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From Buenos Aires to Paris, rencontre avec Marcial Berro

Ne comptez pas sur Marcial Berro pour vous dire qu'il a créé la bague "Success" de Fred ni même d'autres bijoux pour Chanel Joaillerie. Il préfèrera vous parler des parures des peuples amazoniens, de théâtre ou encore du travail des joailliers Fulco de Verdura et René Boivin. Designer indépendant, Marcial a quitté l'effervescence de New York et Paris pour retrouvez l'Argentine, son pays d'origine. Il va ainsi à son "tempo" comme il se plaît à le dire, entre l'Amérique du Sud et l'Europe, au rythme de ses collaborations avec de grandes maisons comme Baccarat pour laquelle il crée des objets design. Si Marcial Berro joue dans plusieurs registres artistiques, il n'en délaisse pas pour autant la joaillerie et vient de signer une collection de bijoux baptisée "Anamorphose", exposée à la Maison Darré à Paris.

 

Vous faites des bijoux depuis maintenant longtemps. Comment pourriez-vous résumer votre parcours ?

J'ai commencé il y a effectivement longtemps à New York. J'ai commencé en dessinant une série de pièces, juste comme ça, une sorte de mécanisme précieux. Une pièce que l'on pouvais combiner de différentes manières avec des vis et des clips pour faire des broches ou des boucles d'oreilles. J'ai été encouragé par mon entourage et j'ai continué, pour ne plus jamais arrêter.

 

Mais avant cela encore, comment vous est venue l'idée même de faire des bijoux ?

Tout est venu du théâtre, car je travaillais avec Alfredo Arias dans les années 70. Je crois que j'ai été attiré par l'utilisation que les acteurs faisaient sur scène des vêtements, des accessoires. Comment ils faisaient jouer les objets, comment ils leur donnaient vie. J'ai eu envie de créer des objets qui appuient les mouvements des femmes. Une bague qui va souligner un geste de la main par exemple.

 

Vous avez créé des bijoux pour des grandes maisons comme Chanel, Fred ou aujourd'hui Baccarat. Comment définir votre travail et votre statut de designer indépendant ?

Pour Baccarat, je ne dessine pas que des bijoux, je fais aussi des objets en bois, en cristal, en Terracotta, en grès ou en porcelaine, des ornements de meubles. Je fais aussi des choses pour l'ancienne manufacture royale de Limoges. Je me suis promené dans différents métiers qui ont connu leur apogée en France.

Lorsque l'on travaille pour une grande maison, c'est avant tout au sein d'un groupe. On a des missions, ce qui a certainement des bons côtés, mais c'est très différent du monologue que l'on va tenir lorsque l'on travaille de son côté avec son "tempo". Je ne travaille jamais seul en fin de compte, car mon travail d'indépendant dépend du dialogue avec les artisans. Travailler pour une entreprise, c'est être logiquement beaucoup plus ouvert à la discussion et tenir compte des besoins du marché, des prix... En étant indépendant, je vais à mon rythme, et je fais uniquement ce que je désire.

 

Comment définiriez-vous le style qui est le vôtre en tant que joaillier ? Quelle est la signature Marcial Berro ?

J'ai toujours tenu à ce que mes bijoux ne soient pas une simple représentation de la richesse matérielle, dans l'ostentation pure. Je veux créer des objets de bonheur, de célébration, de désir qui sont accessibles et que l'on puisse porter tous les jours, à toute heure et en toutes circonstances. Du matin au soir.

 

Qu'est-ce qui a inspiré votre dernière collection de bijoux ?

J'ai été très inspiré par le peuple amazonien. Il y a des sautoirs fabriqués avec des graines utilisées pour leurs parures, qui font certainement partie des plus belles et colorées de toute l'Amérique Centrale.


Vos bijoux sont exposés à la Maison Darré à Paris. Pourquoi avoir choisi cet endroit particulièrement ?

Je me sens très à l'aise dans l'univers de Vincent. Un univers caractérisé par le théâtre, le cinéma, le rêve, la démesure et l'infini. On s'est rencontré il y a des années à Paris, c'est un ami de longue date. Ensemble, nous avons organisé un évènement pour le Bal de la Rose, nous avons fait une exposition à la Monnaie de Paris. J'ai toujours suivi de près tout ce qu'il faisait, et lui aussi a suivi mon travail.

 

On comprend bien que vous ne vous cantonnez pas à l'univers de la joaillerie. Quels sont les artistes vous inspirent ?

J'adore le travail des joailliers Fulco de Verdura, René Boivin et Suzanne Belperron. Je suis aussi très influencé par les peintres Max Ernst, Dali et Calder qui ont également fait des bijoux.

 

Quels sont vos projets ?

Je suis en train de préparer une collection de tapis. Je collabore avec des tisserands extraordinaires qui utilisent des pigments magnifiques, de la laine d'une grande qualité. Je suis aussi en train de travailler sur des grandes pièces en grès. Je continuerai toujours de dessiner des bijoux, mais je ne m'empêcherai jamais de faire autre chose, différentes échelles, de l'infiniment petit à l'infiniment grand.

 

Les bijoux Marcial Berro sont à découvrir à la Maison Darré, 32 rue du Mont Thabor 75001 Paris.

Retrouvez aussi l'interview de Vincent Darré !

 

Propos recueillis par Mélody Kandyoti

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