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Nicolaï : rencontre avec l'une des pionnières de la parfumerie au féminin

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Elle est la première femme à avoir décroché le prestigieux prix international du Meilleur parfumeur-créateur en 1988 et elle ne s’est pas arrêtée là. Un an plus tard, Patricia de Nicolaï a fondé sa propre marque éponyme avec son mari et sa maison de parfumerie haut de gamme cartonne. On est tombé sous le charme et on a voulu la rencontrer pour en savoir plus sur le parcours de cette femme qui a réussi à s’imposer très tôt dans un milieu qui a longtemps été résolument masculin.

La parfumerie est un milieu complexe et même quand on est journaliste beauté, il nous faut parfois porter une très grande attention à ce qui nous est présenté pour bien comprendre de quoi il s'agit.

Autant dire qu'on porte une admiration sans bornes à ces nez de génies, qui sélectionnent les ingrédients les plus précieux et passent un temps infini à les doser pour trouver l'équilibre parfait qui va faire chavirer notre odorat. Sans compter que vous ne le savez peut-être pas, mais certaines maisons de luxe ne s'embarrassent même pas d'un véritable parfumeur et sont loin d'être dotées d'une véritable expertise en la matière...

Baignée depuis sa plus tendre enfance dans cet univers, la nièce de Jean-Paul Guerlain, elle, a été formée par les plus grands et a même eu l'audace de fonder sa propre marque. Elle s'appelle Patricia de Nicolaï et nous sommes allé à sa rencontre pour en savoir sur son incroyable ascension dans le monde très fermé de la haute parfumerie.

Puretrend : Nicolai, c'est avant tout l'histoire d'une femme, Patricia de Nicolaï. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours et sur ce qui vous a amené à lancer votre propre maison en 1989 ?

Patricia de Nicolaï : Devenir un nez ne m'avait jamais traversé l'esprit pendant ma jeunesse, mais me dirigeant vers des études de chimie et faisant partie d'une famille de parfumeurs, c'est devenu comme une évidence. J'ai ensuite fait l'ISIPCA et je me suis lancée dans cette profession que finalement je ne connaissais pas si bien. Ma route devait être toute tracée en rejoignant logiquement Guerlain, le giron familial. Mais ça ne s'est pas passé comme ça du tout... Au début des années 80, en tant que femme, ce n'était pas évident de se glisser dans une équipe de parfumeurs qui était principalement masculine.

Mon diplôme en poche et de nombreux stages m'ont permis de débuter au sein d'une équipe de parfumeurs talentueux qui m'ont vraiment appris le métier. Après six ans au sein de deux grandes sociétés de composition (Florasynth et Quest, devenue depuis Givaudan), un peu lassée et frustrée du travail de création rempli de contraintes, nous avons eu l'idée, mon mari et moi, de lancer notre propre marque.

En 1989, nous avons ouvert notre première boutique avenue Raymond Poincaré avec mon laboratoire attenant. Me voilà totalement libre pour créer sans contrainte marketing et budgétaire. Un pari risqué, surtout à l'époque où lancer une nouvelle marque était rarissime.

[Depuis, la marque a ouvert de très nombreux points de vente à travers le monde et peut se targuer d'être présente aussi bien en Europe qu'en Afrique, en Asie ou encore en Amérique du nord. Son dernier bijou en date : une sublime boutique dans le quartier du Marais à Paris.]

Peut-on dire que d'une certaine façon, vous avez participé à ouvrir la voie aux femmes dans le milieu très fermé de la haute parfumerie ?

Je pense très modestement que je suis tombée au bon moment et que j'ai su saisir ma chance. Quand je suis arrivée sur le marché du travail, c'était une période où de toute façon, la féminisation dans beaucoup de domaines professionnels s'est étendue. Après, je conçois tout à fait mon rôle de pionnière en tant que marque de niche.

Pouvez-vous nous résumer rapidement l'ADN de la marque?

L'ADN Nicolaï repose sur une parfumerie typiquement parisienne, créative, toujours chic et élégante. Inconsciemment, je pense avoir été imprégnée des parfums (Guerlain évidemment) portés par ma famille. Mais aujourd'hui, après 27 ans d'existence, il me semble qu'une véritable signature Nicolaï se dégage de toutes mes créations. Nicolaï repose sur une histoire formidable, sincère et unique.

Quelle est la toute première fragrance que vous avez imaginée pour la maison ?

Comme son nom l'indique : Number One ! C'est un très beau floral qui s'inscrit parfaitement dans l'atmosphère de la genèse des années 80 : un généreux bouquet de fleurs blanches, tubéreuse en tête, sur un lit de santal et de notes animales qui lui confèrent une diffusion remarquable. C'est avec ce parfum que j'ai gagné en 1988 le prix SFP (Société Française des Parfumeurs) du Meilleur jeune parfumeur-créateur.

A l'époque, avec mon mari nous lancions notre marque et ce prix a été un formidable signe du destin m'indiquant que j'étais dans la bonne direction. Number One est un parfum riche en matières premières naturelles car je n'avais aucune contrainte budgétaire. Le processus de création de ce premier parfum a ainsi posé les bases de mon travail de parfumeur totalement libre.

Les essences aromatiques les plus emblématiques de la maison ?

J'aime tous les ingrédients naturels et synthétiques, c'est la palette du parfumeur ! Mais il est certain que j'ai des préférences qui évoluent avec le temps. On retrouve dans mes créations le patchouli, la rose, la vanille et aujourd'hui de plus en plus la fleur d'oranger, qui au fur et à mesure deviennent des emblématiques de la maison.

Si on ose la comparaison, le patchouli est comme le premier violon dans un orchestre, soit l'instrument qui emmène les autres. A la fois humide, mousse et terre sèche presque poussière, le patchouli incarne puissance et profondeur et c'est toujours très agréable de composer avec cette note. La rose, c'est la reine des fleurs ! Elle ne me déçoit jamais. Généreuse par nature, la rose se glisse aisément partout et devient pilier de nombreux accords floraux comme dans Rose Oud, Rose Pivoine ou encore Rose Royale.

Tradition familiale oblige, la vanille est une de mes matières premières fétiches. Comme le disait un de mes illustres aïeuls, Jacques Guerlain, elle apporte quelque chose d'érotique dans un parfum et est la base de tous les parfums orientaux que j'aime tant créer comme Vanille Tonka, Kiss Me Intense et Ambre Cashmere Intense. Enfin, j'aime de plus en plus la fleur d'oranger que je trouve chaleureuse, solaire et qui m'emmène en vacances !

[Nous aussi et d'ailleurs on en profite pour rajouter que le parfum se décline en mode déco olfactive chez Nicolaï, avec des parfums d'intérieurs et des bougies.]

Êtes-vous le seul parfumeur-créateur de la maison ?

Oui, depuis le début. Néanmoins depuis presque 5 ans maintenant, je travaille en étroite collaboration avec mon fils Axel, directeur général de la marque et qui quotidiennement participe aux évaluations.

Où allez-vous chercher et comment sélectionnez-vous vos matières premières ?

Mes matières premières naturelles proviennent presque quasiment toutes de Grasse, chez des fournisseurs qui ont les meilleurs savoir-faire mondiaux concernant les ingrédients naturels. Grasse s'est imposée comme la capitale mondiale de la parfumerie. J'ai aussi mes fournisseurs privilégiés pour les produits de synthèse indispensables à la création des parfums d'aujourd'hui.

Les produits de la maison sont-ils "made in France" ?

Oui, l'intégralité de mes créations, qu'elles soient d'ambiance ou corporelles, sont toutes sorties de mon laboratoire parisien. La fabrication et le conditionnement se font dans notre propre usine de La-Ferté-Saint-Aubin, près d'Orléans, au coeur de la Cosmetic Valley.

Quel est le best-seller incontournable de la maison ?

Patchouli Intense est notre parfum star. Un parfum qui plait énormément et fait de nombreux addicts. Lancé en 2009, Patchouli Intense est une création très ambitieuse car originale, alliant puissance, élégance et sillage.

Quelle fragrance portez-vous ?

Je porte toujours celui ou ceux qui sont en devenir ! Il est important de tester mes essais directement sur moi et encore mieux sur la peau des personnes de mon entourage. Tel le couturier qui a besoin d'un mannequin, un parfumeur a besoin d'analyser le rendu du parfum "sur peau". J'aimerais bien avoir aussi des mannequins aussi qui me permettraient d'analyser encore plus finement sillage, ténacité, originalité....

Ce que je préfère par-dessus tout, c'est sentir mes créations finies sur les autres. Ce sont des retrouvailles que j'apprécie car le rendu est évidemment très différent des essais sentis sur mouillettes dans mon laboratoire.

Pour en savoir plus, on vous invite à découvrir toutes les créations uniques de Patricia sur le site de la maison Nicolaï.com.

Audrey Salles-Cook

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