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Rencontre avec Nathalie Vautier, créatrice engagée d'Ekyog

A l'occasion de l'ouverture de sa nouvelle boutique rue Bonaparte à Paris, Nathalie Vautier, co-fondatrice de la marque Ekyog nous a reçus à quelques heures de l'inauguration. En créant une marque éco-responsable début 2000, la créatrice souhaitait trouver un nouveau mode de production, en accord avec ses convictions. Elle aura finalement montré la voie de la consommation éthique à une nouvelle génération de créateurs. Rencontre.

 

Comment vous est venue l'idée de créer la marque Ekyog?

L'idée nous est venue mon mari et moi alors que nous passions un weekend en Bretagne, en 2003. Tous les deux d'origine bretonne, nous travaillions à Paris, moi pour une marque outdoor et Louis-Marie dans les télécommunications. Mais je faisais le constat que l'industrie pour laquelle je travaillais impactait fortement l'environnement et que la culture du coton était l'une des plus polluantes au monde. A l'époque, personne ne parlait encore du développement durable à part les scientifiques qui commençaient à tirer la sonnette d'alarme sur nos modes de production. On a eu l'envie d'entreprendre et de trouver de nouveaux process industriels pour proposer des produits éthiques. On a cherché à bousculer les règles établies, en partie grâce à nos équipes et nos partenaires. Nous voulions proposer une marque avec un nouveau modèle industriel, porteuse de sens et surtout synonyme de plaisir. Nous ne voulions pas sacrifier la féminité à l'éthique. Pour moi, l'écologie ne rime pas forcément avec contraintes. Aujourd'hui on demande à tout le monde de faire des efforts et souvent, acheter bio est perçu comme une contrainte. On sacrifie l'esthétisme au détriment du responsable. Avec Ekyog, je voulais à la fois me faire plaisir, répondre à une problématique de développement durable et faire des vêtements respectueux de l'environnement mais surtout beaux !

Selon vous, qu'est-ce qui vous différencie des autres marques qui se sont engouffrées dans la tendance équitable ?

Ekyog est véritablement un modèle d'entreprise éco-responsable. On ne veut pas seulement fabriquer des vêtements bio, toutes nos problématiques de production et de décision tournent autour des questions environnementales. Par exemple, toutes nos boutiques et nos bureaux sont construits de façon écologique. On a un nouvel outil dans l'entreprise qui s'appelle l'éco-vêtement. Il calcule l'empreinte carbone de chacun de nos produits. A la fin de l'année, on fait le compte de nos émissions et pour compenser notre " pollution ", on reverse de l'argent à un programme des Nations-Unis. Les notes de frais de nos collaborateurs sont aussi traduites en CO2.

Où produisez-vous vos vêtements ?

Principalement à Madagascar et en Inde. Nous travaillons avec des petits filateurs des matières comme le coton recyclé, l'angora, la soie ou le lin mais aussi avec des français pour le fil recyclé par exemple. La chose importante pour nous c'est la transparence avec le client. On essaie de l'être au maximum. Pour moi faire du bio ne veut pas dire forcément payer plus cher son produit. Le coton bio a un surcoût de 70% par rapport au coton cultivé normalement. Malgré ce prix élevé des matières on essaie de garantir à nos clientes un prix juste qui puisse permettre de rémunérer les petites mains convenablement tout en garantissant au client un produit de grande qualité à un prix abordable. Mais notre but c'est d'être pédagogique sans être moralisateur. On ne dit pas il faut faire comme ça ou d'une telle manière, de toute façon personne n'est parfait. C'est un chemin que l'on fait ensemble avec le client.

Vous avez créé une association (Terre d'Ekyog ndlr) en même temps que la marque, pouvez-nous nous expliquer pourquoi ?

Nous avons pris l'engagement au démarrage de l'entreprise de créer cette association dont nous reversons chaque année 10% de nos bénéfices. 50% du budget est alloué à des budgets environnementaux et 50 % pour des projets sociaux. On mène ses projets dans les pays où nous produisons comme le Madagascar et l'Inde.

Vous faites les déplacements ?

Oui, on y va chaque année pour voir nos fournisseurs sur place et le reste de nos équipes et rendre compte des avancées de l'association. C'est très important pour nous de garder un lien permanent avec le terrain. On s'est rendu compte qu'avec des petits moyens, on pouvait faire de grandes choses. Avec notre association, quand on a la chance de voir installer un puits dans un village, on se dit que l'on n'a pas fait tout ca pour rien. La satisfaction de voir le résultat de nos actions et de nos décisions est énorme. On a aussi ouvert une classe à Madagascar qui permet tous les jours à une vingtaine d'enfants de la rue d'être scolarisés.

Pourquoi avoir appelé la marque Ekyog ?

C'est un nom que nous avons créé de toute pièce, qui rappelle le mot yoga puisqu'au tout début nous étions vendus essentiellement dans les spas. La signature "Mon doux être" c'était pour mettre en avant la douceur des matières et l'ambiance cocon des magasins.

Comment voyez-vous la suite ?

Dans l'immédiat, nous voulons renforcer l'image de la marque, ce qui passe par toujours plus de communication avec nos clients. D'ici septembre, nous allons ouvrir huit boutiques en France. L'objectif n'est pas non plus d'ouvrir 200 boutiques mais plutôt de se positionner sur le marché français. On espère aussi tenter l'aventure de l'étranger d'ici 2011. Notre marque a un fort potentiel mais cela ne s'improvise pas et on compte bien préparer le terrain avant !

 

Propos recueillis par Caroline Lazard

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