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Rencontre : Delphine Charlotte Parmentier, 20 ans de création

Célébrant cette année les 20 ans de sa griffe, Delphine-Charlotte Parmentier voit son travail honoré lors d'une exposition new-yorkaise dévoilée ce 24 octobre 2013. 20 années de création et de collaboration avec la maison Swarovski dont la créatrice nous a parlé. Rencontre.

Qu'est-ce qui vous a décidée à organiser cette rétrospective ?

Le temps a passé, ces 20 dernières années sont passées très très vite et comme on a ouvert un nouvel atelier rue du Trésor, on a dû archiver, revoir pas mal de choses. J'ai fait aussi bien de la chaussure que du sac. Mais la vraie idée est venue d'Olivier Dupont qui nous a contactés pour un livre. C'est plein de petites connexions en fait, ça s'est fait très spontanément. On a eu un petit avant-goût au Japon en mars dernier d'ailleurs.

Vous avez osé des pièces ultra-modernes qui font évoluer les codes du bijou, jusqu'où pourriez-vous encore aller ?

L'accessoire c'est la parure du corps. J'aimerais réaliser un bracelet de cheville aussi, je trouve ça très joli. Ces envies-là viennent aussi avec des idées de porter, de placer. J'ai davantage envie d'aller vers la joaillerie, que vraiment vers des pièces en particulier. Des bijoux de dos aussi, là j'ai encore envie d'exploiter la bague de main, le bijou d'oreille. Pour le moment je vais continuer d'explorer ces endroits-là. La nouveauté ce sont les bijoux de têtes que l'on va présenter. Cette crête noire en plumes que j'adore. Auparavant, je faisais beaucoup de choses en cuir ou en métal, j'ai pas mal exploré ça.

Avez-vous une ou des matières de prédilection pour créer vos bijoux ?

Il y en a plusieurs. Je travaille l'étain plomb. Pour les pierres semi-naturelles ou précieuses j'aime partir sur des brutes, des quartz fumés, des cristaux de roches, des améthystes ou de la labradorite, des choses un peu habitées. Pour le strass, la cote de maille, le cristal meche, c'est Swarovski Elements, je ne travaille qu'avec eux. Pour les perles naturelles ou semi-naturelles je travaille avec Simon Et Simon. J'aime travailler avec des belles choses.

Quelle est votre façon de travailler ?

Tout au long de l'année, je suis en train de chiner, j'aime bien échantillonner des pierres, il y a un certain bazar dans l'atelier. C'est assez vivant, soit ce sont des coups de coeur, soit une envie de matériaux. On fait aussi des pièces sur mesure avec les maquettistes, donc les choses évoluent et ça me permet de rebondir.

Vous semblez assez libre dans votre travail, vous arrive-t-il de vous imposer des limites ?

Parfois je m'en fiche, je vais jusqu'au bout. Sur la collection hiver, on avait des limites de thèmes et de nombre de références. J'ai tendance à m'emballer, donc les limites c'est intéressant. En tant que fournisseur pour des maisons de couture ou de prêt-à-porter j'ai ces limites. De mon côté, je me fais plaisir, j'en ai moins, mais il faut être réaliste. Pour moi cette collection Metis s'est faite dans un cadre dans lequel j'ai eu des difficultés à rentrer justement.

Suivez-vous les tendances de près ?

En tant que styliste, les tendances sont toujours importantes, nous sommes des éponges. Mais c'est vrai que j'aime que les choses ne soient pas datées. Par exemple, ce n'est pas parce que c'est la tendance minimaliste qu'il faut faire du minimaliste. Il faut que ce soit cohérent. Je regarde les tendances, je vais à des défilés, la mode m'intéresse bien sûr. Mais c'est davantage une question d'envies, été, hiver, peu importe. Selon moi, les bijoux sont la seule niche où l'on peut se permettre une vraie liberté.

Quel est votre bijou préféré ?

J'aime le décalage. Le bijou argumente la silhouette. Je suis un petit peu monomaniaque. Pour moi, les accessoires, les bijoux c'est ce qui définit une silhouette et donne de la personnalité. J'adopte mes bijoux selon mes moods, j'en mets un le matin, j'en change le soir ou dans la journée, j'ai des boîtes à trésors un petit peu partout.

Y a-t-il selon vous une faute de goût en matière de bijoux ?

Il y en a plein ! Dans les harmonies de couleurs par exemple. Les couleurs mal associées. C'est l'outrance la faute de goût. Des bijoux trop extravagants non assumés, c'est comme mettre des talons hauts sans savoir marcher avec. La vulgarité aussi, à un moment donné, on a eu une mode très vulgaire. La ceinture de taille est très difficile à porter. Je n'aime pas les piercings au nombril non plus.

Votre marque fête ses 20 ans cette année, où la voyez-vous dans 20 années de plus ?

Dans un musée ! Non je rigole ! Enfin je rigole à moitié. Ce que j'espère c'est que le temps sera passé aussi vite que ces 20 dernière années. Je pense que dans 20 ans j'aurai fait autre chose que de la fantaisie. Je vais aller vers la joaillerie, si on nous laisse travailler, ce qui n'est pas évident pour les jeunes créateurs. J'espère qu'on aura formé des artisans, je ferai toujours de la fantaisie mais elle aura évolué. Vous dire si ce sera post moderne ou minimale, je ne sais pas. Ce que j'espère en tout cas, c'est pouvoir continuer à m'exprimer et à m'éclater comme j'ai pu le faire. Car même si c'est beaucoup de travail et de collections, je prends un grand plaisir à les faire autant que celles des autres designers. Si on apprend tous les jours, c'est ça qui est super.

Propos recueillis par Amélie Cosmao.

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