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Mode : quand les freaks prennent le pouvoir

A l'ère du tout photoshoppé, peut-on changer les contours du beau ? Loin des portraits habituels sur papier glacé, des mannequins tirent leur épingle du jeu. Transsexuels, albinos, handicapés ou simplement un peu "différents", ils n'entrent dans aucune case traditionnelle. Et pourtant, la mode leur fait les yeux doux. Décryptage d'un phénomène.

Toute époque a ses canons de beauté. Les corps voluptueux de la peinture du XVIIIe siècle ont donné place, de nos jours, à des physiques de plus en plus fuselés. Moins de seins, moins de fesses, les mannequins qui posent aujourd'hui sur les couvertures des magazines tirent vers l'androgyne. Certains s'en plaignent. D'autres y voient une simple conséquence de notre temps.

Mais une tendance un peu à part émerge depuis quelques années. Celle qui donne de plus en plus de place à des "phénomènes", comprendre des hommes et des femmes dont le physique n'avaient, jusqu'alors, pas droit de cité dans les shootings mode. Ils s'appellent Shaun Ross, Mélanie Gaydos, Chantelle Winnie ou encore Jamie Brewer, présentent un handicap ou un physique "hors normes". A eux seuls, ils incarnent une autre image du beau.

La différence à l'honneur

Pour s'en convaincre, il suffit de voir le traitement que leur réservent aujourd'hui les médias. Certes, on parle toujours de cas un peu à part, et les Gisèle Bündchen et autres Carla Delevingne tiennent toujours le haut de l'affiche. Mais les mannequins différents font de plus en plus le buzz.

Il y a le cas Mélanie Gaydos, une Américaine atteinte de dysplasie ectodermique, une maladie qui impacte sa peau, ses cheveux comme ses dents et l'a conduite à de nombreuses reprises sur la table d'opération. Le regard des autres ne l'a pas empêchée de devenir mannequin. Cette forte personnalité a appris à s'accommoder de son corps, car après tout "c'est le seul qu'on a", souligne la jeune femme, touchante dans un entretien accordée dans le cadre du "The What's Underneath Project".

Mélanie Gaydos pour "The What's Underneath Project".

Un visage comme celui de Mélanie Gaydos pousse forcément à s'interroger sur notre rapport à notre physique et à la beauté.

Winnie Harlow, aka Chantelle Winnie, a elle réussit à donner tort à tous ceux qui l'ont harcelée à l'école. Cette jeune Canadienne est atteinte de vitiligo, une maladie de peau qui cause des dépigmentations de l'épiderme. Les tâches de Winnie Harlow, par leur surprenante symétrie, ont fait de son corps une oeuvre d'art. Et cela, Desigual l'a bien compris.

La marque espagnole de prêt-à-porter l'a choisie pour devenir sa nouvelle égérie. Un vrai pas en avant quand on pense qu'elle remplace Adriana Lima, une beauté classique parmi les mieux payées dans le monde du mannequinat !

L'amour de soi en étendard

Portant un message fort sur l'acceptation de soi (le fameux "empowerment" promu de l'autre côté de l'Atlantique), Chantelle Winnie offre un autre visage au public. Celui d'une jeune femme, incroyablement belle, et ce malgré (grâce ?) à son vitiligo.

Mais les hommes ne sont pas en reste dans cette démocratisation des "freaks" (une référence aux "monstres" présentés dans les freaks shows, sorte de cirques humains très populaires au XIXe et jusqu'au milieu du XXe siècle). Pour preuve, Shaun Ross, un mannequin afro-américain albinos récemment vu dans le clip "Pretty Hurts", de Beyoncé.

Shaun Ross dans le clip de "Pretty Hurts" de Beyoncé.

Ou Thando Hopa, une avocate sud-africaine albinos qui a été choisie comme égérie par la marque de cosmétiques Vichy.

La beauté au-delà du genre

Il y a aussi la recrudescence de mannequins transgenres qui, sur les podiums comme en couvertures de magazines, se font de plus en plus présents dans la mode. On pense notamment à Andreja (auparavant Andrej) Pejic, aujourd'hui ambassadrice de Make Up For Ever.

Certaines barrières sont plus compliquées à franchir. C'est le cas pour les mannequins étiquetées "plus size" (mais qui se passeraient bien de ce qualificatif), aux formes généreuses et qui réclament elles aussi - à juste titre - de faire la couverture des magazines, et pas uniquement pour le numéro "spécial rondes".

Stefania Ferrario, un mannequin australien qui s'est fait remarquer en posant nue pour demander d'abandonner le qualificatif "plus-size" pour décrire les tops qui ne rentrent pas dans un 36.

Geste encore plus fort, le choix de mannequins présentant des handicaps. La créatrice américaine Carrie Hammer a fait parler d'elle l'hiver dernier en faisant défiler l'actrice trisomique Jamie Brewer lors de son show. La blogueuse Jillian Mercado, en fauteuil roulant, à elle pris la pose pour Diesel.

La blogueuse Jillian Mercado prend la pose pour Diesel.
La blogueuse Jillian Mercado prend la pose pour Diesel.

Devant le flux incessant d'images (souvent sexistes et presque toujours retouchées) qui nous inondent, ces cas semblent encore anecdotiques. Et pourtant, leur multiplication pourrait bien annoncer le début d'une nouvelle ère, celle où le bien-être et l'amour de soi vaudront plus que le tour de taille ou de poitrine, la symétrie d'un visage ou la perfection d'un sourire.

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