborer sur des projets de films, d'habiller des célébrités...Des robes de mariées bien sûr, mais ça peut être aussi des robes du soir, on a par exemple travaillé sur Cannes cette année. Ce sont des projets qui prennent du temps, mais qui sont hyper créatifs, et c'est vraiment super.

 

Vous avez signé une collection de chaussures de mariées en collaboration avec Cosmo. Avez-vous d'autres projets de ce genre à venir ? Comment voyez-vous le développement de votre marque ?

On a grandi assez vite, mais en même temps, la maison à 6 ans, et j'ai l'impression d'avoir toujours senti les décisions. Je n'ai pas envie de faire une multinationale, je voudrais avoir la chance de garder ma petite maison de couture, de garder mon équipe, de ne pas être rachetée et de pouvoir faire les choses que j'aime. On a particulièrement beaucoup de demandes de collaborations en ce moment, ce qui est un privilège. Quand ils m'ont appelé chez Cosmo, c'était parce que parce qu'ils appréciaient mon travail et qu'ils avaient une grosse demande de chaussures de mariées. On a fait un partenariat, je dessine les chaussures et ils les fabriquent, car je ne sais pas concrètement faire des chaussures, je ne connaissais même pas les termes techniques ! Ils ont développer la ligne et s'occupent de toute la partie distribution, ce qui est parfait, car j'aurais bien été incapable de fabriquer des chaussures, c'est un autre métier.

 

Avez-vous d'autres projets ? Comme le lancement d'une ligne d'accessoires, de bijoux...

J'adore tous les accessoires ! J'adorerais pourvoir faire des bijoux, de la lingerie, ou des maillots pour mes mariées ! Mais il ne faut pas non plus tout faire en même temps. J'essaie de contrôler chaque décision, cette année c'était les chaussures, et puis je réfléchis à d'autres propositions maintenant. On verra au fur et à mesure. On travaille actuellement sur un livre aussi, une grande maison d'édition a eu envie de faire un livre sur mon travail. Ce sera un beau livre, ce qui est fou, car je les collectionne depuis des années ! J'ai accepté en disant que j'allais contribuer à sauver quelques artisans comme les dentelliers, façonniers, plisseurs...Ce projet est arrivé à un bon moment, car cela m'a permis de me poser, et de faire un peu le bilan sur tout ce qui a été fait. Le livre va sortir le 22 juin prochain. On a pris beaucoup de photos dans les ateliers de dentelle, pour expliquer le processus de fabrication. Ce qui est bien car en ce moment, on en parle beaucoup, avec la robe de Kate Middleton !

 

Et justement, qu'avez vous pensé de la robe de Kate Middleton ?

J'ai trouvé que Kate était une très jolie mariée, mais je pense que ça robe était très classique, et que ça ne restera pas dans les annales... Quand on voit toutes les robes des mariages royaux un peu partout en Europe, c'est toujours le même style, très classique. Il y a beaucoup de protocole... Après je pense que Kate Middleton n'est pas non plus très originale dans son rapport à la mode donc cette robe lui correspondait parfaitement. Et je trouve qu'elle s'en est bien sortie par rapport à sa belle-mère !

 

Rencontrez-vous toujours les mariées que vous habillez ?

J'ai commencé en les voyant toutes, mais aujourd'hui c'est de plus en plus compliqué d'assister aux essayages. Je vais évidemment encore à la boutique, mais j'ai malheureusement moins le temps. Mais nos mariées sont tellement chouettes, elles nous envoient toujours des photos et des gentils petits mots, alors ça me permet de rester un peu en contact avec elles. Mais elles restent totalement au coeur de la création.

 

Un conseil pour les filles qui cherchent leur robe de mariée ?

Il faut essayer de sélectionner, et de ne pas essayer trop de choses. A moins que ce soit un délire de copines, de vouloir essayer plein de robes. Mais pour être sereine, je pense qu'il faut essayer chez maximum 5 créateurs différents, pour ne pas être totalement perdue. C'est très impliquant une robe de mariée, c'est la robe d'un jour, donc parfois il faut enlever un peu de poids que les filles mettent sur cette robe là. Il faut essayer de le prendre avec un peu plus de légèreté, se dire qu'au fond, ça n'est qu'une robe, "je vais être belle de toute façon". Si on se met trop de pression, on ne trouvera pas la robe parfaite. Cela n'est pas facile bien sûr, mais il faut essayer de moins se stresser. Les jeunes filles qui se connaissent bien savent ce qui les met en valeur. Il faut essayer de rester soi-même, il ne faut pas essayer d'être quelqu'un d'autre... Il faut profiter de ce moment juste avant le jour J, pour prendre soin de soi. Du sport, un gommage, une couleur de cheveux etc... Avoir un super maquillage quand on n'a pas pris soin de sa peau cela ne sert à rien.

 

Propos recueillis par Mélody Kandyoti

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