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Fashion Week de Londres, mode d'emploi

Du vendredi 18 au mercredi 24 septembre, c'est Londres qui enchaîne avec sa Fashion Week, après New York et juste avant Milan et Paris. Six journées qui célèbrent cette année le 25ème anniversaire de l'événement dans la capitale britannique. A cette occasion, tout se redessine et la fashion week prend un nouveau visage. Pourvu qu'elle n'y perde pas son "spirit"...

Autant le dire tout de suite, pour ses 25 printemps le BFC (British Fashion Council) a mis les bouchées doubles et le changement le plus évident, c'est Somerset House. En lieu et place des trois lieux de défilé de toutes les London Fashion Weeks précédentes, l'organisation British a trouvé un point d'ancrage au centre de Londres. En y réfléchissant bien, vous connaissez déjà ce bâtiment néoclassique. Placez-vous mentalement devant l'entrée du National Theatre de Londres, le pont de Waterloo à votre gauche et regardez la Tamise. Juste en face de vous, sur l'autre rive, c'est Somerset House, cette grande bâtisse construite à la fin du XVIIIème siècle, un peu à droite de la façade de l'Hôtel Savoy, qui donne directement sur The Strand.

C'est là que défileront cette saison, entre autres Paul Costelloe, Ashish, John Rocha, Bora Aksu, Basso & Brooke et même Jeremy Scott, qui renonce temporairement à Paris pour se joindre à l'anniversaire, d'autant qu'il ouvre dans la capitale un "pop up store" avec sa ligne créée pour Adidas. Sur les 64 défilés du calendrier officiel, 27 se dérouleront ici. A ne pas manquer dans ces mêmes emprises, la nouvelle exposition organisée par le plus "arty" de tous les sites Internet de mode, showstudio.com, initié par le photographe Nick Knight (avec le concours de Kate Moss, Björk, Alexander McQueen, Naomi Campbell, Gareth Pugh...) sera consacrée à la "Fashion Revolution", un mouvement imprimé par ce site pionnier qui n'arrête pas d'inventer des formes nouvelles d'expression autour de la mode, adaptées aux nouvelles technologies en ligne et aux évolutions de production et de lecture des images de mode.

En sortant de Somerset House, tournez à droite sur The Strand, et rendez-vous au numéro 180 de l'avenue, c'est à cette adresse que se situe "ON/Off", le showroom qui crée un pont entre les designers du calendrier officiel et les autres. Beaucoup de nouveaux talents sont à y découvrir, car la "magic touch" de Londres, depuis l'arrivée de Vivienne Westwood, depuis l'émergence du mouvement punk, c'est cette culture du look hyper-personnel qui favorise un surcroît de créativité dans la façon de s'habiller. Ici, chacun peut à volonté et au quotidien, cultiver sa différence vestimentaire pour surtout ne pas se confondre avec la foule.

On le voit déjà dans le centre de Londres sur Regent ou Carnaby Streets, même si, ici, ce sont les marques plus établies qui ont pignon sur rue. Mais l'Est du "Greater London" revendique un attachement à la nouveauté. Comme le quartier de Dalston, encore un peu repaire des squatters, permet de croiser de parfaits inconnus aux looks très stylés avec les créateurs de la génération montante, comme Christopher Kane, nouveau chouchou de la Fashion Week; ou Marios Schwab qui ont établi leur studio de création dans cette zone de la ville.

Si Londres peut se permettre une créativité aussi débridée, c'est sans doute dû également aux solides formations mises en place dans le secteur du design de mode par le Saint Martin's College of Arts ou le London College of Fashion. Et si le cockail plaît à bon nombre d'acheteurs internationaux, c'est que, pendant cette Fashion Week pas comme les autres, la pression qu'exercent les annonceurs mastodontes du secteur sur la presse est bien moindre. Si c 'est en partie ce qui explique que Londres soit la moins fréquentée des quatre grandes capitales mondiales par les "fashion editors" de la presse internationale, c'est sans doute aussi la raison pour laquelle on s'y sent plus libre d'y émettre son avis, d'y avoir un vrai coup de coeur pour tel jeune créateur ou d'y parier sur un nom encore inconnu au bataillon.

Les initiatives privées pour soutenir les jeunes designers font florès dans la capitale, comme Fashion East qui, depuis l'an 2000, attribue une bourse à un certain nombre d'entre eux et leur offre un accompagnement pour la production de leurs défilés, leur communication et leurs ventes. Jonathan Saunders, Richard Nicoll, Emma Cook ou encore House of Holland en ont bénéficié et sont désormais ici en pleine lumière.

L'enseigne Topshop, omniprésente dans la capitale anglaise, sponsorise également les jeunes pousses du secteur et ne s'arrête pas aux collaborations d'une seule saison. Mis à part les grands magasins comme Selfridges, Harvey Nichols ou Harrod's qui soutiennent aussi les talents de demain, on remarque qu'ici, même Debenham's, a un programme "Designers à Debenham's" qui organise, depuis plusieurs saison des partenariats avec des designers comme Matthew Williamson ou Julien Macdonald qui dessinent des vêtements pour cette enseigne de moyenne gamme.

C'est le risque que court la Fashion Week en se centralisant. Les colonnes de Somerset House, au centre de Londres, risquent de diablement l'embourgeoiser. Ce serait dommage, elle y perdrait on élan, sa spécificité et son âme rebelle.

Jean Paul Cauvin

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