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5 raisons de voir The September Issue, le doc sur Anna Wintour

L'imperturbable Anna Wintour a laissé le réalisateur R.J Cutler pénétrer dans la tour d'ivoire de la rédaction du Vogue américain. Le réalisateur a suivi pendant huit mois la prêtresse de la mode et son équipe, pendant la fabrication du numéro de septembre 2007, une bible de 840 pages qui a battu le record des ventes de toute l'histoire du Vogue.

Voici les 5 bonnes raisons d'aller voir The September issue.

 

1) Le diable s'habille en Prada: info ou intox ?
Coupe au carré, lunettes Ray Ban , visage figé : la silhouette fine et impassible d'Anna Wintour a fait le tour du globe depuis qu'elle a été caricaturée à l'excès dans Le diable s'habille en Prada, le best-seller de son ancienne assistante Lauren Weisberger. Si la principale intéressée n'a jamais eu la faiblesse de répondre, elle n'a pour autant jamais manifesté l'envie d'adoucir son image. Au contraire, Anna W. a gardé ses lunettes noires, son casque doré et a laissé courir à son sujet toutes sortes de rumeurs extravagantes. Redoutée et redoutable, son personnage de prêtresse glacée a gagné en puissance, tout en brouillant les pistes et sans reconnaitre le vrai du faux. Du moins, jusqu'à aujourd'hui. En laissant R.J Cutler la suivre durant toute la fabrication du September Issue de 2007, Anna W. a aussi accepté de fissurer son armure et de dévoiler quelques "failles" au grand public. Ne serait-ce que par simple curiosité, il faut aller voir de quoi s'habille vraiment ce "diable".

2) Pour infiltrer les coulisses du Vogue
S'immiscer dans le fleuron de la mode, pénétrer au douzième étage de la tour de Times Square au coeur de New-York, découvrir le bureau de celle qui fait la pluie et le beau temps sur l'industrie de la mode : R.J.Cutler réalise le rêve de toutes les filles qui, chaque mois, se jette sur le Vogue US pour le dévorer de la première à la dernière page, post-it à l'appui. Huit mois de tournage, 300 heures de rush, quelques humiliations et le réalisateur nous fait pénétrer dans les coulisses de la bible de mode. Il suit dans les couloirs les rédactrices de mode et leurs portants chargés d'étoffes de marque, assiste aux prestigieux shootings de Grace Coddington, s'introduit dans les conférences de rédactions et parvient à décrocher deux entretiens avec l'inaccessible Wintour. Le réalisateur suit les rédactrices pendant les fashion week, colle Anna W. jusque dans ses rendez-vous avec Mario Testino et Oscar de la Renta . Il croque l'esprit, l'ambiance du magazine, fait des membres de l'équipe de vrais personnages et suit step by step la construction du numéro de septembre 2007, le plus important de l'année.

3) Pour découvrir l'autre visage d'Anna Wintour
Au vue des deux scènes en tête à tête qu'il a réussi à obtenir avec Anna Wintour, on peut aisément affirmer que R.J Culter excelle dans l'art du documentaire. Il parvient à décrocher quelques aveux déguisés de la rédactrice en chef qui dévoile son autre visage, celui d'une femme et mère célibataire, à la personnalité bien plus complexe que sa grossière caricature. Car les seuls moments où Anna W. semble baisser la garde c'est quand elle parle de sa famille et de ses enfants. Elle ne peut s'empêcher d'esquisser un sourire empreint de déception quand sa fille Bee Schaffer affirme ne jamais vouloir travailler dans la mode et assène : "Étrange que tant de gens en fassent leur obsession." L'émotion pointe quand l'imperturbable rédactrice confie que son métier, loin d'impressionner sa famille d'intellectuels anglais, amuserait plutôt ses frères et soeurs qui occupent des postes de journaliste politique et de haut fonctionnaire. On devine alors sa sensibilité et sa solitude, pudique.

4) Pour comprendre son influence
Pour ceux qui en doutaient encore, l'influence de la prêtresse Anna Wintour dans le milieu de la mode se confirme devant la caméra de R.J. Cutler. Une influence qui pèse quelques milliards de dollars dans la balance de l'économie mondiale du luxe. Car loin de se limer les ongles en dissertant sur la couleur ou la coupe d'une robe griffée, la rédactrice en chef dirige une entreprise, un magazine qui tire à 1,2 million d'exemplaires par mois et qui doit affronter la féroce concurrence du monde de la mode. Et quand elle rend visite à Stefano Pilati dans les bureaux d'Yves Saint-Laurent, Anna W. affiche ostensiblement sa déception devant la nouvelle collection, demande où sont les robes de soirées, les couleurs, regarde dans le vide et fige son visage dans une moue hautaine. Il est à la fois effrayant et gênant de voir un Stefano Pilati humilié, bafouiller et s'expliquer en vain, comme un enfant rentrant de l'école avec un zéro en dictée. Une scène qui donne un petit aperçu de la complexité des relations entre les différents protagonistes de la mode, du jeu d'influences qui se trame sous les pages de papier glacé et qui laisse deviner la mince frontière entre l'info et le communiqué.

5) Pour faire la connaissance de Grace Coddington
Mais la véritable surprise et découverte du film se nomme Grace Coddington. Bien plus qu'Anna Wintour, la directrice de la création du magazine se confie au réalisateur, tant et si bien qu'elle devient la véritable révélation du documentaire. Celle qui se montre de prime abord assez exécrable avec R.J. Cutler, se laisse apprivoiser par les caméras jusqu'à créer une vraie complicité avec l'équipe de tournage et la faire participer à un shooting. Ancienne mannequin, la douce et diaphane Grace Coddington a commencé comme rédactrice de mode en 1968, avant d'entrer au Vogue américain comme directrice de la mode. Elle travaille avec Anna Wintour depuis plus de vingt ans et si les deux femmes se vouent un grand respect professionnel, elles entretiennent aussi une relation qui frôle le sadomasochisme. Alors que Grace tente d'imposer quelques pièces noires dans ses séries de mode, Anna ne tolère que la couleur et balaie d'un clignement de cils toute proposition contraire à ses attentes. La styliste rumine alors son agacement dans les couloirs de la rédaction et ne manque pas d'afficher son irritation quand elle voit la moitié de ses pages supprimées à une semaine du bouclage. Attachante, piquante, douée et dévouée, Grace s'impose dans le documentaire comme celle qui finalement nous en apprend le plus sur la personnalité d'Anna Wintour.


Marie Varroud-Vial

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