Accueil
Mode
Accessoires
Chaussure
Lingerie
Maillot de bain
Morpho
Street Style
Fashion week
Sélection
Beauté
Maquillage
Manucure
Soins
Bien-être
Coiffure
Vernis
Rouge à lèvres
Frange
Balayage
Lissage
Brushing
Coloration
Coiffure afro
Tous les dossiers
Joaillerie
Horlogerie
Mariage
Coiffure de mariage
Maquillage de mariage
Célébrités
1 Star, 1 Style
Copier le look !
Match de look

Negin Mirsalehi : l'influenceuse qui transforme le miel en or

Negin Mirsalehi, icône de mode en résidence à la Firenze4Ever de Florence, juin 2016.
Negin Mirsalehi, icône de mode en résidence à la Firenze4Ever de Florence, juin 2016.

Instagrameuse star aux 3,1 millions de followers, la Hollandaise d'origine iranienne présentait lors de la 13ème édition de Firenze4Ever, à Florence, son huile capillaire éco-friendly issue de l'apiculture. Sens du business concerné et coolitude affirmée : rencontre avec un phénomène. 

Signe des temps, et optique double : la 13ème édition de Firenze4Ever, organisée par le géant de l'e-fashion italien LuisaViaRoma du 13 au 17 juin dernier à Florence, se mobilisait pour la cause des réfugiés du bassin méditerranéen en même temps qu'elle faisait la part belle aux blogueurs les plus influents, représentés ici en nombre. Parmi eux, Negin Mirsalehi, 27 ans et déjà 3,1 millions de followers à son actif sur Instagram : une beauté solaire à la double culture (des parents iraniens, un passeport hollandais) venue présenter pour l'occasion le premier-né de ses produits capillaires, Gisou. Une huile miraculeuse, selon sa créatrice, qui renvoie à une tradition ancrée dans ses gênes : celle de l'apiculture. Entre storytelling familial, valeurs cardinales et marketing 3.0 intelligemment infusé, se dessine le portrait d'une éminence cool qui a déjà posé en couverture de Glamour et de Grazia dans son pays - signe des temps également. Negin Mirsalehi : parfait baromètre de son époque.

"Notre génération bosse cinquante ou soixante heures par semaine. Il était hors de question que je me contente d'un job alimentaire."

Il y a une histoire derrière cette huile capillaire. Quelle est-elle ?
Je viens d'une famille d'apiculteurs depuis six générations, du côté de mon père, qui est Iranien. Quand il s'est installé aux Pays-Bas, il a décidé de perpétuer la tradition en installant ses propres ruches dans la périphérie d'Amsterdam. C'est là que j'ai grandi, avec toute ma famille. Ma mère, de son côté, est coiffeuse. Elle se servait du miel comme ingrédient de base des produits qu'elle concoctait dans sa cuisine. J'ai voulu en créer un qu'on puisse utiliser tous les jours, et qui renvoie à cette identité familiale.

Le nom de cette huile a des sonorités françaises. Un hasard ?
Complètement ! Gisou, c'est du persan ancien, un terme qu'on n'utilise plus que dans la littérature et qui signifie "cheveux d'or". Les Iraniens considèrent le miel comme de l'or, le meilleur remède qui existe. J'aime la consonance de ce mot, très féminin, très "cute".

Comment êtes-vous devenue la prescriptrice reconnue que vous êtes ?
J'ai commencé il y a deux ans, à la fin de mes études. Pour les besoins de ma thèse d'économie, je me suis penchée sur le phénomène des blogueuses. A l'époque, je ne savais pas trop ce que j'allais faire de ma vie mais il était hors de question que je me contente d'un job alimentaire. Notre génération bosse cinquante, soixante heures par semaine. J'ai vu dans les réseaux sociaux le moyen d'exprimer toute ma créativité et de m'épanouir.

"J'ai gagné deux Awards la même année.
C'est là que j'ai compris qu'on aimait ma patte."

Beaucoup considèrent ce métier comme un job facile...
C'est faux. J'ai fait énormément de recherches avant de me lancer ! Ma thèse l'imposait, mais il ne faut pas non plus se méprendre : être influenceuse ne s'improvise pas, ça n'est pas un simple hobby qu'on peut caser entre deux "vrais" jobs. Si beaucoup de blogueurs de la première génération ont commencé à l'instinct, j'ai tout de suite envisagé ça comme un vrai boulot, avec un business plan. J'avais 23/24 ans quand je m'y suis mise, je ne pouvais pas me permettre de tâtonner ad vitam. Il fallait que je sois efficace, que ça fonctionne très vite.

A quel moment avez-vous compris que vous faisiez la différence ?
Assez tôt. J'ai gagné la même année le prix Marie Claire de la Mode, en Hollande, dans la catégorie " jeune talent des nouveaux médias" et celui du "meilleur nouveau blog mode" aux Stylight Awards allemands. C'est là que je me suis rendu compte qu'on aimait ma patte, et ma manière de me projeter dans mon métier. Les marques se sont très vite intéressées à moi et je suis montée en puissance.

Votre nationalité est-elle aussi pour quelque chose dans votre succès ?
Je suis très hollandaise dans ma manière de gérer les choses, très carrée. Aux Pays-bas, où tout est basé sur une notion d'équité entre les personnes, on fait attention à ne pas être trop "show off", on ne claque jamais une fortune dans la mode. Les femmes iraniennes, de leur côté, sont extrêmement attentives à leur apparence. Je suis à la frontière de ces deux mondes.

Votre créateur préféré ?
Elie Saab. J'adore la manière qu'il a de mettre la culture libanaise en valeur avec ses créations. J'aime beaucoup sa vision de la féminité ; c'est moderne, jeune, jamais excessif. Sinon, Sonia Rykiel, et cette autre créatrice libanaise, Rima Kadi. Chacune de ses collections raconte une histoire, la dernière était basée sur sa phobie des insectes... L'approche est assez passionnante.

"Le matin, je me précipite sur mon petit-déjeuner, pas sur mon portable."

Votre pièce fétiche ?
Je porte beaucoup de blousons en jean sans manches – c'est très hollandais, comme choix ! J'aime le côté "effortless" de ce vêtement qui se marie avec tout – un jean, du cuir, une robe tout simple. Le chic sans effort, la féminité en plus : c'est la définition de mon style.

Votre métier prend-il toujours le pas sur votre vie privée ?
Ah non ! Quand je me lève le matin, la première chose sur laquelle je me précipite, c'est mon petit-déjeuner, pas mon portable...

Votre recette pour un compte Instagram ou un blog qui se démarque ?
Rester centré sur l'aspect administratif des choses. Être influenceur, ça n'est pas que poster des jolies photos – ça, ça n'est que 10 % du travail. Le reste du temps, il faut savoir entretenir ses contacts, gérer la paperasse. Ça n'est pas toujours fun mais c'est essentiel.

Qu'est-ce que vous appréciez le plus dans ce métier ?
Le contact avec les gens, le fait de rencontrer des personnalités qui bouillonnent et qui sont créatives. J'ai beaucoup appris de la mode, et de la vie, en échangeant avec ces personnes. Ça m'a ouvert énormément de perspectives.

La compétition entre blogueurs est-elle féroce ?
Non, je ne trouve pas. Nous avons tous et toutes des projets personnels en plus de nos comptes Instagram et de nos blogs – moi avec ma ligne de produits, d'autres avec leur ligne de vêtements ou leur chaîne YouTube. Du coup, nos ambitions sont très différentes, l'atmosphère reste saine – nous avons même réussi à créer une communauté qui se retrouve au fil de nos voyages... Communiquer sur les réseaux n'est qu'un point de départ. Je n'ai pas l'intention de m'arrêter, mais je veux aussi faire autre chose. Développer ma marque, qui reste mon bébé, c'est ma priorité. J'y travaille avec mon boyfriend, que je connais depuis bientôt dix ans et qui est aussi mon business partner : on fait tout ensemble. Je crois avant tout au fait de construire quelque chose sur la durée.

Propos recueillis par Claire Stevens

Informations pratiques : l'huile capillaire Gisou est en vente sur le site www.gisou.com et sur le site www.luisaviaroma.com (74€ les 100ml).

À ne pas rater