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Rencontre avec Eddie Borgo : on m'a un peu vite estampillé créateur de bijoux "rock'n roll"

Si Eddie Borgo est déjà le chéri des New-Yorkaises branchées depuis quatre ans, les Françaises devraient très vite adopter ses colliers autour de leurs cols de chemise. Vous avez forcément déjà vu quelque part son bracelet "cone", très (trop ?) vite catalogué pièce phare des punkettes sages de l'Upper Est Side. Outre l'esthétique rock'n roll, le lauréat du CFDA Vogue Fashion Fund 2010 a une autre idée en tête : faire des bijoux indémodables pour les filles d'aujourd'hui, qui s'inspirent de formes géométriques vieilles comme le monde. Un design épuré, des pierres semi-précieuses et surtout des couleurs pour sa nouvelle collection, l'équation parfaite qui fait mouche, aussi bien sur Anja Rubik que les filles pointues de New-York à Paris. Rencontre avec le créateur américain.

Votre dernière collection présente des bijoux très colorés. Quelles pierres et matières avez-vous utilisées pour mettre de la couleur dans votre dernière collection ?
Principalement du métal, soit du laiton, recouvert d'or rose ou d'argent. J'ai aussi utilisé de la malachite, de l'Agate de Botswana, de l'Agate à dentelle bleue. On a aussi des pierres semi-précieuses, de l'émail, des cordons de soie ou encore du cristal.

L'une des pièces qui vous a fait connaître, c'est le "Cone Bracelet", est-ce la première que vous ayez créée ?
Presque ! J'ai présenté ma première collection au printemps-été 2009, et j'ai créé ce bracelet pour la saison automne-hiver 2009-2010. C'était une commande pour un shooting photo à l'origine. C'est drôle, car avec ce bracelet, la presse m'a un peu estampillé créateur de bijoux "rock'n roll", je ne sais pas si c'est parce que je suis de New-York (rires) ! Mais en fait, je suis plus inspiré par les formes géométriques qui me permettent de créer des pièces qui seront toujours des classiques et ne se démoderont jamais. C'est impossible de dire "tiens, ce cône date de 2005 !", car cette forme existe depuis toujours. Cela va un peu plus loin que cette étiquette rock'n roll qu'on veut à tout prix me coller. Le "Cone Bracelet" s'est vite imposé comme notre pièce phare, d'inspiration punk, alors que je voulais avant tout faire un bracelet au design épuré et géométrique.

Mais pour nous européens, il faut aller en Angleterre ou aux Etats-Unis pour trouver plus facilement une joaillerie moderne, décomplexée, que l'on puisse porter tous les jours. Et c'est souvent des créateurs qui nous paraissent "rock'n roll" !
Oui parce que c'est nouveau ! En France, la joaillerie accessible est très souvent liée à une maison de couture comme Lanvin, Givenchy... C'est cool, car la Haute Joaillerie a quelque chose d'intimidant parfois. Dans nos collections, on veut s'éloigner des sacro-saintes règles selon lesquelles par exemple, on ne doit pas mélanger les métaux précieux entre eux. Mes pièces peuvent comporter plusieurs couleurs, plusieurs pierres, plusieurs métaux précieux... Porter des bijoux cela doit être fun, accessible aussi.

Matière préférée ?
J'adorerais travailler le marbre ! Le mixer avec des diamants par exemple. Mais je travaille surtout le métal, il me permet de concevoir un bijou comme une sculpture.

C'est comme cela que vous imaginez une pièce ? Comme une sculpture ?
Oui. D'abord je la dessine, puis on prend les mesures avant de la réaliser dans de la cire avec un moule en plâtre, qui deviendra le moule de la pièce finale, en métal et or par exemple.

Qu'est-ce qui vous inspire de façon plus générale ?
L'Art Moderne et tout particulièrement la sculpture moderne. Des gens comme Dan Flavin, Richard Serra qui font des sculptures à grande échelle. J'écoute aussi beaucoup de musique, lorsque je travaille, je me réfère aussi beaucoup à des personnalités. Je vais à la New York Pictures Library, et je consulte leur catalogue de célébrités. Cela peut-être de vieilles photos de Mick Jagger, David Bowie, Syd Vicious, Angela Bowie,Jerry Hall... Je regarde comme ils s'exprimaient à travers leurs looks. La manière dont ils se coiffaient, leurs chaussures, leurs vêtements, leurs sacs, mais aussi leurs bijoux bien sûr. Syd Vicious portait tout le temps une chaîne et un cadenas autour du cou. Je suis aussi beaucoup les jeunes artistes, dès que je suis quelque part, je visite les galeries qui mettent en avant leur travail.

Vous fabriquez vos bijoux aux États-Unis, pourquoi ?
Oui, et c'est très important pour moi. J'ai besoin de savoir que les gens qui fabriquent les pièces ont la même attention au détail que moi. L'atelier avec lequel nous travaillons a un véritable savoir-faire, car c'est là que la plupart des grandes maisons de couture américaines font fabriquer leur bijoux. J'aime cette dimension d'héritage culturel.

Quels sont vos créateurs de mode préférés ?
J'adore Christopher Kane depuis sa toute première collection, Joseph Altuzarra aussi, j'ai fais les bijoux de sa première collection. J'ai également beaucoup d'admiration pour Pierre Cardin, pas forcément pour les vêtements, mais pour sa vision de la mode qui était culturelle, il excellait aussi bien dans le design de meubles, de bijoux... Il a un talent fou. Tous les objets qu'il a créés sont indémodables.

Propos recueillis par Mélody Kandyoti

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