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Post punk et New Wave, version Saint Laurent

Défilé Saint LaurentParis Printemps-Eté 2014
Défilé Saint Laurent Paris Printemps-Eté 2014

Post punk et New Wave, version Saint Laurent

Quand Hedi Slimane évoque Kurt Cobain ou Courtney love, ce chapitre de l'histoire du rock& roll n'est pas le mien, mais lorsqu'il revisite la scène des teen-agers des groupes post punk de la New Wave, french et british, cela me parle tout à fait directement. Cette scène rock-là, des années 77- 78 -79, les poignées de Captagon qui allaient avec, et les grands rock critics que furent Alain Pacadis, Yves Adrien ou Manoeuvre et Dionnet, je les ai connus si intimement que j'en ai encore le goût et le parfum en mémoire.

Pourtant ce n'est pas l'évocation du passé qui fait la force de cette collection. A travers elle, Hedi Slimane renoue avec sa capacité à trafiquer les corps grâce aux proportions qu'il pousse à bout, tant que ce n'est plus un homme que l'on voit, mais une vision de l'esprit, une ligne, un dessin. C'était cela qui nous avait tellement marqué dans ses premières collections homme du temps d'Yves Saint Laurent.

Ces corps en mutation. Des ados semblables à de grands échassiers, les jambes de pantalons sont si fines qu'elles n'en finissent pas. La taille finement ceinturée remonte très haut sur le buste. Des pantalons en cuir vernis, mais plutôt de vinyles, rouge, noir, rose, qui font penser aux sloughis version corail de Serge Kruger. Quand passe un blouson de skaï noir et blanc, on pense au ska, un cousin de cette scène-là.

Des micro spencers en satin changeant à col smoking, si étroits qu'ils créent une attitude : le dos vouté, l'oeil sournois et le sourire ironique. Les blousons en satin hérités des teddy boys et des coiffures évoquent la double banane croisée. Une autre coiffure en pointe sur le devant : un oiseau de nuit, une chauve souris les pointes des cols de satins de leurs smokings, et les pointes en acier au bout de leur col de chemise disent la même chose.

Sacrés rapaces qui ne sortent que la nuit pour battre le pavé de leurs santiags et ne connaissent que l'Asphalt Jungle. Au dos de leur spencer de smoking étriqué comme c'est pas permis, une bouche brodée, non pas une bouche tirant la langue mais une bouche montrant les dents : deux grandes canines encore sanguinolentes.

Angel face, les Guilty Rasors en passant par les Stray cats ou les Throbbing Gristle, il y a une vraie poésie dans l'évocation électrique de ces arrogants jeunes hommes si coquets, si sexy et morts de faim. L'attitude est juste : les gars sont sûrs d'eux, le regard froid, sonnés au speed.

Une coiffure légèrement brushinguée et un peu de rouge à lèvres suffit à déterrer le fantôme du flamboyant Johnny Thunders des New York Dolls dans ses accoutrements foutraques et tellement savants qui mélangent une veste pailletée or, une chemise panthère et un pantalon en zèbre.

Vigoureuse si jusqu'au-boutiste, cette démonstration laisse penser que le territoire du rock&roll est finalement si vaste qu'Hedi Slimane pourrait tout aussi bien ne jamais le quitter et puisque c'est ce qui le fait vibrer...

Paquita Paquin

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