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Saint Laurent le prodige vu par Jérémie Renier, Amira Casar, Aymeline Valade

"Saint Laurent" de Betrand Bonello a été officiellement présenté à Cannes samedi 17 mai 2014. Une sublime montée des marches pour un casting 5 étoiles... Puretrend a justement rencontré trois des acteurs.

Jérémie Renier incarne Pierre Bergé, Amira Casar interprète Anne-Marie Munoz et Aymeline Valade joue Betty Catroux. Trois personnages confidents du célèbre styliste Yves Saint Laurent qui lui auront redonné vie dans le biopic "Saint Laurent" signé Bertrand Bonello. Puretrend a rencontré ces trois acteurs.

Jouer dans un biopic est une chose difficile, mais a-t-on encore plus de pression quand on joue une personne encore en vie ?

Amira Casar : Oh oui moi je trouve vraiment !

Aymeline Valade : Oui, merci de poser la question, c'est vrai.

Amira : Personnellement je pense que quand on joue une personne qui a vécu, même s'il n'est plus là d'ailleurs, on rentre dans une sorte d'empathie. Oui, forcément il y a une responsabilité envers cette personne si elle est toujours là, mais aussi envers la famille, les enfants, même les ondes de la personne si elle n'est plus là. C'était vraiment une histoire émouvante, ça réveille quelque chose de fragile. On a quelque part l'impression de convoquer les âmes de ces gens pour qu'ils viennent nous aider. C'est une invitation au voyage.

Aymeline vous passez du mannequinat au cinéma, comment s'est passée cette expérience ?

Aymeline : C'est vraiment différent. Il y a pas un monde qui est plus intéressant que l'autre. Je vois ça comme une belle continuité car pour moi le mannequinat c'est le cinéma sans la parole. Pour moi ce n'est pas un changement radical, c'est deux choses différentes qui ne sont pas tout à fait identiques mais qui sont complémentaires.

Amira : C'est drôle parce que quand j'ai rencontré Aymeline c'était en Ecosse (ndlr : On entend pendant l'interview au loin une musique écossaise), ce qu'on entend là c'est un signe c'est dingue. Elle est venue me parler d'une façon très spontanée et comme Bertrand me disait "Je cherche quelqu'un pour jouer Betty, le lendemain je l'ai appelé et j'ai dis "Je crois que j'ai une super idée".

Aymeline : Oui, j'étais venue pour te dire que j'étais fasciné par ta beauté je me souviens !

Amira : on s'est vite bien entendues et j'ai trouvé qu'Aymeline était spontanée et habitée. Pour moi c'était incroyable parce que trouver Betty Catroux c'était vraiment pas évident.

Jérémie, on sait que Pierre Bergé n'a pas donné son "aval" pour cette version du film, avez-vous eu plus de pression là dessus ?

Jérémie : Non pas spécialement, on ne s'est pas vraiment posé la question en plus. C'est vrai que si on se pose la question ça peut faire peur mais c'était plutôt de l'ordre du film. Moi je ne me suis pas senti visé tout de suite même si je pourrais me demander "Mon dieu qu'est-ce-que Pierre Bergé va penser de l'interprétation que je vais faire de lui ?". Maintenant je n'ai pas l'impression du tout que l'on dessert le personnage, rien n'est tiré vers quelque chose de trop dur. C'est un homme intelligent, qui a ses affaires, qui a un homme qu'il aime et qui est compliqué, lui à ses propres complications et voilà, rien de plus. Après je ne sais pas quel regard il aura là-dessus c'est vrai.

Une création de Saint Laurent vous a-t-elle particulièrement marqués ?

Jérémie : Moi j'aimais beaucoup les costards. Le premier costard qu'il a fait pour femme je trouvais ça sublime. C'était révolutionnaire... Et l'idée de dire "Tiens je vais mettre un costard à une cette femme" tout en arrivant a garder cette importante part de féminité c'était impressionnant. Pour moi Saint Laurent c'est ça, c'est le costard féminin.

Amira : Moi j'adore quand Saint Laurent disait "J'habille la maîtresse et pas la femme". Il y a toujours cette idée dans la mode de Saint Laurent qu'il y a quelque chose de dangereux, d'envoûtant, de baudelairien, de noir, d'opaque et de transparent. Les matières velours, les capes de Marrakech... Moi honnêtement j'adore les capes parce que j'étais dans une école où il fallait porter des capes mais bon... on ne vous dit pas ce qu'on portait en dessous ! (rires) J'aime cette austérité qui est mélangée à une telle sensualité et j'aime toutes ses collections. J'adore ce côté femme un peu dark.

Aymeline : Ma réponse va peut être paraître bizarre mais de toutes ses créations c'est son auto-portrait qui m'a le plus touchée. C'est ce qui le représente le mieux. Ce côté mis à nu et brut, authentique. Il ne passe pas par 15 000 chemins pour dire une chose. En terme de création il savait où il allait, ce qu'il voulait et ce qu'il faisait. Evidemment, il avait des doutes comme nous tous mais il est assez brut.

Saint Laurent dit dans le film que "la mode aujourd'hui n'est plus ce qu'elle était avant". Qu'en pensez-vous ?

Aymeline : Je dois admettre que ça manque de poésie aujourd'hui. C'est trop du consumérisme et de la production de masse sans finalité. Aujourd'hui dans les finitions tout est un peu made in China même si c'est designé par un tel ou par un tel quand on les a en main et qu'on les pose sur soi ça ne donne pas la même sensation que ce qui se faisait il y a certaines années. Après on retrouve certains designers comme Céline qui parviennent à rester irréprochable. Quand on porte un manteau Céline on a des frissons par exemple. C'est ça qui est vibrant dans la mode à la base : c'est rentrer dans un vêtement et c'est lui qui nous transforme.

Amira : Saint Laurent a fait une chose révolutionnaire : il est le premier a avoir fait rentrer l'émotion dans la mode en disant à toutes les femmes qu'il sera toujours là, pour toutes les femmes, celles qui ne s'aiment pas ou autre. Et en même temps il donne le moyen à chaque femme quelque soit son niveau social de s'habiller en Saint Laurent. Il va faire du prisonnier, il va faire Rive Gauche, qui est à la fois dans la couture et la garde-robe Working Girl. Il donne à la femme un pouvoir de séduction magnifique, il sent le temps.

Aymeline : Voilà, c'est une démocratisation de la mode.

Il faisait aussi poser la femme nue, c'était étonnant à l'époque...

Jérémie : Oui aujourd'hui c'est plutôt l'inverse qui est étonnant !

Amira : Il aimait beaucoup Newton alors qu'il avait une approche très proche de lui, de l'art allemand. Ce que j'adore avec Saint Laurent c'est qu'il a toujours une même pose pour la femme : elle est debout, les jambes légèrement écartées et elle regarde bien en face l'objectif, l'air très sûre d'elle. Elle donne l'impression de regarder l'ennemi en face quoi. Et ça c'est une chose qu'il avait pris à Helmut Newton. Il donne à la femme une magnifique force... et il ne la diminue jamais.

Jérémie, Bertrand Bonello est un adepte du nu à l'écran. Comment vous êtes vous senti face à la caméra pour ces scènes ?

Jérémie : J'ai grandi en faisant des scènes de nues (rires). Mais non en fait ça ne me gêne pas vraiment, avec Bertrand on avait tourné le film "Le Pornographe" où il m'avait foutu à poil dans les Pyrénées avec des bergers et des petits moutons partout. Mais c'était encore gentil.

Propos recueillis par Aurélia Baranes

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