Accueil
Mode
Accessoires
Chaussure
Lingerie
Maillot de bain
Morpho
Street Style
Fashion week
Sélection
Beauté
Maquillage
Manucure
Soins
Bien-être
Coiffure
Vernis
Rouge à lèvres
Frange
Balayage
Lissage
Brushing
Coloration
Coiffure afro
Tous les dossiers
Joaillerie
Horlogerie
Mariage
Coiffure de mariage
Maquillage de mariage
Célébrités
1 Star, 1 Style
Copier le look !
Match de look

Un petit boulot : une comédie mêlant critique sociale et humour noir

4 photos
Lancer le diaporama

Adaptation d'un livre américain, "Un petit boulot" réussit la gageure d'être une comédie alors que son sujet et le contexte de l'histoire ne sont pas propices à l'humour. Fatalement, réussir cet amalgame, c'est réussir le film...

On connaît toute la difficulté de faire rire avec des sujets graves. C'est un vrai exercice qui demande doigté et précision. Dans "Un petit boulot", on parle de chômage, de situations économiques graves, de précarité, de pauvreté puis finalement de meurtres... Et pourtant, à aucun moment, on ne tombe pas le pathos, bien au contraire. La présence lumineuse de Romain Duris y est sans doute pour quelque chose. Son charisme, son physique, sa gouaille et son sourire font qu'on a de l'empathie pour ce tueur amateur qui descend des gens pour survivre, le tout avec une certaine éthique, il faut bien le reconnaître. Dans la position du clown blanc si on peut dire, Michel Blanc, dans un rôle sur-mesure de baron du crime local qu'on arrive lui aussi à trouver sympathique avec ses magouilles et ses dossiers sur tout le monde.

Une résonance politique forte

Tout le talent de Pascal Chaumeil, réalisateur de l'"Arnacoeur", décédé avant d'avoir pu voir "Un petit boulot" terminé est là : un subtil dosage entre humour et réalisme social, entre comédie et drame. Le film est avant tout l'histoire de Jacques (Romain Duris) habitant d'une petite ville du nord de la France dont tous les habitants ont été mis sur la paille suite à un licenciement boursier. L'usine a fermé, sa copine est partie et les dettes s'accumulent. Alors quand le bookmaker mafieux du coin lui propose de tuer sa femme, Jacques accepte... Mais derrière cette trame comique, c'est tout un pan de la situation économique qui est dénoncée : les licenciements brutaux, le chômage de masse et de longue durée, la précarité, la misère. Nier cet aspect du film serait réducteur même si Jacques, par son absence presque totale de scrupule et une certaine naïveté, se lance à corps perdu dans le métier. "Il a le don" comme l'explique Michel Blanc, et ça, ça ne se discute pas...

Un sujet grave traité avec humour

De plus en plus pro, Jacques exécute les contrats et engrange peu à peu de quoi sortir la tête de l'eau. Et comme en parallèle, il retrouve du travail, il doit gérer son double emploi du temps avec délicatesse. On le sent juste et honnête mais en même temps totalement investit, un aspect du personnage que le réalisateur savait pouvoir retrouver chez Romain Duris comme il l'a expliqué dans une interview : "Son énergie physique et la tension permanente qu'il amène dans le cadre aimantent la caméra. Et puis Romain possède un incroyable sens comique, une sincérité et un mystère qui convenaient à Jacques : on ne le cerne jamais complètement. Or, Jacques devait, jusqu'au bout, nous intriguer". De ce point de vue, c'est une réussite, comme l'est aussi l'adaptation de Michel Blanc, scénariste et dialoguiste, d'un livre américain du même titre d'Iain Levinson. Sa force est d'avoir réussi à le transposer chez nous tout en en gardant la force comique. Au final, "Un petit boulot" réunit plusieurs ingrédients : force des personnages, force comique et consistance sociale, qui en font une réussite évidente.

Grégory Curot

À ne pas rater