Accueil
Mode
Accessoires
Chaussure
Lingerie
Maillot de bain
Morpho
Street Style
Fashion week
Sélection
Beauté
Maquillage
Manucure
Soins
Bien-être
Coiffure
Vernis
Rouge à lèvres
Frange
Balayage
Lissage
Brushing
Coloration
Coiffure afro
Tous les dossiers
Joaillerie
Horlogerie
Mariage
Coiffure de mariage
Maquillage de mariage
Célébrités
1 Star, 1 Style
Copier le look !
Match de look

Qu'est ce que la Haute Couture aujourd'hui?

Que représente aujourd'hui la Haute Couture ? Interview de Florence Müller, historienne de la mode.

 

PureTrend : La différence majeure entre la Haute Couture et le prêt-à-porter reste la sophistication de ses pièces?

Florence Müller : Le prêt-à-porter peut être très sophistiqué. Mais la vraie différence est que la Haute Couture n'a pas les contraintes d'une fabrication en série. Les stylistes peuvent donc se laisser aller dans la création d'un modèle unique. Si une cliente le commande, il sera reproduit mais artisanalement. En revanche, le prêt-à-porter est pensé pour pouvoir se dupliquer. Pour chaque bijou, il existe un moule qui sert à reproduire le produit en plusieurs exemplaires.

Il faut penser que les défilés de prêt-à-porter doivent plaire à un plus grand nombre d'acheteurs. Les créations doivent être portables, séduisantes, convaincantes. Leur implication commerciale est donc beaucoup plus importante que pour celles de la Haute-Couture.

 

Quelle est la clientèle de la Haute Couture aujourd'hui ?

La Haute Couture a de moins en moins de clientes privées, comme c'était le cas à l'époque de Christian Dior. Les marques vendent à l'étranger. Et aussi à des personnes très attirées par le côté produit unique. Depuis dix ans, avec la surabondance de minimalisme et l'émergence de marques comme Zara et H&M , beaucoup de clients ont développé le goût du vêtement unique. Le phénomène vintage répond à cette même logique, qui est d'empêcher l'uniformisation.

 

Seules quelques maisons peuvent se permettre d'organiser des défilés Haute Couture ?

Seules quelques marques comme Chanel , Dior , Gaultier ou Givenchy répondent aux normes imposées par la Chambre Syndicale de la Haute Couture. Elles exigent des mannequins cabines, un certain nombre de modèles à présenter, un nombre fixe d'employés... Elles sont difficiles à respecter car la Haute Couture a de moins en moins de clientes depuis les années 70 et la généralisation du prêt-à-porter.

Les autres griffes qui défilent ne figurent pas dans le calendrier officiel, mais elles choisissent la Haute Couture car elles bénéficient d'une meilleure attention des médias.

 

Les maisons continuent la Haute Couture pour leur prestige ou pour des raisons commerciales ?

La Haute Couture est très importante pour leur image, d'autant que beaucoup de ces maisons viennent de l'histoire de la Haute Couture. Arrêter d'en faire serait comme les amputer, supprimer ce qui fait leur distinction. Gaultier s'est lancé dans la Haute Couture après dix ans d'existence. La maison Givenchy, dont le directeur artistique est jeune, estime qu'il est important de faire de la Haute Couture. C'est en effet indispensable pour se tenir à distance des autres marques. Chanel sans la Couture ne serait plus Chanel. Leur intérêt commercial est peu quantifiable, mais ce qui est sûr, c'est que supprimer leur ligne aurait un impact déplorable.

 

Ces défilés Haute Couture ne sont-ils pas anachroniques en période de crise ?

Oui et non. Des fortunes se sont effondrées, mais d'autres se sont enrichies avec la crise. La clientèle qui peut se permettre d'acheter de la Haute Couture correspond à une petite frange de la société, la crise ne change rien pour elle.
Mais les comportements ont évolués. Le nouveau phénomène serait plutôt le besoin de discrétion. Ces personnes ne souhaitent pas forcement afficher qu'elles s'habillent chez une maison de luxe. Il parait même que certaines boutiques de luxe à New-York emballent les achats des clients dans des sacs sans marque.

 

La maison Lacroix placée en redressement judiciaire va quand même défiler pendant la Haute Couture...

Il se doit de continuer. En mode, arrêter une saison, c'est la mort. Et je pense que Christian Lacroix veut faire passer un message : il veut dire que la création est plus forte que tout. Il a perdu ses moyens financiers mais il veut quand même s'exprimer. Certains fournisseurs ont accepté de le suivre sans être rémunéré, seulement pour l'amour de l'art.

 

Propos recueillis par Marie Varroud-Vial

À ne pas rater
À découvrir