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Mode : Faut-il s'habiller pour aller aux défilés ?

C'est sans doute la question que se posent les jeunes journalistes, stylistes et acheteurs sur le point d'entamer leur premier Fashion Month, et à laquelle la plupart des non-initiés répondraient forcément par la positive. Mais la réalité des shows est plus compliquée qu'il n'y paraît.

L'influence du street-style

Depuis l'avènement des blogs à la fin des années 2000, les photographes se sont mis à shooter les quelques phénomènes qui bordaient l'entrée des défilés, leur offrant un petit quart d'heure de gloire 2.0. Dorénavant, c'est pour eux qu'on s'habille, et de plus en plus de jeunes blogueurs et d'étudiants en mode, dont beaucoup patienteront en standing, places debout parfois accessibles sans invitation et avec beaucoup de culot, ou n'entreront tout simplement pas, se pressent et assurent le spectacle à l'extérieur du show.

Pour Chloé Gray, trend consultant au bureau de tendances Promostyl, "de nouveaux blogs naissent chaque jour, d'une plus ou moins grande légitimité, et tout le monde veut sa part du gâteau dans ce monde qui fait rêver. Ce monde auparavant fermé et réservé aux privilégiés est désormais ouvert à tous ou presque, seuls suffisent un appareil photo ou une tenue extravagante". Couleurs fortes, coupes inattendues et pièces de créateurs ultra reconnaissables, ces accros au selfie prêts à tout pour capter l'attention ont tout de même fini par apporter aux Fashion Weeks une jolie dose de gaieté et par inciter le public pro à plus d'audace vestimentaire.

Et même si en février 2013, la papesse de la mode Suzy Menkes taclait dans un cinglant article du T Magazine ce nouveau "cirque" fashion, il faut reconnaître que le phénomène street style a réussi à décomplexer d'un cran l'ambiance autour des shows et a largement contribué à donner au grand public une image positive de ce monde inaccessible.

La discrétion française

Si on voit à New York, Londres et surtout à Milan certains acheteurs, stylistes et journalistes débordés ET très habillés, en France, dans la mode comme ailleurs, la sobriété est de mise, même pour les grands événements.

Pas étonnant, donc, que les rédactrices en chef parisiennes n'aient aucun scrupule à se pointer avec la même tenue plusieurs jours d'affilée, laissant sac et manteau dans la voiture pour ne surtout pas s'embarrasser. Le comble du chic est d'ailleurs de sortir de ladite voiture avec chauffeur en fuyant les photographes, le visage caché par son carton d'invitation, surtout quand celui-ci porte un numéro de place front row. Méritocratie ou ultime snobisme parisien, le grand genre n'étant jamais synonyme de grande réussite, ne pas s'habiller pour les défilés équivaut à dire "je n'ai plus rien à prouver, je connais par coeur les ficelles du métier".

Pour autant, n'allons pas croire qu'il suffit de piocher dans son vestiaire les yeux fermés façon week-end à la campagne avant d'affronter une journée de shows. Le look effortless parisien est, comme on le sait, parfaitement maîtrisé. Le caban, bien souvent, est signé Saint Laurent et les boots à talons viennent de la collection Louis Vuitton qui s'apprête à défiler. "Culturellement, les Françaises sont rarement 'overdressed', résume Chloé Gray, et privilégient souvent le style à la tendance, la neutralité des tons en compensant sur la sophistication du look en général". La flemme oui, la négligence, jamais.

Le low pro reste donc, à Paris en tout cas, la piste à privilégier si on ne veut pas avoir l'air de débarquer ni se retrouver au "Petit Journal". On pourra toujours profiter de New York, Londres et Milan pour sortir ses pièces les plus folles.

Le vestiaire idéal

Mais alors, où se situe la tenue de Fashion Week par excellence ? Pour trouver l'équilibre parfait entre excentricité et sobriété parisienne, tout est affaire de dosage. Une journée de Fashion Week s'étalant bien souvent de 9h à 22h, mieux vaut opter pour des pièces que l'on connaît par coeur, pour ne pas regretter notre tenue après le premier défilé de la journée et se retrouver condamnée à porter ce manteau beaucoup trop chaud ou ces talons beaucoup trop hauts jusqu'aux événements du soir. Et même si la voiture avec chauffeur ou les 40 taxis peuvent nous faciliter la tâche, n'oublions pas que l'on passe une bonne partie de la journée à piétiner entre les rangs, les backstages, les présentations et les salons pro.

Nathalie Lucas, acheteuse chez Monnier Frères, opte pour une tenue "simplissime sur les vêtements et quelques accessoires clés et forts. Avec un turban Donia Allegue en cuir nappa noir, d'autant plus actuel avec le dernier show Saint Laurent, une pochette fun Anya Hindmarch, un pantalon noir, un trench et une paire de bottines Sophia Webster".

Autre alternative, profiter de la vague sportswear pour passer sa journée en Superstar ou s'inspirer du look new-yorkais des mannequins entre les shows : slim twisté, néo-rangers et bombers, sans oublier l'éternel sac de designer.

Notre rédactrice en chef digitale, Karen Rouach, qui s'apprête à couvrir tout le Fashion Month, optera quant à elle pour "une paire de chaussures plates comme des Robert Clergerie, mais avec un talon compensé pour ne pas avoir l'air trop petite à côté des mannequins ! Un slim noir pour aller avec tout, n'importe quelle chemise Isabel Marant et beaucoup de bijoux".

Mais ici, aucune règle d'or. "Une fille comme Alexa Chung vous répondrait que sa tenue idéale se composerait d'une paire de mocassins et d'une jolie robe à l'allure preppy, explique Chloé Gray, tandis qu'une excentrique rédactrice italienne vous soutiendrait que changer trois fois de tenue dans la journée est indispensable". Au milieu de cette faune en caban bleu marine ou en néoprène fluo, le mieux reste encore de n'écouter que soi.

Eugénie Adda

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