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Saint Laurent par Gaspard Ulliel : "Il n'y a jamais eu d'état schizophrénique"

Le réalisateur Bertrand Bonello a choisi Gaspard Ulliel pour interpréter Yves Saint Laurent, l'un des plus grands couturiers de tous les temps. 1967-1976, le film s'arrête sur une décennie forte, celle de sa collection "Libération" qui fera scandale, celle de son défilé "Ballet russe" sous inspiration orientale qui couronne ce génie du vêtement qui a, à jamais, changé la garde-robe des femmes.

Un rôle de poids pour Gaspard Ulliel, 29 ans, qui évoque avec beaucoup de justesse ce personnage hors du commun. Rencontre au Hyatt Regency Paris Etoile, hôtel parisien qui a par ailleurs servi de décor à "Saint Laurent". 



Comment se sent-on dans la peau d'Yves Saint Laurent ?

C'est toujours un peu délicat de réagir à des questions sur Saint Laurent. Ce qui est important, c'est de recadrer ce travail au sein d'une oeuvre qui reste grandement fictionnelle même si on s'inspire à chaque fois d'un élément réel. C'était un travail d'appropriation, d'évocation. Le Saint Laurent que j'ai connu intimement n'est pas forcément le vrai Saint Laurent. En tout cas dans ce "Saint Laurent" c'est un personnage extrêmement séduisant car il a toute cette richesse, cette complexité, ses paradoxes. J'aime d'ailleurs utiliser cette idée d'"homme gigogne". Dans mon de travail de construction du personnage, plus je grattais, plus je découvrais les multiples facettes de cet homme.

Comment rentre-t-on dans la peau de Saint Laurent ?

Il y a eu une volonté de jouer sur la voix pour retrouver ses intonations qui étaient assez singulières. C'est quelque chose qu'on a identifié comme un travail nécessaire avec Bertrand Bonello. C'est important dans la mémoire collective. Yves Saint Laurent avait cette sorte de fragilité qui n'était pas vraiment de la féminité, plutôt une sorte de fausse timidité dans la voix... Mais je n'ai jamais essayé de l'analyser au point de retrouver les mêmes rythmes, les mêmes inflexions. Je l'ai énormément écouté et j'ai voulu laisser infuser cette voix pour qu'elle imprègne mon oreille sur le long terme, pour qu'elle ressorte de manière sincère, spontanée, naturelle. En rentrant dans un travail d'imitation, je me serai bloqué, j'aurais bloqué mes émotions et ça aurait été une vraie contrainte de tenir cette voix pendant toute la durée du tournage.

Est-ce difficile de sortir d'un rôle aussi puissant ?

C'est la première fois que je m'investis autant dans un personnage, que je vais aussi loin et que je le garde en moi aussi longtemps. J'ai été choisi très en amont, le tournage a été reporté deux fois, ça nous a laissé beaucoup de temps... J'ai eu l'impression de l'avoir en moi assez longtemps. Il y forcément quelques stigmates. Après ce sont davantage les autres qui voient les "restes". On m'a fait quelques réflexions après le tournage : "Tiens c'est marrant tu as encore quelque chose de Saint Laurent". Je ne m'en rends pas forcément compte. En tout cas, il n'y a jamais eu cet état quasi schizophrénique que certains acteurs peuvent avoir après un film. Pendant le tournage oui. Sur un rôle aussi exigeant, un acteur a tout intérêt à rester dans son personnage 24h/24.

C'était la deuxième fois qu'on vous proposait le rôle. Ce qui explique peut-être aussi cet énorme investissement ?

Oui forcément, j'étais un peu plus excité qu'un autre. Il y avait cette mini frustration qui était toujours là. Mais quand j'y pense, heureusement que ça s'est fait comme ça parce qu'à l'époque, quand Gus Van Sant m'avait évoqué ce projet, si ça c'était fait, je pense que je serai passé totalement à côté du personnage. Je n'avais pas le vécu et la maturité nécessaire.

"Saint Laurent" de Bertrand Bonello
En salles le 24 septembre 2014

Propos recueillis par Chloé de Trogoff

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