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Interview : John Malkovich, acteur accompli, styliste de génie

Il est un mythe, un phénomène. Un acteur accompli certes, mais un styliste encore méconnu en France : John Malkovich est venu à Paris présenter sa collection de vêtements pour homme Technobohemian.

Décalés mais résolument chic, ses costumes, pulls et cravates d'inspiration bohème et dandy conviennent aux hommes modernes, soucieux de leur apparence et ancrés dans l'esprit du 21ème siècle. Un concept-store porte les initiales de l'acteur : Opificio JM. C'est ici que l'on retrouve ses collections de vêtements, mais aussi des produits provenant de l'artisanat du luxe de Toscane, qui font partie de l'univers du comédien.

Monsieur Malkovich a le souci du détail. Aussi, lorsque sa collection est arrivée à Paris dans le showroom °°°by (14 rue d'Uzès, 75002), il a tenu à venir lui-même tout installer... À la cravate près.

Rencontre.

Vous avez créé plusieurs collections, destinées exclusivement aux hommes. Pensez-vous un jour être intéressé par la création de vêtements féminins ?

J'y ai beaucoup réfléchi, c'est vrai que ça pourrait m'intéresser mais malheureusement je ne sais pas si un jour dans ma vie j'aurai le temps ou l'opportunité de le faire. Je fais beaucoup de choses en même temps, mais peut-être qu'à partir de cet été ça se débloquera un peu...

Comment décririez-vous votre collection ? Qu'est-ce qu'un "homme chic" selon vous ?

C'est très difficile de donner une définition exacte de ce qu'est un "homme chic". Dans la rue, on en croise beaucoup, mais c'est eux qui font ressentir leur classe, il n'y a pas de règles établies. Concernant ma collection, elle se nomme Technobohemian. Elle a été réalisée en Italie, en Toscane pour être plus précis. C'est moi qui dessine tout, qui choisit chaque tissu, et même chaque bouton. Je corrige tous les détails, j'ai fait moi-même les croquis. Je pense que ce qui différencie surtout ma collection des autres créations pour homme, c'est les matières que je choisis. En général quand on regarde les vitrines de magasins, on retrouve beaucoup de nylon, ou de matières légères. Moi, j'aime beaucoup la maille, les vêtements qui ont de l'ampleur, et les imprimés. En ce moment dans le concept store il y a ma collection Automne-Hiver 2011/2012, mais l'été est déjà prêt... Pour tout vous dire, même ma collection Automne-Hiver 2012/2013 est prête. Bien que mes vêtements soient créés en Italie, je ne pense pas qu'ils correspondent forcément à la mode italienne. C'est plutôt un style très anglais.

D'où vient le mot "Technobohemian" ?

Je l'ai juste lu dans un roman italien. J'ai tout de suis adoré ce mot, j'ai tilté... Ça m'a marqué.

D'où vient votre inspiration ? Qu'est-ce que la mode vous a appris ?

C'est déjà ma 16ème collection, je ne suis plus vraiment novice, du coup mon inspiration vient vraiment de partout. Que ce soit mes voyages, des pièces de théâtre ou des rôles que j'ai joués. Ce qu'il faut savoir, c'est que dans ce milieu, tu n'obtiens pas toujours ce que tu veux, tu apprends plutôt a te rapprocher au maximum de ce que tu peux avoir. C'est un business difficile, qui apporte souvent des déceptions, mais il faut apprendre à être patient et à prendre sur soi. La clé, c'est d'oublier la perfection, car il est impossible d'obtenir ce que l'on pense être la perfection.

Vous passez beaucoup de temps en Toscane, c'est là où vous dessinez vos collections... Pourquoi cette région ?

J'aime énormément la Toscane, j'y passe beaucoup de temps depuis 2001, c'est d'ailleurs là que se trouve le studio de Ricardo Rami (ndlr : le designer qui a créé en partenariat Technobohemian). Je suis très heureux de pouvoir passer du temps en Italie.

Votre collection est-elle intemporelle ?

Je ne suis pas quelqu'un de "branché", je ne lis pratiquement jamais les journaux ou les revues mode. Évidemment, je regarde dans les magasins ce que j'aime, aussi bien chez les femmes que chez les hommes d'ailleurs... Mais en toute honnêteté c'est juste pour le plaisir. En fait, je préfère me concentrer sur mon boulot, sur ce que je veux. Du coup mes vêtements ne ressemblent pas forcement à ce que l'on voit en magasin.

Des créateurs vous-ont ils inspirés ?

Oui, il y a toujours des personnes qui nous inspirent mais il ne faut pas non plus se faire influencer. Je ne comprends pas vraiment le concept de vouloir directement s'inspirer d'une personne qui fait la même chose que soi.

Avez vous des matières fétiches ?

Deux fois par an il y a des expositions de tissus où je me rends si je ne suis pas en tournage à l'autre bout du monde. J'aime choisir moi-même mes tissus, mais il est difficile d'avoir de véritables préférences. Évidemment, j'adore le tissu italien. Mais les Japonais font aussi de très belles choses. Quelquefois, pour les cravates notamment, je cherche dans des archives et je m'inspire d'imprimés du 18ème ou 19ème siècle. Mais il faut savoir qu'aujourd'hui avec un ordinateur on peut tout transformer, que ce soit les proportions, les tailles ou les couleurs.

Vous avez commencé à exprimer votre intérêt pour la mode en dessinant des costumes pour le théâtre... Pensez-vous un jour vouloir créer des vêtements pour le cinéma ?

Une ou deux fois j'ai eu des propositions mais je ne suis pas vraiment intéressé. Je préfère travailler dans l'univers du théâtre car - même si ce n'est pas toujours le cas - le cinéma demande beaucoup de reproductions, de "déjà-vu"... En fait être costumier dans ce milieu revient plutôt a faire du shopping, contrairement au théâtre qui privilégie la création.

Mais justement dans beaucoup de vos films comme par exemple "Appelez-moi Kubrick" vous avez des styles complétement déjantés. Avez-vous participé au choix des costumes ?

Oui, en fait j'ai pas mal d'amis très proches qui sont des costumiers. Parmi eux il y a Vicki Russell, la fille du réalisateur Ken Russell qui a travaillé pour le film "Appelez moi Kubrick". Vicki, c'est un vrai délire, elle est tellement drôle, j'ai vraiment adoré travailler avec elle. Elle a des idées très décalées, très "bizarres"... C'était un vrai bonheur.

Comment a émergé l'idée de présenter votre collection dans un concept store : Opificio JM ?

Depuis 2010, on a un magasin près de Florence en Italie. Mais contrairement à ici, il n'est pas éphémère. Un jour, Liliana (ndlr : Liliana Pavesi Ferri propriétaire du showroom °°°by à Paris) est venue avec son mari et a proposé de faire venir Opificio JM à Paris. On a travaillé sur ce projet pendant un an et demi... Un projet éphémère pour le moment, mais on espère le faire perdurer. Pour cela, il faut faire un travail de qualité, faire une bonne sélection de produits, susceptibles d'intéresser du monde.

Justement, dans ce concept store on retrouve votre collection Technobohemian, mais aussi beaucoup d'objets de votre quotidien : linge de maison, bougie, déco... Est-ce une manière de rentrer réellement dans la "Peau de John Malkovich" ? Afin de capitaliser votre image ?

En fait ça, c'était plutôt l'idée de Ricardo, c'est vraiment très difficile de vouloir capitaliser une image. Il ne faut pas oublier que quand on est quelqu'un de connu, on a une image qui se différencie en fonction des personnes qui ont soit entendu notre nom, vu nos films, notre travail, qui ont lu un article... Mais ce qui en ressort n'est pas toujours une "bonne image". La notion d'image en soit est très complexe, il y a des gens qui te détestent et - même si ça ne m'intéresse pas forcement - quand on leur demande "pourquoi", ils vont juste répondre "je sais pas, c'est comme ça".

Donc peut-être avez-vous envie que l'on vous connaisse mieux ?

Oui, peut être, même si cela engendre plusieurs complications. On peut croire qu'une image de célébrité aide à faire vendre, moi je pense plutôt que ça ralentit. Une star n'aide pas toujours un projet à se concrétiser.

 

Opificio JM est à découvrir chez °°°by, 14 rue d'Uzès, 75002 Paris jusqu'au 24 décembre.

 

Propos recueillis par Aurélia Baranes

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