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Brève de mode : la mutinerie des hipsters

La culture Hipster. Cette fois-ci, le buzz n'a pas été créé par un article dans un magazine branché, mais carrément par les actes d'un colloque, aux USA : What was the hipster ? A sociological investigation.

Pas de doutes donc, ce socio-profil émergent sur le panorama métropolitain des cinq continents, qu'est le hipster, mérite attention. Peut-être parce qu'il incarne un paradoxe assez rare des nos jours : d'un côté "ultra-globalisé" et tourné vers une consommation ostensive de biens sophistiqués et de l'autre "ultra-local", revendiquant des positions plus que critiques envers le matérialisme contemporain. Ce qui relie ces jeunes pointus n'est pas une panoplie vestimentaire, un genre musical ou un geste particulier. Leur commun dénominateur est plutôt l'originalité du comportement, de la pensée et une claire intolérance pour tout critère de "classement social", qui feraient d'eux, des membres d'un groupe. Effectivement, hormis le goût prononcé pour une certaine pilosité du visage, pour les jeans retroussés et pour les vélos stylés à pignon fixe, le hipster n'est pas identifiable sur la base de simples marqueurs externes. Il exhibe plutôt son autonomie radicale vis-à-vis des mécanismes classiques de la mode, associant de manière inattendue objets, vêtements, accessoires ou aliments qui pris isolement, n'ont rien d'avant-gardiste. Si avant-garde il y a, elle réside plutôt dans le court-circuitage des règles de style et des paradigmes identitaires.
En d'autres mots, le hipster réussit le difficile pari d'être un imprévisible, même pour les spécialistes du profiling du consommateur. Comment ? Simplement en faisant pencher vers l'individualisme assumé, la fameuse règle du sociologue Georg Simmel. Celui-ci définit la diffusion des modes comme une oscillation pérenne entre imitation grégaire et différenciation vis-à-vis du groupe. L'esprit hipster n'est pas qu'un caprice de snob donc, mais plutôt un principe de remise en question du système de la consommation dont le fonctionnement ne tient pas à l'achat en soi, mais à sa manipulation par les acteurs du marché. Leur communication vise à orienter tout un paysage de consommateurs, se reconnaissant et se rassurant, par des comportements d'achat similaires, voire identiques. C'est en sabotant, de l'intérieur, cette machinerie que le hipster espère enrayer l'engrenage.



Luca Marchetti

What was the hipster ? A sociological investigation, n+1 Foundation, Brooklyn NY, 2010 (en anglais), 10€.

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