Accueil
Mode
Accessoires
Chaussure
Lingerie
Maillot de bain
Morpho
Street Style
Fashion week
Sélection
Beauté
Maquillage
Manucure
Soins
Bien-être
Coiffure
Vernis
Rouge à lèvres
Frange
Balayage
Lissage
Brushing
Coloration
Coiffure afro
Tous les dossiers
Joaillerie
Horlogerie
Mariage
Coiffure de mariage
Maquillage de mariage
Célébrités
1 Star, 1 Style
Copier le look !
Match de look

Quand les réseaux sociaux portent atteinte à l'image de soi des adolescents

.

Les réseaux sociaux, notamment Instagram et Snapchat, ont fait du selfie et de la perfection de surface une norme. Un nouveau standard dangereux pour les jeunes, qui développent un rapport compliqué avec l'image qu'ils ont d'eux-mêmes. Le test d'un photographe auprès d'adolescents a de quoi confirmer nos craintes...

Pour un projet intitulé "Selfie Harm", le photographe britannique Rankin a pris en photo les portraits d'une quinzaine de jeunes âgés de 13 à 19 ans. Ces derniers ont ensuite eu cinq minutes pour faire les retouches qu'ils désiraient pour rendre ces selfies "instagramables". Les portraits retouchés compilés dans une vidéo offrent un résultat aussi impressionnant qu'inquiétant.

Une vision de soi faussée

Les "avant/après" de cette série sont flagrants. Les jeunes soumis à l'expérience n'hésitent ainsi pas à retoucher des détails de leur visage : la taille du nez est souvent réduite, le visage est lissé, le peau est éclaircie et les taches de rousseur gommées, les yeux s'agrandissent, les bouches se font pulpeuses, sans oublier un maquillage très marqué. Et cela peu importe l'âge. Si bien que ces adolescent.e.s perdent leurs particularités et leur originalité pour finalement tou.te.s se ressembler.

En légende, le photographe tient à appuyer le message fort derrière sa démarche : "Les gens imitent leurs idoles (...) Voici une nouvelle preuve que nous vivons dans un monde où les personnes souffrent du syndrome de la peur de rater quelque chose, de tristesse, d'anxiété accrue et de 'Snapchat Dysmorphie'. Il est temps de reconnaître les effets néfastes des médias sociaux sur l'image que les gens ont d'eux-mêmes".

Un effet négatif des réseaux sociaux d'images qui touche particulièrement les jeunes filles, qui sont soumises à de nombreuses pressions. Les mêmes subies par toutes les femmes, qui se transfèrent de l'espace public au virtuel. Et les selfies, une fois retouchés, ne sont pas sans nous rappeler ceux des Kardashian-Jenner. On se souvient d'ailleurs que Kim K a fait de "l'art" du selfie son business.

Des réseaux sociaux de plus en plus dangereux

La période de l'adolescence est, sans surprise, celle où les jeunes sont les plus fragiles. Les réseaux sociaux, surtout ceux centrés sur l'image, deviennent alors un outil dangereux pour leur santé mentale. En 2017, la Royal Society for Public Health a publié une étude réalisée à partir des témoignages de jeunes de 14 et 24 ans sondés sur le sujet des réseaux sociaux. Elle dévoile la nocivité des réseaux sociaux Instagram et Snapchat sur l'image et l'acceptation de soi.

Une étude dans laquelle on peut lire un certain nombre de témoignages, dont l'une déclare : "Instagram amène facilement les filles et les femmes à penser que leurs corps sont loin d'être suffisamment beaux puisque les gens utilisent des filtres et modifient leurs photos pour paraître 'parfaits'". La Royal Society for Public Health n'hésite pas à dénoncer l'effet plus insidieux que peuvent produire les réseaux sociaux. "Le fait de voir en permanence des amis en vacances ou sortir peut amener les jeunes à se sentir exclus alors que d'autres profitent de la vie. Ces sentiments peuvent provoquer une attitude de 'désespoir par comparaison' chez les jeunes. (...)Les attentes irréalistes provoquées par les réseaux sociaux peuvent pousser les jeunes à des sentiments de gêne, de mauvaise estime de soi et une recherche de perfection qui peut prendre la forme de troubles d'anxiété".

La série de photos de Rankin s'inscrit dans l'exposition "Visual Diet" dont la description est la suivante : "À l'ère des influenceurs et influenceuses, nous sommes de plus en plus nourris de milliers d'images tous les jours. Des images hyper retouchées, à la sexualité gratuite, sont servies de manière rapide et éphémère. Elles nous laissent souvent un sentiment de vide et d'inadéquation". En effet, il est important de noter la responsabilité que porte les influenceurs là-dedans. "Notre appétit pour ce genre de contenu est insatiable. C'est du sucre visuel et nous sommes accro. Consommer trop de ces contenus nuit sérieusement à notre santé mentale".

Bien sûr, il n'y a pas que du mauvais et l'étude met en avant que certaines images ont un effet positif. On pense sans mal au mouvement body positive qui s'est grandement propagé grâce aux réseaux sociaux et à de nombreuses influenceuses qui prônent l'amour de soi.

Cependant, il semble aujourd'hui nécessaire de mettre certaines mesures en place. Faire de la prévention scolaire auprès des jeunes concernant les réseaux sociaux s'impose comme une évidence, mais aussi signaler lorsqu'une photo est retouchée (ce vers quoi tend doucement la publicité). L'installation, notamment par Instagram, d'un système permettant de surveiller le temps passé sur l'application et la possibilité de programmer des notifications pour réduire cette consommation souvent abusive montre que des mesures sont possibles. Mais pas encore assez poussées.

À ne pas rater