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Patricia Field, papesse mode ascendant punk

Patricia Field et Scooter LaForge lors de la dernière 13ème Firenze4Ever, à Florence, en juin dernier.
Patricia Field et Scooter LaForge lors de la dernière 13ème Firenze4Ever, à Florence, en juin dernier.

L'électron libre de la fashion américaine ne fait jamais rien comme tout le monde. Ex-styliste star de la série "Sex And The City", qui lui doit aussi sa substance, et du "Diable s'habille en Prada", Patricia Field fait désormais des vêtements très arty et en édition très limitée, prisés par toute la sphère people, de Rihanna à Miley Cyrus. Rencontre avec un cas à part. 

Née sous un drôle de signe qui n'appartient qu'à elle, la New-Yorkaise Patricia Field s'est toujours distinguée de par son style très sûr et décalé. Dans "Sex And the City" d'abord, où elle aura aussi contribué à faire de Carrie, Miranda et consorts les héroïnes incontournables des années 2000, symboles de toute une époque. Seize ans plus tard, toujours, avec des collections capsules réalisées main dans la main avec la crème des artistes US indépendants. Un concept détonant qui mêle art, pièces fortes en édition très limitée, voire uniques, et e-commerce en mode DIY ou presque. Un parti pris fort, à la limite du manifeste, à une époque dominée par la fabrication à la chaîne des grandes enseignes internationales.

Punk et libre, une collection hautement arty.
Punk et libre, une collection hautement arty.

On retrouve Patricia Field à Florence lors de la 13ème édition de Firenze4Ever, éminente rencontre mode instaurée par le géant de la mode italienne LuisaViaRoma. Accompagnée de son alter ego, l'artiste (américain lui aussi) Scooter LaForge, elle a sa place à elle parmi les influenceurs de tout poil et éminences Instagram présents et à peine majeurs, la blogueuse star Negin Mirsalehi en tête. A la base de ce qu'elle considère comme un "défi personnel", un pari un peu dingue : "J'ai lancé le projet il y a cinq ans, après avoir mis la clé sous la porte de ma boutique new-yorkaise. J'avais envie de renouveau", explique-t-elle. "D'où l'idée de développer ces vêtements de niche, au croisement de la boutique de fringues et de la galerie d'art. Les artistes avec lesquels je travaille m'amènent leurs pièces, on les met en vente en ligne. On a commencé avec des t-shirts, des chemises d'homme... Le public y a tout de suite été sensible. Notre clientèle apprécie que nous soyons aux antipodes de la production de masse." La voix est tachée par la nicotine ; l'allure, celle d'une ado espiègle. A 74 ans, Patricia Field a toujours du flair : "Les stylistes de Rihanna, de Missy Elliott ou de Madonna ont commencé à nous acheter des pièces. Miley [Cyrus, ndlr] elle-même est une habituée de la marque. Tous portent nos créations pour des soirées, des photoshoots ou comme vêtements de scène."

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Quarante-sept ans (on lui en donnerait dix de moins) : dans l'existence du Peter Pan ScooterLaForge, Patricia Field aura eu l'aura d'une fée Clochette. "Mes affaires sont devenues florissantes à partir du moment où je l'ai rencontrée, de manière quasi exponentielle", témoigne l'artiste. "Dès que j'amenais des fringues à Patricia, elles se vendaient". Elle lui renvoie le compliment : "Scooter a permis cette entreprise. Il en est à l'origine même, la providentielle étincelle."
Peintes à la main, retaillées, customisées, parfois habilement perverties ou usées, ces pièces ne sont pas sans rappeler une autre ère, le New York des années 80, dont Field a aussi été l'un des principaux témoins et acteurs. Phosphorescence et effervescence mêlées, la ville est à l'époque, sous ses airs de mégapole rongée par la crise, un formidable terrain d'expérimentation et de jeu pour les artistes. "Street" bientôt stars, les monuments en herbe que sont Keith Haring ou Jean-Michel Basquiat s'y font les dents. Patricia est à leurs côtés, qui assiste à leur succès naissant puis leur inexorable montée en puissance : "Ils peignaient déjà des vêtements - Keith a fait un carton à cette période avec ses t-shirts imprimés de son fameux bébé ou du chien qui aboie [deux de ses dessins de prédilection devenus depuis totems, ndlr] ; il les vendait dans des boutiques éphémères en même temps que ses expositions, puis me les confiaient. Keith avait cette forme de génie marketing, très pop. Jean-Michel, lui, arrivait avec une cravate ou même une machine à écrire qu'il avait retravaillée et me disait : "Patricia, tiens, vends-la 20 000$." Il peignait sur tout : des sweat-shirts, des costumes d'homme, des combinaisons, dans une optique totalement arty. Pour lui, c'était un exercice de style. Tous les deux ont ouvert des portes et permis ce que nous faisons aujourd'hui. Scooter est dans le prolongement de cet esprit, le côté glam en plus".

Deux des créations du binôme vendues sur le site LuisaViaRoma.
Deux des créations du binôme vendues sur le site LuisaViaRoma.

Scooter, autre héros de cette success story : "Aujourd'hui, j'ai des commandes des quatre coins du monde, y compris de Chine."
"Notre public achète ces pièces comme des oeuvres d'art", insiste Field. "Je n'ai rien contre l'argent, j'ai fait des collections capsules - de très bonne qualité, d'ailleurs - qui ont été vendues chez Marks & Spencer à l'époque de 'Sex And The City', preuve qu'on peut faire du bon boulot en grand nombre... Mais il n'y a rien de fun dans le fric. Je suis toujours styliste [pour' Younger', la nouvelle série du créateur de 'SATC', Darren Star], et j'ai d'autres fers au feu, mais de tout ce que je fais en ce moment, c'est ce projet de "fashion gallery" qui m'excite le plus. J'aime l'idée d'être créatif, surpris par le résultat, j'espère avoir la possibilité d'être bientôt exposée à l'Art Basel de Miami... J'ai le sentiment de faire quelque chose qui compte, et c'est l'essentiel".

Claire Stevens

Informations pratiques : les créations de Patricia Field et de Scooter LaForge sont vendus sur le site patriciafield.com, et sur celui de LuisaViaRoma.

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