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La star la plus Cher du monde, Episode II : 1980 - 2010

En 1980, fin de la période disco pour Cher qui se mue en créature rock. Du cuir, des clous, du moulant et surtout du sexy, la chanteuse joue les bad girls.
En 1980, fin de la période disco pour Cher qui se mue en créature rock. Du cuir, des clous, du moulant et surtout du sexy, la chanteuse joue les bad girls.

Cher est de retour. Au cinéma avec "Burlesque" de Steven Antin et sur le site de Puretrend après une semaine d'absence. Attaquons-nous à la plus belle des périodes de Cher, ses dérapages vestimentaires, ses embardées chirurgicales et l'aventure musicale qui engendra un pactole en dollars non négligeable.

Cher 1980-2010, c'est Sylvie Vartan chez Walt Disney puissance 1 000, une vision enflammée qui sort de la vague hippie, de sa grande histoire d'amour avec Sonny - on s'aime, on se déchire - puis part à la reconquête d'un marché musical en accumulant tous les styles, du rock au hard, de la dance à l'eurostrash.

Cher est fantastique. Dans "Burlesque", elle joue la tenancière d'un bar de filles qui s'effeuillent - imaginez Régine en patronne de Dita van Teese... Ce mois-ci, elle livre une séance photo et une interview exclusive pour le Vanity Fair américain. Ayant traversé les époques, les amants, les maris, Cher n'a pas sa langue dans sa poche et tire tendrement sur tout ce qui bouge. Sa fille Chastity - quel nom ! - est devenue par l'opération du Saint Esprit, Chaz, un garçon qui s'assume ! Sa maman demeure cependant confuse et ne sait plus quoi du "elle" ou du "il" utiliser. Mais Cher aime et chérit son entourage bien plus que l'usure du temps qui la chagrine un peu. Non sans humour, elle s'en prend à son amie Meryl Streep avec qui elle tourna dans le "Mystère Silkwood" (1983) et l'envie clairement sur sa manière de bien vieillir. Dans le texte et avec toutes les nuances de l'anglais, cela donne, "Cette stupid bitch s'en sort bien mieux que nous toutes !". Comprenez, elle vieillit bien et sans chirurgie, apparente du moins.

Malmenée, la vie de Cher l'a souvent été mais pas moins que nos oreilles qui, avant de danser sur "I believe", tube planétaire dans 23 pays, ont dû subir le grand retour Hard Rock de ses années 80. Pas les nôtres. A la fin des années 70, Cher s'essouffle, ses 3 derniers albums ont largué un peu ses fans de la première période, plus hippies, plus pop aussi. C'est par la télé qu'elle revient avec des apparitions chocs où le strass tombe en cascades sur un corps de moins en moins caché. Période chaude. "Cher Special" et "Cher other fantaisies", ses deux shows télé de 1978 et 1979 la propulsent reine des apparitions. Une télé paillette où son grand ami Bob Mackie - l'a-t-il été d'ailleurs en regard de ses créations ? - s'en donne à coeur joie sur sa créature qu'il nomme avec plaisir "sa grande Barbie". Oui, Barbie : jusqu'à lui tirer les cheveux, étirer ses robes et l'attirer vers la mort définitive du bon goût. C'est pour cette raison qu'on aime Cher. Pas vraiment pour sa musique où ses différents contrats avec Warner et Geffen Records ne nous ont pas accueillis dans un hôtel quatre étoiles point de vue qualité du style. Le luxe du bruit ? Du rock, du bon gros avec des duos avec Meat Loaf. Mais dire ça, c'est aussi un peu mentir, car la parenthèse disco a offert à Cher le moyen d'entrevoir une vie à la Donna Summer, un champ des possibilités pour encore briller de robes lustres, de décolletés qui dégoulinent bien plus qu'une Miss France en pleine reconversion Entrevue. Chez "Casablanca", label de Neil Bogart, elle devient la patronne des dancefloors. L'album "Take me Home", programmé pour le Studio 54, piste de danse culte de New York 70-80, est une parfaite machine à danser et à lever les bras, au même titre que certaines des filles du label. Danse, danse, danse.

Mais la rechute est rapide. L'envie de rock joue les trouble-fêtes. L'association avec "Les Dudecks" avec lesquels elle forme le groupe au doux nom de "Black Rose Metal" (tiens, un nouveau nom de parfum ?) devient une attaque frontale au cerveau, droit et gauche confondus.

Cet ouragan a-t-il tout dévasté ? Cher devient dès lors actrice, un robot de comédie dont le talent culminera avec cette douce romance culte new-yorkaise de 1981, "Eclair de lune". Cher au cinéma se transforme volontiers, enlève ses oripeaux de drag-queen, pour devenir femme sérieuse, actrice soucieuse et drama sirupeuse, quelquefois. Golden Globes, un Oscar et même le prix d'interprétation féminine à Cannes, le destin cinéma de Cher trace une ligne presque parfaite entre le contre-emploi et la densité dramatique. Cette posture s'enflamme avec "Mask" : elle y joue la mère dévouée à un fils ayant une déformation faciale. Un Elephant Man, pré-pubère qui fait pleurer les chaumières et donne définitivement à Cher un statut d'actrice sensible, remarquable et décalée par rapport aux boules disco qui la font hurler de joie en tournée.

Après quelques années d'absence, Cher revient en 1987 chez Geffen Records, offre un hit à ses fans "If I could turn back" et un clip scandale, en tenue ultra-sexy au milieu d'une foule de marins sur le USS Missouri. Une star renaît et s'approprie désormais une image Village People qui fait briller les yeux d'une clientèle ciblée et fidèle d'admiration. La cible de Cher, séduire les garçons qui aiment les garçons avec un net penchant pour une musique folle qui s'accroche aux boas de la Diva autant qu'à ses apparitions illuminées.

Cette nouvelle carte de fidélité pour clientèle touchante et attachée fonce tout droit dans les années 90 avec un accès danse qui détruira toute velléité de ne pas lever la jambe sur les dancefloors. Et 1, et 2, et 3. "I believe" emporte tout sur son passage et détrône même le "My heart will go" du film Titanic. Plus rien à dire, la tournée s'enchaîne, et Cher devient une Diva queen absolue, un bloc de référence, une spécialiste du chant des tribunes. Une voix qui monte, tonne sévère, pour ouvrir sur son passage la Gay Pride et défendre toutes les minorités qui chantent en majorité ce tube de 1998. Suivront d'autres.

Alors, en attendant la sortie imminente de "Burlesque" sur les écrans français, Cher cache son humanité, plus distante que jamais sur environ quarante ans de carrière. Un remaniement facial, un rapatriement de sa volonté de toujours en découdre, Cher est en forme, et défend dans le Vanity Fair sa condition de femme. En vrac, elle regrette que Sonny n'ait pas été le mari qu'elle désirait, aime sa fille devenue fils mais demeure confuse et déclare avec la franchise qu'on lui connaît : "Si je me réveillais un matin dans le corps d'un homme, je crois que je pleurerais, crierais et volerais une banque ! Car je ne peux pas me voir autrement que comme je suis, une fille !". Et une femme, surtout. "Je me sens un peu comme un char. Si je me prends un mur, je pars dans une autre direction. Et j'ai eu plein de putains de murs dans ma carrière. Mais je ne m'arrête pas. Je crois que c'est ma qualité première. Je ne m'arrête jamais".

 

Texte : Fabrice Paineau

Légendes : Amélie Cosmao

 

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