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Violences conjugales : pour aider les femmes, il faut comprendre l'emprise

Chaque année en France, 216 000 femmes sont victimes de violences conjugales. Pour les aider, il faut comprendre l'emprise qu'ont sur elles leurs compagnons.
Chaque année en France, 216 000 femmes sont victimes de violences conjugales. Pour les aider, il faut comprendre l'emprise qu'ont sur elles leurs compagnons.

Alors que France 2 consacre une soirée spéciale aux violences au sein du couple, il convient de revenir sur ces 216 000 femmes victimes chaque année de harcèlement, d'humiliations et de coups. Et sur le mécanisme de l'emprise qui les empêche de s'enfuir.

"Une femme qui est enfermée, qui est sous emprise, ne part pas, ne peut pas partir." Ces mots, extraits du nouveau numéro de l'émission "Dans les yeux d'Olivier", diffusée ce soir sur France 2, disent bien la difficulté pour les femmes de se sortir des violences conjugales.

La chaîne du service public consacre une soirée à ces faits divers qui jonchent les journaux et surviennent parfois dans notre entourage, voire dans notre propre vie. Chaque année, 216 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont concernées (source INSEE-ONDRP). Parmi elles, seulement 16% osent porter plainte contre leur agresseur.

Pourquoi est-ce si compliqué de dire non, de fuir un foyer violent ? Pour toute personne rationnelle, la question semble insondable. Et pourtant, la psychologie explique bien ce phénomène. C'est l'emprise exercée par le conjoint qui pousse la femme à se recroqueviller sur elle-même et qui l'empêche de verbaliser sa souffrance.

Honte et isolement

Le téléfilm "C'est pas de l'amour", diffusé ce soir à 20h55 sur France 2, montre bien l'enfermement dans lequel vit une femme battue. Dans cette fiction, la comédienne Déborah François peine à convaincre sa voisine, interprétée par Marie Guillard, de quitter son compagnon violent.

"Dans le couple, s'il est difficile de se libérer d'une relation abusive, c'est parce que les femmes ne se rendent pas compte des premiers signes de violence", écrit la psychiatre et psychanalyste Marie-France Hirigoyen sur son site.

"Elles doutent d'autant plus de leur ressenti que les procédés de violence psychologique constituent un véritable lavage de cerveau qui les rend obéissantes et soumises. Elles sont isolées, contrôlées, elles ont peur et sont rendues dépendantes économiquement et psychologiquement."

Sur la plateforme mise en place par France TV, les témoignages de femmes ayant souffert ou souffrant toujours de violences conjugales font tous état de la culpabilité et de la peur ressenties.

"Je suis encore en plein milieu de cette relation et je ne sais pas comment m'en sortir", confie anonymement une femme, sous la coupe de son compagnon. "Il a toujours manqué énormément de confiance en lui et donc, de confiance en moi. Petit à petit, il m'a demandé de rompre contact avec tous mes amis, ''temporairement'', le temps qu'il se sente bien. Ensuite, il m'a vendu ça comme les ''bases fondamentales'' de notre relation. Je n'ai plus de liberté. Mon emploi du temps doit toujours l'inclure, y compris mes trajets pour aller travailler, sinon c'est la crise assurée. Dès la moindre contrariété, il me crie dessus et m'insulte. Ensuite il commence à me frapper. Je me retrouve souvent avec des bleus monstrueux. La dernière fois, j'ai eu une bosse énorme au niveau du front. Je me vois le supplier de me tuer, pour mettre fin à tout ça."

Coupées de leur famille et de leur entourage, les femmes victimes d'un homme violent subissent, en plus des coups, humiliations et dénigrement. De quoi perdre confiance en soi et nourrir un sentiment de culpabilité. Certaines trouvent enfin la force de partir pour protéger leurs enfants, des coups ou d'un placement par les services sociaux. D'autres ont pu compter sur un ou des proches à l'écoute.

Un point noir pour appeler à l'aide

Mais comment verbaliser sa souffrance quand on a appris à tout supporter, à s'oublier ? Une Britannique a eu une idée pour appeler au secours. Préférant garder son identité secrète, elle a lancé la "black dot campaign".

"J'étais dans une relation abusive pendant cinq ans et je n'en suis sortie que quand j'ai été gravement agressée par mon ex et le père de mes enfants, au point de craindre pour ma vie. Je ne veux pas que d'autres femmes en arrivent là - ou au-delà. J'avais souvent l'opportunité d'en parler à quelqu'un mais je ne l'ai jamais fait. J'ai répété mille fois ce que j'allais dire dans ma tête, mais les mots ne sortaient jamais."

D'où son idée de dessiner un point noir sur la paume de sa main. Facile à faire disparaître - pour ne pas se faire repérer - ce symbole, déjà aperçu sur les réseaux sociaux, et un signal d'alarme à exposer à un proche. Ainsi, ce dernier est alerté de la situation de danger dans laquelle la femme se trouve et peut alerter les autorités.

Reste à améliorer le traitement de cette question par le personnel de police et par la justice. Car trop souvent, les femmes sont condamnées à fuir et à se cacher de leur ex-compagnon, leurs plaintes n'étant pas toujours suivies de condamnations. "Les femmes battues sont au rang des accusés et souvent nous subissons de perdre nos enfants au profit de ces grands manipulateurs !", tance une certaine Najat, une victime parmi tant d'autres de ces abus.

A voir ce soir, "C'est pas de l'amour" à 20h55, puis "Dans les yeux d'Olivier" à 22h25 sur France 2. Pour obtenir des informations et de l'aide, contactez le 3919 (numéro d'écoute anonyme et gratuit) ou dirigez-vous sur le site stop-violences-femmes-gouv.fr.

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