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Mary Quant : Mini-jupe, rock 'n' roll et tutti quanti

London 'Swinging London'

Entre les années 1959 et 1962, John Lennon, Ray Davis, Pete Townsend, Jimmy Page, Ron Wood, David Bowie fréquentent les écoles d'art britanniques. Chaque école contenait dans ses rangs un musicien en passe de devenir le leader d'un groupe célèbre : les Yardbirds, les Kinks, les Beatles, les Who, les Rolling Stones. Au Sitcup Art College, entre Londres et Dartford, ville ouvrière salement bombardée par les Allemands, les cheveux des jeunes garçons se mettent à pousser.

Au lieu de dessiner les modèles vivants et les objets qu'on leur présente sous le nez, un certain Keith Richards passe son temps à échanger des plans de guitare avec Dick Taylor, sans doute le meilleur technicien guitariste de l'école, qui formera les Pretty Things. Les Majors compagnies du disque doivent comprendre qu'ils ne doivent plus tenter de faire barrage pour arrêter la vague de rock 'n' roll qui déferle depuis le continent américain : Elvis Presley, Little Richard trouvent grâce aux yeux et aux oreilles des jeunes britanniques, qui ne se contentent plus des skiffle bands qui nourrissent l'industrie du disque.

Mods et rockers se réfugient dans de petits clubs ou des garages créant des scènes pour se produire. En 1962, au Marquee et au Ealing Club, toute une scène gravite autour d'Alexis Korner et de son groupe Blues Incorporated. Des musiciens tels Brian Jones, Charlie Watts et parfois Mick Jagger se joignent au groupe. A partir de la mixture noire et blanche qui vient des USA, les groupes se forgent une identité. Les Beatles reprennent du Larry Williams et Little Richard, les Rolling Stones du Bo Diddley, Muddy Waters et Chuck Berry.

Au même moment, une jeune femme Mary Quant, issue elle-même d'une école de Design décide de raccourcir ses propres jupes, histoire d'être plus à l'aise pour courir après le bus. Elle ouvre bientôt le Bazar, une boutique sur Kings Road où elle affiche en vitrine en 1965 ses premières mini-jupes. Dans le contexte naissant du rock 'n' roll, cela deviendra une vraie révolution.

Le Swinging London est né, donnant le ton au reste de l'Angleterre et dans le monde entier. Une nouvelle façon de s'habiller et de se comporter imprègne les sociétés.

Mary Quant diffuse ses modèles dans le monde entier. En offrant de libérer les jambes des femmes, la styliste bouleverse d'un coup la société et l'esprit des gens. Le phénomène ne tarde pas à gagner la France où André Courrèges revendique à son tour la création de la mini-jupe. L'affaire est sans importance, le phénomène est ravageur. Des années auparavant, Jean Patou avait créé un précédant en raccourcissant les jupes de tennis de la championne Suzanne Lenglen. Le jeune couturier Yves Saint Laurent y va de sa création en présentant dans sa collection un tailleur mini-jupe. Les figures de la mode, du petit écran et du show business circulent entre Londres, Paris et Rome. Twiggy, Anita Pallenberg, Marianne Faithfull, Patt Boyd et David Bailey, qui inspirera le film Blow up à Antonioni avec Vanessa Redgrave et David Hemmings.

Le Chelsea Look s'impose, véritable symbole de la libération de la femme dans un contexte euphorique de redressement économique. La mini-jupe favorise la transgression des normes sociales, devenant leur porte-parole.

Brigitte Bardot, immense icône au Royaume–Uni, Catherine Deneuve, Françoise Dorleac, Zouzou, toutes s'affichent sur les pistes de danse chez Castel, Régine et à Saint-Tropez. Le phénomène est irréversible. Pour la première fois, la mode vient de la rue sur des rythmes rock 'n' roll fracassants : une porte ouverte à jamais.

Fin 69, Roland Barthes écrit dans le magazine Marie-Claire : " Ce n'est pas un raccourcissement mais une construction parfaite. "

Dans ses années de relance économique, la culture Pop et la mode des jeunes baby-boomers se sont développées plus que jamais auparavant. La mini-jupe s'adapte au temps qui passe et l'on peut la voir portée aujourd'hui par-dessus les jeans des jeunes filles.

Longue vie à la mini-jupe, merci Mary Quant et tutti quanti.

 

Octavio Escali

 

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