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Killer Joe : ''Et si on tuait maman ?'', noir, cruel, cynique, l'un des meilleurs films de la rentree

"Et si on tuait maman ?". C'est sur cette douce mélodie, convaincante quoi que dérangeante et amorale que "Killer Joe" s'amorce. Toxique, venimeux, délicieux, le film démarre dans un "Trailer Park" des plus sordides. Une véritable plongée au coeur de l'Amérique profonde, dans une ville lugubre de la Louisiane, ici cruellement référencée.

Killer Joe (Matthew McConaughey) est un tueur à gages. Barbare et doté de multiples facettes, il est aussi le bon flic de la ville, une couverture idéale. Mais dans ce classicisme des plus noirs et cyniques, il se dévoile en Prince Charmant. Amusé, le réalisateur William Friedkin certifie que son film n'est autre qu'une Cendrillon version moderne. On a envie de rajouter "impitoyable".

Bienvenue dans un monde où la pitié n'existe pas, où rien ni personne n'est épargné. Les valeurs familiales sont bafouées, la mère doit être assassinée sur ordre de sa progéniture : Chris, 22 ans (Emile Hirsch). Mais pourquoi ? Primitif, le héros ne pense qu'à une chose : l'assurance vie à 50 000 dollars de cette dernière, figure lointaine, intangible et détestable, dont on aperçoit à peine la silhouette. Une belle somme pour payer ses dettes de petit malfrat minable, complètement à côté de ses pompes. Mais Killer Joe n'est pas dupe, il veut une caution. Faute d'argent, ce sera Dottie, la petite soeur de Chris. C'est à partir de là que le venin entre doucement en piste, prêt à sacrifier la vierge, à empoisonner une famille d'imbéciles et à polluer plus qu'il ne l'était déjà l'ignominieux "Trailer Park".

Il y en a pas un pour rattraper l'autre. Sauf peut être Dottie (Juno Temple), fragile, ingénue et anachronique. On sait qu'elle est la "petite soeur", mais on ne lui donne pas d'âge. Embastillée dans un monde enfantin, elle rigole devant des cartoons et se vante d'avoir eu un amoureux à l'âge de 4 ans. Douce blonde à l'air hagard, elle prévient tout de même : "il ne faut pas m'énerver". Une phrase qui fait doucement sourire tant sa voix faible et mélodieuse n'inspire aucun danger. Attention tout de même, les apparences peuvent souvent être trompeuses dans ce monde de brutes.

Matthew McConaughey s'offre l'un de ses rôles les plus brillants. Ses yeux sont froids, son "regard fait mal" comme le souligne justement Dottie. Loin de son image de beau gosse, il est glaçant, insaisissable, reptilien, iconoclaste parfois drôle, souvent impitoyable. Mi tueur en série, mi "tueur en chérie", il jongle incroyablement bien entre ses facettes antithétiques. De son côté, l'enfant précoce d'Hollywood, Emile Hirsch conforte son statut d'acteur incontournable. Violent et doux à la fois, c'est probablement le personnage le plus désemparé du scénario. Souvent sans pitié, petit truand de la cambrousse, ridicule crapule, il parvient pourtant à être curieusement attachant. Mais pas autant que Dottie, interprétée par la troublante Juno Temple. Remarquable proie désemparée, sa douceur virginale vient s'opposer à son rôle dans le culte "Kaboom". Farouche, elle est le personnage central de "Killer Joe", pour le meilleur... Comme pour le pire. Véritable quintessence du cinéma, le film s'inscrit parmi les meilleures surprises de la rentrée.


En salle le 5 septembre, le meurtre n'a jamais eu aussi bon goût.

Aurélia Baranes

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