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Sombreros, Mariachis et Zapotèques chez Jean Paul Gaultier

Défilé Haute Couture Printemps-Eté 2010

Sombreros, Mariachis et Zapotèques chez Jean Paul Gaultier

 

Comment réussir une collection de Haute Couture aujourd'hui ? C'est la quadrature du cercle qu'ont dû résoudre, avec plus ou moins de bonheur, les grands noms du luxe parisien. Jean-Paul Gaultier y a apporté sa brillante réponse pour l'été 2010 le dernier jour du calendrier de la discipline, avec un défilé joyeux, haut en couleurs, réconciliant hier avec aujourd'hui, pour présenter une collection homogène, bourrée de détails et d'idées mais aussi légère qu'un alizé du Golfe du Mexique.

Le créateur a démontré une fois de plus que lorsqu'elle s'assume, la Haute Couture garde sa pertinence et peut se permettre toutes les fantaisies, surtout lorsqu'elle est doublée de la main incroyable des ateliers de la Maison Gaultier Paris. Dès l'accueil, tout était aérien : Suzy Menkes devisait avec Dita von Teese et, en véritable fan de l'égérie de charme, la très respectée critique du International Herald Tribune, prit même quelques clichés "perso" de la belle en sortant de sa poche un appareil photo jetable, prouvant que pour les images, l'amie Suzy en était restée à l'analogique.

Même Anna Wintour s'assit, pour une fois, débarrassée de ses lunettes de soleil... On comprit plus tard que c'était pour ne pas offusquer l'étiquette de Christian Estrosi, Ministre de l'Industrie, venu saluer sa conseillère mode d'Outre-Atlantique, en compagnie d'Elisabeth Quin, même si leur point presse commun avec la rédactrice-en-chef du Vogue U.S, avait été annulé la veille.

Cette grand-messe du tout mode eût vite des allures de célébration de Tintin au Temple du Soleil, alors que sur l'écran servant de fond au podium était projetée une vidéo complète d'éclipse de lune.

Sur sa piste de Xapatan, Gaultier s'est comporté en véritable chaman. Tous ses codes rituels étaient présents, dans un mix enlevé. Les premiers numéros découpaient dans le denim une veste corset ou un pantalon de gaucho à fente latérale et gros boutons argent. Les sombreros brodés de fils, de plumes, de sequins dans des couleurs à la Frieda Kahlo, confirmaient : on était bien à Mexico, comme le vocalisait simultanément Luis Mariano. Sa voisine péruvienne, Yma Sumac est aussi venue charmer les oreilles de l'assistance dans la bande-son réalisée par l'équipe de Mode-F.

Sur le podium, dans la partie indienne de la collection, le couturier fit merveille sur merveille : en s'inspirant des feuilles de palmiers mexicains, Gaultier déploie des trésors de virtuosité, en imitant les formes, en les intégrant à l'organdi, en les convoquant dans des imprimés, en nattant du cuir vert comme les Indiens en tressent les feuilles des paniers, en fichant une branche bien végétale dans les coiffures des mannequins.

Arielle Dombasle, baroque à souhait, pût alors entonner dans un playback très professionnel, tandis que la lune réapparaissait progressivement, "Cucurucu, Paloma". Portant un long jupon de tulle de soie orange vif savamment appliqué de rubans assortis au bustier fabuleusement rebrodé de corail, Arielle, est redevenue la plus Mexicaine des Parisiennes, Caramba !

 

Jean Paul Cauvin

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