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Natalia Vodianova dit stop au tabou des règles sur Instagram

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Le mannequin Natalia Vodianova a posté un selfie sur lequel elle apparaît une serviette hygiénique à la main. Un cliché loin d'être innocent et qui rend hommage à la bonne cause. Décryptage. 

Natalia Vodianova se montre engagée pour la bonne cause sur Instagram. L'égérie Guerlain s'est ainsi dévoilée avec une serviette hygiénique à la main dans le cadre du "PadMan Challenge", un mouvement qui veut briser le tabou qui entoure les règles et qui vient tout droit d'Inde.

On aperçoit ainsi l'actrice et mannequin brandir fièrement cette protection hygiénique qui suscite, encore en 2018, la honte de certaines femmes et restent inaccessible à d'autres. Deux phénomènes inhérents au tabou qui entoure encore et toujours les règles. "Oui c'est une serviette hygiénique que je tiens entre mes mains et il n'y a aucune raison d'en avoir honte. C'est naturel", écrit ainsi Natalia Vodianova.

Elle salue également le travail de Twinkle Khanna, célèbre actrice indienne, engagée pour la cause et qui met en avant le hashtag qui fleurit un peu partout sur les réseaux sociaux depuis quelques jours : #PadManChallenge.

Pourquoi ce nom ? C'est en référence au film "Pad Man" d'Akshay Kumar, un long-métrage sorti le 9 février et qui revient sur l'histoire d'Arunachalam Muruganantham, entrepreneur indien qui a trouvé un moyen de produire des serviettes hygiéniques à bas coût.

Il faut savoir que les menstruations sont jugées comme impures en Inde, ce qui contraint de nombreuses jeunes filles à ne plus aller à l'école durant la période des règles car elles n'ont pas accès à des produits d'hygiène féminine efficaces. Twinkle Khanna, productrice du film, estime que cela concerne 20% des jeunes filles en Inde et confie à Mashable : "Ça me déroute qu'une simple fonction du corps humain puisse être si largement condamnée et stigmatisée".

Face au coût trop important des protections hygiéniques, les femmes de certaines régions rurales indiennes sont même obligées de placer de la terre ou encore de la cendre dans leurs sous-vêtements afin d'absorber le flux menstruel. "Nous avons vu que non seulement les femmes utilisent de vieux morceaux de tissu, mais qu'elles utilisent surtout de la terre, de la poussière ou des cendres. Elles mettent la terre dans leurs sous-vêtements, en contact direct avec la peau. À cause de cela, elles contractent des infections ou des cancers de l'utérus", avait raconté Amir Abbas, étudiant en histoire de 21 ans, aux Observateurs de France 24, en juillet 2017.

Les règles : la parole se libère

Récupéré et porté par des figures telle que celle de Natalia Vodianova, au rayonnement international, le "Pad Man Challenge" (et plus largement la lutte contre le tabou des règles) connait un retentissement mondial. Le mannequin n'hésite pas à taguer des noms comme Emily Ratajkowski, qui a déjà montré son engagement féministe, ou encore Doutzen Kroes afin que le mouvement continue de se propager.

Si grâce au film d'Akshay Kumar le cas de l'Inde est mis en lumière, de nombreux pays considèrent encore que les menstruations rendent les femmes impures. Ainsi, au Népal, un rituel ancestral veut que durant leurs règles les femmes n'aient pas le droit de toucher ni la nourriture, ni le bétail, ni les hommes. Elles sont bannies de leur foyer, forcées à l'exil dans des huttes, obligées de vivre dans des conditions d'hygiène déplorables et au péril de leur vie.

En Occident, le tabou existe tout autant même s'il s'exprime d'une manière très différente et souvent insidieuse. En 2017, cependant, la publication d'ouvrages tels que "Le Grand Mystère des règles: Pour en finir avec un tabou vieux comme le monde" de Jack Parker ou encore "Ceci est mon sang" d'Élise Thiébaut montre que plus que jamais la parole des femmes se libère sur ce sujet. Deux ouvrages qui n'hésitent pas non plus à revenir sur l'origine de ce tabou et sur ce que cela signifie d'avoir ses règles selon les régions du monde.

Héloïse Famié-Galtier

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