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Petit-déjeuner avec Elie Top

A l'occasion de l'ouverture de l'exposition sur le bijou contemporain au Musée des Arts Décoratifs intitulée « Dans la ligne de mire », nous avons partagé un petit déjeuner chez Claus, 14 rue Jean-Jacques Rousseau, avec Elie top, à qui l'on doit les collections de bijoux Lanvin qu'il crée sous la direction d'Alber Elbaz depuis onze ans.

L'exposition propose un panorama inédit de la création française actuelle avec 600 pièces témoignant du rôle de la parure aujourd'hui. Parmi 55 créateurs contemporains, deux seules maisons, Chanel et Lanvin, présenteront des bijoux couture fantaisie. Puisque la reconstitution des appartements Jeanne Lanvin décorés par Rateau, fait partie déjà du fond des Arts Décoratifs, c'est dans le boudoir et la chambre de la couturière que seront mis en scène en scène les bijoux Lanvin les plus marquants de cette décennie.

Conversation avec Elie top

Qui t'a destiné aux bijoux ?

Je n'en faisais pas avant qu'Alber Elbaz ne me le demande. Bien sûr comme je m'intéressais à la mode, cela m'interpellait aussi. J'admirais les créations de Loulou de la Falaise, de Chanel. Quand à 19 ans, je travaillais au Studio Saint Laurent c'était sur le vêtement. Aujourd'hui, je pense que la création de bijoux me convient. Je dessine de manière très méticuleuse et précise. Enfant, Le tracé très rigoureux au crayon et à la règle des églises, des châteaux, des jardins me prenait des jours. Un truc de maniaque limite autiste. Avec les dessous de bijou en taille réelle, ce plaisir m'est revenu tout seul.

Peut-on définir le style des bijoux Lanvin ?

Très construits, très architecturés et structurés, même quand le thème est figuratif.
Un côté assez excessif aussi : ça brille ! Un mélange de baroque, d'architecture, de choses Art-Déco, souvent des pièces oversized dans la tradition des bijoux couture.

Je pense qu'on s'inscrit dans une histoire que l'on fait évoluer. La réalisation est de plus en plus sophistiqué et raffinée. La finesse du montage, la réduction du poids des pièces volumineuses... autant de défis que j'adore et pour lesquels je me décarcasse. Le nerf de la guerre, c'est la technique !

Quel est le sentiment général d'Alber Elbaz vis à vis des bijoux ?

En général il est gourmand. On en fera systématiquement c'est aussi le fruit d'une histoire, d'une tradition de la maison.

Qu'est-ce qui fait la modernité des bijoux Lanvin

La manière dont les bijoux sont faits. La confrontation entre l'idéal auquel on voudrait arriver, avec tous les paramètres et contraintes techniques, font qu'on est obligés de prendre des chemins de traverse. C'est ce qui nous mène à des choses structurellement beaucoup plus modernes. Si j'avais des moyens illimités, ces bijoux auraient peut-être l'air plus vieux.

Vos créations sont pourtant assez surprenantes et inédites.

Souvent, nous envisageons les bijoux comme des objets, ils sont inspirés par des miroirs, des meubles, des grilles de fer forgé, des luminaires, ou des mécanismes de cendrier et même par des objets usuels comme les ustensiles de cuisine, on rigole, mais c'es vrai !
Certaines bases ressemblent à des plans à la Vauban avec des pointes ou des lignes, ou encore, à des plaques de réseaux électriques. Une esthétique un peu futuriste peut rejoindre l'ancien.
Je peux m'attaquer à des sujets plus organiques comme les papillons, mais ils seront en plexi incrusté de pierres, avec des ailes articulées qui les font ressembler à des vaisseaux spatiaux.

J'aime choisir des lieux communs du bijou couture : le papillon, la fleur, un coeur .
Trouver comment faire en sorte qu'un thème rabâché devienne moderne, puisse étonner. Nous avons fait des tigres articulés come des petits robots.
On encore, une tête de tigre énorme sur une ceinture qui aurait pu peser deux tonnes. si on ne l'avait pas ajourée ce qui enlevait tout le poids. Un fond d'une couleur en métal différent donnait le motif du pelage. Ce bijou massif est devenu alors un jeu de transparence et de lumière.

Un fabricant de prédilection ?

Pour des raisons d'entente très forte, je travaille beaucoup avec le parurier Hamon. C'est notre principal atelier, ils m'apportent beaucoup sur les matériaux. Ma grande découverte, il y a trois ans fut la découpe numérique en 3D avec laquelle on atteint des sommets de précision.

Pour nous qui faisons des trucs très architecturés qui s'emboitent, les maquettes à la main n'étaient jamais d'une précision suffisante. En 3D, l'objet tourne sur toutes ces faces et au final, tout s'emboite admirablement je fais le dessin avec les mesures ; l'atelier rentre ces cotes. Ils ont ensuite, la gestion de la matière.

En revanche, la 3D ne se prête pas toujours à ce qui est trop organique. Il faut des lignes assez droites. Nous discutons sur des dizaines de millimètres. Deux millimètres font beaucoup de différence. Moi, je trouve ces actes de précision très jouissifs. La 3D permet de réduire la marge d'erreur et les surprises de dernière minute.

Comment s'est fait le choix du parurier Hamon ?

Ils étaient fabricants de ceintures avant de développer leur département bijoux. Pour Lanvin qui mêlait tellement de tissus (mousseline, rubans, tulle) à ses bijoux, L'avantage immense qu'ils avaient, c'est leur équipe de couturières sur place.

Ton mood actuel ?

J'ai eu une période où les années 30 me fascinaient, actuellement j'ai besoin d'introduire plus de baroque de faire beaucoup plus Versailles ou Rococo italien bien chargé, je mixe les deux.

J'aimerais passer à des choses figuratives, à la frontière du kitsch, comme des petits personnages faits à partir de perles baroques.

Après les années 30, je suis sensible à la fantaisie des années 40 quelque chose de plus sucré, de plus enlevé et léger, à l'image du travail du peintre, décorateur Rex Whistler une sorte de Bérard anglais.

Le déroulé d'une collection commence par un échange avec Alber Elbaz ?

Pour Octobre, on commence en Juin. Alber fait un premier brief très général pour le studio et les accessoires. On part sur des recherches icono j'ai une collection phénoménale de livres et de catalogues. Parfois j'essaye de proposer des thèmes qui n'ont pas forcément à voir avec le brief. Alber peut avoir des idées très précises et d'autres fois rester très général : par exemple : " je voudrai que ça brille ". Pourtant quand en Mars dernier, on a fait les insectes, ils étaient présents dès le départ sur les dessins des vêtements. J'exprime mes envies, on se voit plusieurs fois, je montre des idées, des concepts. On fait un tri dans les docs que l'un et l'autre apportons. Cela passe parfois par des photomontages qui se rapprochent au plus près de l'esprit de la collection, comme un but à atteindre. Puis vient la phase des dessins, puis des maquettes, ensuite on a plus le temps donc on se dépêche.

Le volume de vos créations et productions ?

Une quarantaine de références par collection, toutes présentées pendant le défilé ; tout ce qui est présenté est vendu, peu importe le prix. Parfois on vend 200 pièces d'autre fois 400. Un collier spectaculaire, mon bijou le plus cher, a été vendu 3 900 euros en boutique à une quarantaine d'exemplaires : c'était une tiare transformable en collier.

Avec quatre collections nous produisons entre 25 000 et 30 000 pièces par an.

Les mots échangés avec Alber Elbaz sont imagés ou un peu ésotériques ?

Alber aime bien les histoires. Des histoires bien souvent en phase avec l'actualité et il d'imagine comment les femmes vont y réagir. Il est concret, il fait de vrais vêtements et fonctionne souvent sur deux trois mots–clé par exemple : je veux des parures comme des " voitures ". On imagine tout de suite : brillant chromé caréné.

Aimerais-tu réaliser de vrais bijoux ?

J'aimerai beaucoup : les techniques en joaillerie sont plus raffinées et ouvrent un champ de possibilités immense ; c'est presque du domaine de la précision d'horlogerie. Je ne suis pas un fou absolu des pierres, leur valeur en elle-même m'indiffère un peu.

Victoire de Castellane est l'une des rares à être passée de la bijouterie fantaisie à la joaillerie. Ils ne sont pas nombreux faire ce pas car ce n'est pas le même métier. C'est pour cela que Victoire a fait un travail tès amusant. Elle venait d'une autre façon de penser le bijou.

Propos recueillis par Paquita Paquin

EXPOSITION DANS LA LIGNE DE MIRE
du 20 septembre 2013 au 2 mars 2014
Musée des Arts décoratifs
Les Arts Décoratifs

107, rue de Rivoli
75001 Paris

Tél. accueil : 01 44 55 57 50

Chez Claus
14 rue jean Jacques Rousseau
75001 Paris

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