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Stéphane Rolland, le calme avant le défilé

Le 6 juillet 2009, à 11h00, au Palais de la Découverte, se déroulera un des tous premiers défilés de Haute Couture de la saison Automne-Hiver 2009-2010: celui de Stéphane Rolland. Le couturier, admis juste avant la saison dernière dans le cercle très sélectif des marques pouvant utiliser ce prestigieux label, a renouvelé son style vers davantage d'épure lors des présentations de la saison dernière.

A J- 30 de son prochain défilé, il nous reçoit dans ses salons du 10, Avenue George V, comme il accueille ses clientes. Là où trônent encore sur les portants les tenues de la saison en cours, contre toute attente et à l'inverse de tout cliché, l'atmosphère est calme, empreinte même d'une grande sérénité.

Stéphane Rolland parle d'abord de l'accessoire, car il est, cette saison, essentiel sous sa griffe. Il s'apprête en effet à présenter avec sa haute couture une ligne de sacs créée en édition limitée qui rivalisent de matières riches: les plus onéreuses peaux ont été sélectionnées, les métalleries fondues, les pavages de diamants sertis . Ils seront omniprésents à travers les silhouettes du défilé, apportant aux looks l'indispensable touche finale d'élégance et de raffinement.

Questionné sur l'avancement des vêtements en eux-mêmes, le couturier résume: " Sur les 40 passages qui seront présentés, 31 toiles sont déjà finalisées. Nous avons dû travailler un peu en amont pour cette collection car il y a beaucoup de pièces brodées. "

Les broderies nécessitent en effet que la toile, cette ébauche en 3D de la robe finale, réalisée dans une toile de coton pour mettre au point ses volumes, soit entièrement réglée. La robe est ensuite coupée puis bâtie dans le vrai tissu choisi. On y place ensuite les motifs des broderies. On démonte alors la robe pour envoyer les morceaux à broder à l'atelier auquel cette tâche a été confiée. Une fois rebrodés, les morceaux de chaque pièce seront alors remontés dans la robe pour révéler l'éclat de la création finale. Ces opérations requièrent une planification sans faille.

"Actuellement, 25 des robes de cette collection sont chez les brodeurs", précise Stéphane Rolland.

Comment et quand a-t-il conçu cette collection ? "Chaque démarrage est particulier". En effet, le succès médiatique et les ventes de la précédente collection ont beaucoup occupé le showroom et les ateliers de la Maison.

"Généralement, les premières idées de la nouvelle collection arrivent alors que je finalise la précédente. Mais cette fois-ci ces élans créatifs étaient canalisés vers les sacs. Il a donc fallu que je pense accessoires en même temps, et la gestation a été plus longue".

Moins spontanée la collection de juillet 2009 ? Peut-être, mais au vu des croquis, on réalise aussi qu'elle est encore plus réfléchie, plus homogène.

"Il faut oublier la précédente sans l'occulter. Garder un style et des proportions, commencer une histoire nouvelle tout en permettant au spectateur de ne pas perdre le fil".

Si l'inspiration s'est déclenchée autour d'une photo d'architecture (une porte d'un décor à la Star Trek), les vêtements qui en sont nés et que Stéphane Rolland nous fait découvrir dans son studio de création sont loin de la rigidité du futurisme.

"Je travaille beaucoup le touché, la sensibilité, le confort cette saison", confie le designer. " C'est une collection autour de la notion de bien-être".

Au milieu des croquis épinglés au mur dans l'ordre de passage sans doute pas encore définitif, une toile trône sur un Stockman pour y placer en dessin les motifs de broderie qui seront ajoutés au modèle final. Sur la table à côté, une matière incroyable, blanche, étincelante comme la neige, forme comme des guirlandes. En s'approchant, on voit combien elle joue avec la lumière en y créant des reflets bleu néon.

"Finalement, je ne l'ai pas retenue pour cette collection", précise le couturier. A côté, des essais de broderie, indispensables pour préciser le motif, prendre conscience du rendu, voir la broderie en trois dimensions, en préciser éventuellement la brillance. "Ce sont des détails discrets. Il y a très peu d'effets de broderie au premier degré, même si 90% des pièces de la collection sont brodées", explique Stéphane Rolland. Un certain minimalisme architectural graphique se lit donc jusque dans ces ornementations, dont le rutilant a été soigneusement chassé.

En attendant, le 6 juillet, on peut savourer et rêver à l'avance les robes ou les tailleurs entr'aperçus en croquis ou en toile puisqu'un esprit placide préside à leur conception comme à leur finalisation. Cet ensemble sera alors encore une surprise pour l'oeil et pour l'esprit. Comme les clientes de Haute Couture de la maison, on se prend peut-être à saisir quelque chose de ce qui relie un designer comme lui à des femmes comme elles: une confiance qui touche à l'intime tout en s'instaurant dans un respect sans faille, dans une distance nécessaire à l'éclosion de la création, dans une dégustation du temps qui passe et qui donne aux choses davantage de valeur. N'est-ce pas là une délicatesse supplémentaire du luxe ?

Propos recueillis par Jean-Paul Cauvin

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