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METRO BOULOT CLOCLO

"Cloclo", c'est deux heures et demie sur la vie de Claude François, le responsable des bandes sons des barbecues de Tata Yvette et des Magnolias qu'on aimerait bien piétiner une bonne fois pour toute à chaque fête de mariage. L'histoire d'un chanteur de variétés comme il y en a eu beaucoup (coucou Mike Brant et Joe Dassin), assoiffé de succès et de paillettes, prêt a monter son propre magazine, Podium, parce qu'on ne parlait pas assez de lui dans Salut les Copains. Un homme qui pendant 20 ans, en costume de satin impeccable, déchaina les passions, coincé entre six danseuses anonymes, et qui possède encore des fans accrochant sur les murs de la rédaction de PureTrend des cartes postales à son effigie (non non, vraiment, n'y voyez rien de personnel).

Le sujet idéal d'un biopic.

Le film retrace ainsi la vie fantasque à 1000 kilomètres/heure du créateur de "Alexandrie Alexandra", l'histoire du destin extraordinaire forcé à coups de pied de biche d'un homme attachant et perfectionniste, aussi passionné qu'insupportable. Un artiste qui a su appréhender et apprivoiser toutes les modes, du twist au disco, et qui connaîtra une fin presque trop stupide pour être honnête.

Pour incarner cette bête de scène, Florent-Emilio Siri a engagé plus qu'un acteur, un sosie, Jérémie Rénier. Le jeune homme donne complètement vie à Claude François, avec une telle force qu'il faut à chaque fois se remémorer que l'on regarde un film et non un documentaire. La silhouette, l'attitude, les pas de danse, les tics, tout y est. A ses côtés Benoit Magimel, méconnaissable en Paul Lederman, producteur des jeunes années de Claude (allez, on se lâche, on l'appelle Claude). Les deux mènent leur personnage avec finesse et charisme, des débuts laborieux à Monaco, de l'écriture du "Comme d'habitude" repris par Frank Sinatra ou Elvis Presley jusqu'à une salle de bain d'un appartement parisien bien trop connu. Le scénario est cohérent et fluide, ne laissant aucune place à l'ennui, et dévoile en fil rouge le vrai visage de l'idole, sa personnalité méticuleuse et torturée, et ce besoin si puissant d'être aimé et entouré. Les femmes, les fans, passent et filent et ponctuent le film de touches mutines (France Gall, l'une des premières compagnes de Claude et la muse de "Comme d'habitude" est un véritable vent de fraicheur, et Joséphine Japy qui l'incarne une actrice qu'il faudra surveiller de près).

Cloclo est un biopic réussi, parfois sans concession envers son protagoniste, parfois un peu trop tendre, mais toujours juste. Plus qu'un portrait d'une idole au statut encore aujourd'hui incontournable, c'est aussi un voyage dans une période reprenant les couleurs des émissions de Marithé et Gibert Carpentier. Siri dessine avec sa caméra un entertainment jusqu'ici resté exceptionnel, celui des années 70 et mené par des célébrités au charisme de véritables icônes.

Cela explique peut-être que 30 ans après leur mort sortent des films en leur hommage, et que certains visages trônent encore fièrement dans des rédactions mode parisiennes. Mais ce n'est qu'une théorie...

"Cloclo" de Florent-Emilio Siri

En salles à partir du 14 mars.

 

Marine Normand

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