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Vincent Darré de passage chez Pierre Passebon

L'occasion de développer à travers des objets d'art décoratif : mobilier, tapis, illustrations, la vision très personnelle, flamboyante et enjouée du surréalisme et du cubisme qui a toujours été la sienne.

Un travail initié avec l'exposition "A l'eau Dali" à la maison Darré, en Octobre 2010, suivie par une autre exposition à la fondation Durini pendant le salon du design de Milan en Avril 2012, puis pendant la Frieze Art fair de Londres, au PAD, avec Pierre Passebon, quand le galeriste du passage Véro Dodat lui a proposé de concevoir des pièces de mobilier autour d'un tapis de Calder.

Vincent Darré continue de faire évoluer son imagination sur ces thématiques pour la nouvelle exposition qui s'ouvre demain à la Galerie du Passage, passage Véro Dodat.

Pourquoi ces visions cubistes, futuristes, surréalistes t'enchantent-elles tant ?
C'est une Vision au deuxième, troisième, voire quatrième degré, que j'ai de ces périodes de l'histoire de l'art. Car mon travail s'inspire également de la collection cubiste d'Yves Saint Laurent. Je ne reprend pas les couleurs fauves des cubistes, mais des couleurs de la haute couture pour donner un coté féminin. C'est d'un cubisme revu par la couture qui a quelque chose de très joyeux. Marie Rucki, directrice du studio Berçot, m'a rappelé mes premiers dossiers d'élève. Ce sont exactement les mêmes obsessions. A l'époque déjà, je faisais des trucs complètement dadaïstes et cubistes. Des robes pour une collection en hommage à Oskar Schlemmer du Bauhaus, des nature mortes cubistes peintes à la main sur des blouses de peintre ou encore tout un travail de robes en fil de fer blanc ; technique que j'ai à nouveau exploitée, pour les décors du prochain film d'Arielle Dombasle sur Cocteau.

D'ou viennent les formes particulières de tes conversations ?
L'idée des conversations est partie d'une tête de lit capitonnée de satin rose de l'expo " À l'eau Dali ". En fait, ces têtes sont la découpe des personnages de l'Angélus de Millet, reprises par Dali, et qui furent aussi des formes de cadres qu'il réalisera pour des photos de Horst.

Mais ces conversations sont aussi des meubles que j'avais imaginés bien des années plus tôt, à l'époque ou j'avais le projet de faire la " Maison Darré " ; ces dessins nommés "conversations" représentaient des personnages sur des housses de fauteuils, Pierre Passebon m'a suggéré d'encadrer mes dessins et de les mettre au mur. J'ai donc sorti de mes archives et décidé d'exposer ces dessins de mobilier pour mon premier projet de maison de couture, il y a bien longtemps.

Quels autres meubles présentes-tu ?
Pour la première fois à Paris, j'exposerai aussi des tables modules réalisées autour du tapis de Calder ainsi qu'un paravent de 5 panneaux, proche de celui que j'ai imaginé à l'automne pour une exposition chez Art Curial. Paravent en laque avec ce pourtour baroque à la feuille d'or, inspiré de Cassandre et de Gio Ponti, encadrant les motifs d'un rébus érotique avec des inscriptions qu'on ne lit qu'à moitié, tel un Cadavre Exquis.

Il y aura également trois tapis représentant un violoncelle, une danseuse d'inspiration futuriste dans un jeu de couleurs sombres sur fond noir. Le troisième figure l'architecture à plat, d'un Palais. C'est un trompe l'oeil inspiré de ces graphistes visionnaires que furent Escher et Cassandre.

Cela pourrait devenir une tendance à ton avis ce retour à ce goût surréaliste et cubiste ?
Ce qui me fait plaisir c'est que qu'à l'époque ou j'ai fait a collection " A l'eau Dali ", Salvador Dali n'était pas considéré comme un artiste très évident ; Depuis l'exposition à Beaubourg, tout le monde est unanime pour dire désormais qu'il est une espèce d' Andy Warhol des années 30, ce qui est plutôt juste.

Personnellement je l'ai toujours trouvé génial même fou, jusqu'à la fin, quand tout le monde parle d'un personnage délirant, mais cela révèle un panache extraordinaire ! Dali dépasse le surréalisme et se rapproche d'Andy Warhol avec lequel d'ailleurs il a eu des échanges. Je le trouve moins passéiste que pouvait l'être un Picasso à la fin de sa vie. Non, il est plutôt comme Picabia, dans la Kitscherie. Il s'en fout complètement et c'est cela qui m'amuse. Cette dérision, cet humour sur tout son travail.

Tu exposes La Galerie du Passage et non à la maison Darré ?
A la maison Darré, c'est drôle, mais les proportions font qu'on n'y voit pas grand chose. Dans la galerie de Pierre Passebon, ce mobilier prend une dimension totalement nouvelle et plus luxueuse. Comme au Palais Durini.

Les luminaires de Patrick Hourcade, qui expose en même temps que toi, se combinent-ils avec ton univers ?
Oui, car ils représentent des animaux. C'est drôle ! Certains objets sont mélangés avec les siens, mais il exposera plutôt dans la pièce du fond. J'ai aimé ce mélange, car Patrick Hourcade fait ces luminaires comme des animaux et, dans mes collections, il y a aussi beaucoup d'animaux. Et puis Patrick est un des premiers qui m'a fait travailler au Vogue français du temps de Francine Crescent. J'avais réalisé des décors en papier découpés pour une série de photos en ombres chinoises de Simon Boccanegra.

La revue L'Officiel vient de te proposer d'être curator exceptionnel pour les quatre prochains numéros
C'est dément ! Moi qui regarde tout le temps les anciennes revues de " l'Oeil " données par François Baudot à Irène Silvagni. L'Oeil m'a totalement inspiré pour faire les dossier de presse de la maison Darré ou pour la mise en scène de mon blog : " Vincent Darré Pourquoi. " Justement l'idée de ce blog, c'était comme une revue en hommage à toutes les revues artistiques comme Flair. J'aimerais faire de ces numéros de l'Officiel, des objets extraordinaires en hommage à toutes ces revues qui mélangeaient la mode, la déco, l'art. Je souhaite faire participer tous les amis, y mettre des illustrations des mises en page totalement personnelles.

Ce magazine t'inspire ?
Quand on regarde les premiers numéros de l'Officiel, c'est incroyable ! Ils faisaient travailler Dunand en 1932. Les compositions des couvertures étaient justement cubistes, Ensuite ils ont pris Vertez, puis Gruau.

Comment t'es venue cette proposition ?
Benjamin, Eymere m'a fait cette proposition de façon très touchante, m'expliquant que mon travail comportait un mélange d'excentricité et de références au passé revues au goût l'époque. Il m'a dit que ma manière d'être à Paris représentait beaucoup, que mon personnage reflétait mon gout, qui lui même était totalement parisien. J'étais d'accord.

Propos recueillis par Paquita Paquin

" Vincent Darré de passage " à la Galerie du Passage, du 29 Mars au 20 Avril
Passage Véro Dodat Paris Ier.
Du 27 Mars au 1er Avril au PAD, - Paris Art Design- salon dans le jardin des Tuileries.

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