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Corée du Sud : l'inquiétant boom de la chirurgie esthétique

En Corée du Sud, les publicités pour la chirurgie de la mâchoire s'affichent jusque dans les couloirs du métro.
En Corée du Sud, les publicités pour la chirurgie de la mâchoire s'affichent jusque dans les couloirs du métro.

La Corée du Sud est connue pour être un pays leadeur en matière de beauté. Mais bien plus que les cosmétiques, c'est la chirurgie esthétique qui y fait fureur, et notamment les opérations de la mâchoire, de plus en plus nombreuses depuis 4 ans, dans le but d'obtenir un visage fin et gracieux. Entre la standardisation de la beauté et les complications, le constat est plutôt alarmant.

"Tout le monde l'a fait sauf vous". Voilà le genre de messages que les Coréens croisent tous les jours dans les couloirs du métro ou dans les rues de Séoul. Dans ce pays à la pointe dans le domaine des cosmétiques, et à qui l'on doit notamment la BB cream ou le layering, la chirurgie esthétique est devenue de plus en plus abordable, et un passage obligé pour nombre de femmes.

Parmi les interventions les plus plebiscitées, l'opération de la mâchoire. Une opération inventée dans un but médical au départ - corriger les déformations congénitales et soulager les personnes ne pouvant pas mastiquer convenablement en réalignant la mâchoire supérieure et inférieure - qui est aujourd'hui devenu un eldorado pour les chirurgiens esthétiques. En effet, en Asie, l'idéal de beauté sous-entend un menton fin et gracieux. Après le débridage des yeux, c'est le remodelage du bas du visage qui est devenu la norme. Mais il n'a rien d'anodin.

"Cette chirurgie altère l'apparence de façon beaucoup plus importante que le Botox ou la rhinoplastie, car elle change toute la structure osseuse du visage", explique Choi Jin-Young, professeur en dentisterie à la Seoul National University. "Mais c'est une opération très complexe et potentiellement dangereuse... C'est dérangeant de voir des personnes sans véritables défauts dentaires y avoir recours uniquement pour avoir un plus petit et un plus joli visage".

Il n'existe pas de chiffre officiel sur ces interventions, mais une chose est sûre, elles n'ont cessé d'augmenter. Tout comme le nombre de plaintes déposées par les patients sur le bureau de Shin Hyon-Ho, avocat spécialisé dans ces affaires. Incapacité à mâcher correctement ou même à sourire, douleurs chroniques, les complications ont tout de sérieux.

Cas isolé mais représentatif, une jeune femme de 23 ans s'est donné la mort en août dernier. Dans une lettre, elle expliquait sa détresse après son opération, n'étant plus capable de mastiquer les aliments, ni même d'arrêter de pleurer, la faute à une liaison d'un nerf situé dans le conduit lacrymal.

Le problème n'est pas qu'esthétique et est plus profond, tenant à la nature même de la société sud-coréenne, qui donne tant d'importance à la beauté. "C'est une nation soumise à la domination masculine, où les femmes ont besoin d'un cerveau et de la beauté - et souvent plus de leur beauté que de leur cerveau - pour obtenir un travail, se marier ou survivre à tous les aspects de la vie", explique Lim In-Sook, professeure de sociologie à la Korea University.

Que faire face à la nuée de célébrités, payées par les médecins, qui multiplient les discours en faveur de cette opération à la télévision, insistant sur le fait que cela a été un "tournant dans leur carrière", sinon dans leur vie ? Une publicité facile et malheureusement efficace.

On ne peut pas blâmer les gens de vouloir être beau. Mais si cette quête implique d'avoir recours à une opération possiblement dangereuse, et qui, qui plus est, mène à une standardisation de la beauté, il y a un problème. Lim In-Sook n'est pas des plus optimistes sur l'avenir. "La moindre partie du corps devient un sujet pour la chirurgie. Aujourd'hui, c'est la mâchoire, qui sait ce que nous devrons corriger demain".

Catherine Brezeky

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