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Le soutien-gorge: une saga d'époques

Baromètre d'érotisme depuis un siècle, le soutien-gorge s'est métamorphosé de décennie en décennie, s'adaptant aux moeurs de différentes époques. Du bandeau discret et androgyne, à la brassière vichy, en passant par le balconnet en dentelles, l'histoire du soutien-gorge reflète la mentalité de chaque époque et la place de la femme dans la vie sociale. Saga.

 

Les ancêtres du soutien-gorge

Avant même l'invention du soutien-gorge, les femmes ont eu recours à une panoplie d'accessoires et de systèmes D pour mettre en valeur leur poitrine. Dès l'Antiquité, les Romaines portaient un " strophium " : une bande de tissu enroulée sur la poitrine, le 16ème imposait le corset et le 20ème siècle libéra enfin le corps des femmes avec les premiers soutien-gorges.

Si la date exacte de ce que l'on appelait " gorgerette " ou " maintien-gorge " reste encore discutée, le terme " soutien-gorge " est lui apparu en 1904 dans le Larousse. Son premier concept semble dater de 1889 : la française Hermine Cadolle avait eu l'ingénieuse idée de couper le corset en deux, sous la poitrine, pour plus de confort. Présenté sous le nom " Bien-Etre " à l'exposition universelle de 1900, ce modèle fut un échec commercial. En 1893, aux Etats-Unis, une certaine Marie Tucek déposait le brevet d'un nouveau modèle baptisé " Breast supporter ", mais sans plus de succès.

C'est seulement vingt ans après, en 1913, que la " socialite " Mary Phelps Jacob crée le premier modèle de soutien-gorge moderne. La légende raconte que cette dame de la haute bourgeoisie américaine a improvisé son premier modèle quelques heures avant de se rendre à l'une de ses grandes soirées caritatives. Ne pouvant porter de corset sous la très fine robe qu'elle s'était offerte pour l'occasion, elle entreprit alors de confectionner elle-même un simili de brassière, avec deux mouchoirs et un ruban rose. Le concept du soutien-gorge moderne était né, bientôt adopté par les femmes du monde entier et vendu dès 1914 à la société Warner Brothers Corset Company.

 

Les années 20, le style garçonne

Les années 20 et le style garçonne marque le véritable essor du soutien-gorge. Il se perfectionne, troque le lin rugueux contre soie, mousseline, et s'adapte au corps féminin avec l'invention des tailles de bonnets, du A au E.

Plus adapté à la société de l'époque, il permet d'abandonner une silhouette en S, pour une ligne plus filiforme et fonctionnelle. Cigarette au bec, les femmes s'émancipent, raccourcissent leur robe, coupent leurs cheveux et projettent leur liberté dans cette nouvelle silhouette masculine. La mode est aux petites poitrines et aux hanches effacées. Le soutien-gorge qui se mue parfois en simple bandeau, permet d'étouffer les formes trop voluptueuses. En France, Coco Chanel désavoue les silhouettes opulentes, les robes meringues et propose sa petite robe noire, droite, simple, qui tombe parfaitement sur ces silhouettes androgynes.

 

Les années 50 ou l'ultra féminité

En 1943, pour les besoins de son film " The Outlaw ", le milliardaire Howard Hugues invente un modèle à armatures renforcées, pour rendre les seins pointus. L'actrice Jane Russel lance la tendance d'une nouvelle poitrine proéminente et assumée.

En effet, l'après-guerre marque le retour des silhouettes ultra féminines, des formes galbées et des hanches arrondies. Les stars hollywoodiennes comme Marylin Monroe, Sophia Lauren, ou encore Elizabeth Taylor, fascinent. Icônes d'une génération, elles véhiculent l'image de femmes libres qui assument et jouent de leur pouvoir de séduction. C'est l'époque des pin-up et des bonnets pointus, qui font de cet atout féminin un véritable objet de fantasme. En 1956, Lejaby surfe sur la tendance et crée le premier modèle pigeonnant, un véritable succès à Hollywood.

 

Des sixties timides et naïves

Les années 60 détrônent la silhouette de femme fatale et lui préfère la dégaine plus crédule d'une Audrey Hepburn en jupe corolle et petites ballerines. Alors que les filles tombent en admiration devant une allure de brindille au cheveux court, incarnée par la maigrichonne Twiggy, le cycle de la mode renie la féminité exacerbée. Les adolescentes rêvent de robes Courrèges , enfilent des socquettes et sautent dans des collants Dim , portent des jupettes et des couettes de Lolita.

La lingerie s'adapte, naïve à souhait, multicolore, vichy et adopte une toute nouvelle matière hyper confortable : l'élasthanne lancé par la marque Lycra. Le must ? L'ensemble bloomer-brassière. C'est aussi à cette époque que Playtex crée son célèbre " Coeur Croisé ", le premier soutien gorge à armatures non métalliques.

 

Les années 70, le combat féministe

Avec Mai 68, il devient le symbole d'une société bourgeoise et misogyne. La libération sexuelle va de paire avec le rejet du soutien-gorge, que les féministes brûlent sur les barricades. A cette époque, Sonia Rykiel lance ses premiers pulls en mailles, que les filles portent à même la peau, sans sous-vêtements et jouent le jeu de la provocation, laissant entrevoir leur seins nus.

Les moins engagées se laissent séduire par l'ingénieux compromis d'Emmanuelle Kahn. La styliste alliait des matériaux souples, délicats, comme le Lycra, pour créer des soutien-gorges légers, fonctionnels et discrets.

 

Les années 80 et Chantal Thomass

Alors que le soutien-gorge est réduit à sa fonction pratique depuis plus de dix ans, Chantal Thomass renouvelle le genre de la lingerie sexy. Elle inscrit le soutien-gorge dans une mode du glamour et en fait le symbole absolu de la coquetterie.

Guêpières, porte-jarretelles, dentelles ne sont plus cantonnés aux sex-shops. Les tabous s'envolent, les femmes assument leur désir d'érotisme et se font plaisir en s'offrant des panoplies de lingeries " coquines ". Une tendance encore incarnée aujourd'hui par la sulfureuse Dita Von Teese et les modèles de griffes comme Agent Provocateur .

 

Les années 90 ou l'hyper choix

Les années 90 semblent brasser les précédentes tendances et proposent aux femmes un hyper choix. L'heure est à la mixité, les soutien-gorges à balconnet côtoient les push-up et les brassières. Dentelles sexy ou coton Petit Bateau, les femmes alternent le noir et les couleurs, jouent avec leur féminité au gré de leur humeur, changent de rôles et adaptent leur désir.

Avec des marques comme Undiz, H&M , American Apparel , les sous-vêtements tombent eux aussi sous la coupe de la fast-fashion et se démocratisent. Les soutien-gorges à petits prix se consomment, se troquent et jouent le jeu du mix and match.

 

Le soutien-gorge sur les podiums

Le soutien-gorge a fait son grand come-back sur les podiums de la saison Printemps-Eté 2010. Femme fatale chez Dior, rétro chez Dolce&Gabbana, jeune fille en fleurs chez Vanessa Bruno : il se dévoile et s'affirme.

Loin de se camoufler sous d'opaques tissus, il joue des transparences, apparaît sous un ensemble de satin mauve, sous un déshabillé vintage ou un top en dentelles. Il se devine sous un débardeur loose ou se superpose sur un top comme chez Marc Jacobs. Les créateurs déjouent les codes de la lingerie, le soutien-gorge devient un accessoire à part entière du prêt-à-porter féminin.

 

Marie Varroud-Vial

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