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Défilé John Galliano

Défilé John Galliano - L'Estrop Produccions S.L. - Paris Printemps Eté 2011
Défilé John Galliano - L'Estrop Produccions S.L. - Paris Printemps Eté 2011

Muse trompeuse

A la fin des années 1920, une actrice venue d'Europe centrale débarquait à Paris. Elle s'appelait Maria Lani. En deux ans, elle convainquit une cinquantaine de peintres et sculpteurs de réaliser son portrait, au prétexte qu'ils seraient utilisés dans un film fantastique dont le scénario était basé sur l'idée d'une héroïne qu'elle allait incarner et qui prendrait vie à partir de ses représentations inanimées. C'est Jean Cocteau lui-même qui écrivit la préface du catalogue rassemblant les oeuvres qui représentaient Maria Lani (signées Chagall, de Chirico, Rouault, Suzanne Valadon, entre autres) pour l'exposition qui se tint en 1930... Oui mais voilà, Maria Lani n'était pas comédienne, mais simple sténo à Prague ou Varsovie et il n'y avait pas plus de film en vue qu'il n'y avait eu d'actrice. C'est cette muse pas comme les autres et peut-être l'histoire de cette supercherie qui inspire les 30 silhouettes de John Galliano pour sa collection présentée sous son propre nom.

Peu importe l'histoire, Galliano est ici égal à lui-même et ne renie rien de son stylisme baroque sous les ors de l'Opéra Comique, encore accentués par un podium miroir cuivre et une pluie de confettis dorés pour le salut du designer. Si l'on peut remettre en cause la modernité de sa collection, toutes ses propositions en sont néanmoins originales : trenchs d'organza légèrement raccourcis bordés de dentelle de cuir, amples sarouels de tissu lamé ou de brocart japonais, combinaison sarouel en one-shoulder or blanchi bordé de vison beige, lignes à la Poiret pour le soir, volants et ruchés sur jupes et robes-manteaux. Toute la folie Galliano est bien là dans sa savante et extrême extravagance. C'est bien finalement ce qu'on vient admirer ici après avoir vu une collection Dior que le créateur a signée sous des auspices plus dépourvus d'audace. Mais Galliano renouvelle-t-il suffisamment son répertoire pour nous épater à nouveau ? S'intéressera-t-il la saison prochaine à d'autres impostures de femme comme celle d'Elissa Rhaïs qui avait charmé le tout-Paris littéraire dans les années 1930, ou lui préfèrera-t-il une autre muse comme Cléo de Mérode, danseuse contemporaine de Sarah Bernhardt et première égérie des photographes ? La surprise n'est plus au rendez-vous.

Jean Paul Cauvin

 

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