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Valentino

Défilé ValentinoParis Automne-Hiver 2013
Défilé Valentino Paris Automne-Hiver 2013

Le défilé épiphanie de Valentino

Il y a des défilés où les filles portent des auréoles, pas visibles, voire abstraites, mais la démarche des créateurs est ainsi faite, que la beauté du casting ou le choix attentif des vêtements crée un halo autour du visage. C'est rare. Mais quand ça arrive, c'est que le défilé devient un pur moment de grâce. Depuis quelques saisons, Valentino atteint cette grâce.

Un défilé épiphanie qui souffle un vent nouveau sur une mode bombardée aux alentours de multiples propositions. Chez Valentino, l'avantage c'est qu'il n'y en a qu'une, et pas des moindres : laver la tendance à contre-pied d'un minimalisme un peu érodé pour aller plus loin vers un classicisme qui se gorge d'un sang nouveau. D'un rouge sang, d'un rouge Valentino.

Quoi de neuf alors ? Rien, justement, et quel plaisir de s'abreuver de cette même eau. Des robes, et des robes, même pas une proposition jour puisqu'il est important pour Maria Grazia Chuiuri et Pierpaolo Piccioli de n'avoir qu'un message, faire défiler la nuit, un nouveau soir où le volant bien léger, le pli princesse bien placé aux hanches et un plastron bien positionné déterminent une robe parfaite. Et celle-ci se décline sous tous ses principes. Décorée ? De broderies marocaines. Constellée ? De pierres semi-précieuses, de paillettes et autres feux brillants qui font que la robe s'illumine de tous feux. Mais pour que la vie s'allume au-delà d'une mode classique mais radicale, il faut une histoire.

C'est peut-être à un bal Valentino que vont ces créatures, des filles saintes ou pas, dans le château français de Wideville, d'un style Louis XIII, celui du créateur d'origine. Ces filles-là viennent rendre hommage aux origines de cette aventure. Une vision épurée bien qu'opulente fière d'avoir projeté qu'un jour, la couture romaine piquerait la vedette à une certaine idée de la Couture parisienne, une élégance plus brillante, plus simple, moins présomptueuse. Ces robes sont libres d'aucun préjugé, elles sont belles, regardent fixement le passé mais ignorent tous les déboires stylistiques de ces dernières années, jamais trop, jamais rien...

Une idée Couture ainsi faite, même pour le prêt-à-porter de cette saison, peut s'appliquer dès lors à chaque matière : au cuir, à la dentelle de laine ou au crêpe cady, etc. La grâce de ces robes agit en deux temps : un abandon dans un certain décor, des brandebourgs de passementeries, par exemple, aussitôt contrecarrés par une pureté de ton. Les capes au dessin monacal et les plastrons en cuir, de manteaux jacquard à l'aspect martial offrent une leçon de sévérité implacable.

Et si Valentino devenait d'un classicisme presque synthétique, non pas artificiel mais dont l'aura avait quelque chose de futur ? Pour quelques minutes, nous venons d'assister à la promesse d'un beau lendemain de mode. Si celle-ci vient d'une autre planète, on est prêt à prendre la navette avec.

 

Fabrice Paineau

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