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Skinny Shaming décomplexé : témoignage d'une "maigre" qui en a marre

Le skinny shaming décomplexé fait rage : les maigres sont dévalorisées et elles en ont marre !
Le skinny shaming décomplexé fait rage : les maigres sont dévalorisées et elles en ont marre !

S’il est socialement inconvenant de faire remarquer "la grosse dame, là-bas", on parle ouvertement du "fil de fer de la cour de récré", de "la grande asperge de l’open-space d’à-côté". Parce qu’on se moque différemment et plus facilement de la maigreur, une jeune femme à la silhouette naturellement filiforme depuis l’enfance témoigne pour nous donner son point de vue sur le skinny shaming. 

Il y a quelques mois, la dénonciation du fat shaming faisait les gros titres sur le web. Stigmatiser les gens parce qu'ils sont gros, c'est mal, bête, méchant. Les victimes des moqueries ont pu le dire haut et fort : ras le bol de s'entendre traiter de boudin. Si on est en surpoids, ce n'est pas obligatoirement parce que l'on passe sa vie affalé sur un canapé à bouloter des chips. Grâce à ce type d'initiative collective, les mentalités changent peu à peu. Etre gros n'est pas une tare ni un motif pour être la risée des gens dits "normaux".

Delphine, Nancéenne de 28 ans, a envie de pousser un coup de gueule. Si on fait attention à ne pas froisser les personnes en surpoids, on se moque bien des personnes très minces : le skinny shaming est complètement admis dans la société. "Les gens ne comprennent pas que dire à une femme qu'elle est maigre c'est aussi blessant que de dire à une femme qu'elle est grosse" explique Delphine, regrettant que l'on ne soit habitué à prendre des pincettes que dans certains cas : "On va dire d'une personne en surpoids qu'elle est pulpeuse, ronde, un peu forte... En revanche, dire qu'une femme est maigre alors qu'on pourrait dire 'mince', 'menue', cela ne choque personne !" ajoute-t-elle.

Anorexique n'est pas une insulte

Pour elle, les moqueries sur sa silhouette très fine ont toujours fait partie de son quotidien. "Étant ado, je me souviens qu'on me disait que j'étais anorexique. Cela me touchait beaucoup sachant que les personnes atteintes de cette maladie sont dans une grande souffrance. Moi j'étais très mince mais en bonne santé, rien à voir avec un trouble mental !" souligne la jeune femme.

C'est justement là que l'on se rend compte de l'absurdité des moqueries vis-à-vis des personnes très minces."Anorexique" est utilisé comme une insulte alors que c'est une maladie. Qui aurait l'idée de traiter quelqu'un de cancéreux ? Surtout qu'avec un peu de jugeote, on réalise qu'une personne peut être justement très amaigrie à cause d'un cancer. Une extrême minceur n'est pas volontaire.

La minceur en objectif inavoué

Dans notre société, la minceur a été érigée en modèle par les publicitaires, la presse, la mode... Au point d'en faire un objectif souvent inavoué. Les personnes qui ne se battent pas particulièrement pour être mince et le sont naturellement sont donc moquées par celles qui se donnent du mal pour garder la ligne. "J'ai beau manger gras, en grosse quantité, je ne prends pas de poids. Et quand j'ai le malheur de dire qu'il est aussi difficile de prendre du poids que d'en perdre, on me fusille du regard, on me rit au nez ou alors on essaie de me faire comprendre que ce n'est pas pareil. C'est comme si être mince était une maladie ou que grossir était une fatalité" s'étonne Delphine.

C'est à croire que les moqueurs sont agressés par la vision d'un corps svelte, comme s'il les renvoyait à leur propre difficulté à mincir.

Le skinny shaming qui révolte (encore trop) peu

Delphine n'est d'ailleurs pas la seule à s'être déjà sentie stigmatisée pour sa minceur. Sur la Toile, les cas de skinny shaming existent et mènent les filles menues à se dévaloriser. "Les vraies femmes ont des rondeurs", "une femme avec des seins et des fesses, voilà ce que veulent les hommes"... Les idées reçues sont nombreuses et sont tout à fait acceptées par la société parce qu'elles rassurent une majorité aux dépens d'une minorité souvent silencieuse.

Certaines pop stars vont jusqu'à parler de "skinny bitches" (pétasses de maigres, ndlr) dans leurs chansons comme Nicki Minaj ou la jeune Meghan Trainor. Tout le monde n'a pas la possibilité physiologique d'avoir un popotin XXL et un décolleté généreux. Est-ce bien la peine de se faire insulter pour ça ? Delphine dit non. Et nous aussi.

 

Amélie Wolf

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