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Tu ne seras pas gay, sur Arte : comment être homosexuel et croyant ?

Le documentaire "Tu ne seras pas gay", ce soir sur Arte , s'interroge sur le rapport des religions à l'homosexualité en 2015. Comment être croyant quand on est exclu par sa communauté religieuse ?

La position des communautés religieuses vis-à-vis de l'homosexualité est souvent réfractaire et implacable. Péché ou "déviance", elle n'a généralement pas le droit de cité au sein des églises, mosquées et autre temples. Et pourtant, certains n'ont pas pour autant renoncé à leur foi. Comment, alors qu'on est rejeté pour sa sexualité, pratiquer son culte ? Arte donne des pistes à travers le témoignage de rabbins, imams et prêtres, engagés pour une lecture tolérante des textes sacrés.

Homosexuel, arabe, musulman et séropositif, Ludovic-Mohamed Zahed cumule des étiquettes qui ne font généralement pas bon ménage. A trente-huit ans, il est aussi l'imam de la première mosquée inclusive (gay friendly) de la capitale. Installée à la Goutte d'Or, la salle de prière accueille tous les croyants, hétéros comme gays.

Son crédo : l'islam et l'homosexualité ne sont pas incompatibles. "Les musulmans homosexuels ne doivent pas se sentir honteux", a-t-il martelé à Libération. "L'homosexualité n'est condamnée nulle part, ni dans le Coran, ni dans la Sunna. Si le prophète Mahomet était vivant, il marierait des couples homosexuels."

Une position qui, forcément, ne plaît pas à tout le monde. Ludovic-Mohamed Zahed ne compte plus les lettres de menaces à son encontre. Mais pour ce doctorant en anthropologie, auteur d'une thèse sur "les minorités sexuelles à l'avant-garde des mutations du rapport à l'islam de France", pas question de faire taire sa voix.

"Une minorité de musulmans veut imposer son point de vue de manière fasciste, ils diffusent l'idée fausse selon laquelle l'homosexualité est illicite dans l'Islam et punie par le Coran. Comme ils crient plus fort que les autres, les non-croyants finissent par considérer l'Islam comme une religion intolérante et incompatible avec l'homosexualité..."

Être gay et croyant, la croix et la bannière

Donner la parole à des représentants des religions militant pour plus de tolérance, tel est l'objet du documentaire "Tu ne seras pas gay", diffusé ce soir sur Arte. Marco Giacopuzzi est allé à la rencontre de ceux qui, au sein de leur communauté, appellent à une interprétation des textes religieux dans le sens de la tolérance.

Il a ainsi croisé la route de Ludovic-Mohamed Zahed, mais aussi celle de Jacques Gaillot, ancien évêque d'Evreux, qui à 79 ans, continue de signer des textes gay friendly. Dès février 1989, il écrivait dans l'hebdomadaire Gai Pied un article sur "Etre homosexuel et catholique".

Car on pense souvent l'homosexualité comme s'opposant fondamentalement à la religion, considérée comme rigoriste et moralisante. Mais nombreux sont ceux pour qui la foi demeure ancrée, qu'importe leur sexualité. Comment, alors, s'intégrer au sein d'une communauté religieuse qui opte souvent pour une position excluante vis-à-vis des gays et lesbiennes ?

Avec un pape plus ouvert sur la question, le catholicisme évolue à pas lents. Jacques Gaillot, lui, signait en avril 2013 un papier engagé dans lequel il écrivait que l'adoption du mariage pour tous "sera un événement qui fera date dans l'histoire de notre pays et une avancée démocratique considérable, comme le fut l'abolition de la peine de mort au siècle dernier."

Réinventer des espaces de foi

L'enjeu, pour les homosexuel(le)s : trouver leur place au sein de leur église, mosquée, temple. Un défi, à l'heure où les religions peinent à faire avancer la réflexion sur ces thématiques (et ce malgré les quantités d'études scientifiques qui soulignent qu'être gay n'est pas un choix).

Certains n'ont pas attendu que leur clergé les adoube et ont créé leur propre rassemblement. C'est le cas, en Allemagne, de Jalda Rebling, une femme rabbin à la tête d'une congrégation juive, "Ohel Hachidusch", à Berlin. Maman de trois garçons et compagne d'Anna Adam, elle n'a rien caché de son homosexualité et exerce ses responsabilités de guide spirituel en dépit des critiques.

On l'aura compris, pour bouger les lignes, le mouvement doit partir de l'intérieur. Pour qu'hétéros et homos puissent être considérés comme des croyants égaux, quelque que soit leur orientation sexuelle.

"Tu ne seras pas gay", un documentaire à découvrir ce soir à partir de 21h50 sur Arte.

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