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Masculin masculin : l'homme nu au Musée d'Orsay

Sur l'esplanade du Musée d'Orsay se font face les représentations colossales du Mercure de Pierre et Gilles (2001) et du berger Paris de Jean-Baptiste Frédéric Desmarais (1787) : deux hommes nus entourés de nature pour annoncer la première grande exposition sur le thème du nu masculin dans l'art de 1800 à nos jours.

Alors que le nu féminin sert en permanence de prétexte à toutes sortes de manifestations artistiques, aucune exposition ne s'était donnée pour objet de remettre en perspective l'homme nu, sur une longue période de l'histoire. A la base pourtant de toute étude artistique, il y a ces exercices académiques d'après des modèles nus masculins.

Parce que le XIXe siècle puise au classicisme du XVIIIe siècle et que son écho résonne jusqu'à nos jours, cette exposition élargit l'horizon traditionnel du musée d'Orsay et embrasse plus de deux siècles de création incluant, aux côtés des peintures et sculptures, la photographie et le cinéma.

Le film "Pink Narcissus", les photos David la Chapelle de Patrick Serfati ou Nan Goldin, les images de Pierre et Gilles vont dialoguer de façon féconde et inattendue avec les hommes nus de Bouguereau, de Cézanne ou de Gustave Moreau, Francis Bacon, Egon Schiele. Libérée d'une approche chronologique, l'exposition fonctionne par thèmes où se succèdent les canons esthétiques hérités de l'antiquité et leur réinterprétation aux époques néo-classique, symboliste et contemporaine dans une glorification toujours plus grande du héros, la nudité comme accomplissement du corps dans la nature, la mise à mal du corps et l'expression de la douleur et enfin son érotisation car derrière bon nombre de ces oeuvres se lit avec évidence la manifestation du désir charnel.

Paquita Paquin

Extrait de l'entretien entre les artistes Pierre et Gilles et les commissaires de l'exposition

Ophélie Ferlier - L'exposition va traiter de la dimension homosexuelle sous- jacente à certaines représentations du nu masculin. Est-ce que vous définissez votre art comme ayant une dimension homosexuelle affirmée ?

Pierre - Non, nous nous adressons à tout le monde, mais nous le faisons avec notre sensibilité, bien sûr.
Gilles - Non effectivement c'est un art, j'espère, qui parle à une multitude de personnes différentes et justement, ouvre le regard des spectateurs. Nous n'avons jamais voulu faire un art homosexuel ou même nous déclarer comme des artistes homosexuels. Les choses sont venues naturellement.
Pierre - Il y a beaucoup d'homosexuels qui s'y retrouvent, c'est évident.
Gilles - Notre travail a manifestement, me semble-t-il, apporté aux homosexuels. Il est indéniable qu'il y a beaucoup d'autres peintres homosexuels et cela se voit moins, même si souvent, comme nous, ils travaillent sur le corps.

Guy Cogeval - Autrefois on parlait de tout sauf du nu qui était représenté dans une oeuvre, pas plus du désir masculin. Tout commentateur l'évitait complètement. On pouvait passer des heures dans une salle antique et ne pas du tout parler de ce désir pour le corps masculin qui était ...

Gilles - C'était présent mais ça ne se disait pas à l'époque.

Guy Cogeval – il n'y avait pas de militantisme dans ce que vous faisiez ?

Gilles – C'est sans doute une manière d'être militant que d'être naturel, de s'exprimer naturellement , de ne rien cacher, nous l'avons fait très naturellement, c'était notre façon de faire, la manière dont nous voyons toujours les choses

Xavier Ray – Votre oeuvre va paraître à plusieurs moments de l'exposition qui s'articule autour de six grands chapitres. Qu'est ce que cela vous fait d'être exposés à côté d'oeuvres très diverse et très anciennes pour certaines ?

Pierre et Gilles – C'est intéressant de voir nos oeuvres ainsi confrontées, cela nous fait plaisir. Mais ce qui est bien c'est que nous, dans le travail, nous avons un style, le style Pierre et Gilles que les gens reconnaissent, alors qu'en même temps nous nous inspirons et nous jouons avec des époques et des styles différents.

Masculin / Masculin L'homme nu dans l'art de 1800 à nos jours
Du 24 septembre 2013 – 2 janvier 2014

Commissariat : Guy Cogeval, président des musées d'Orsay et de l'Orangerie Ophélie Ferlier, conservateur sculptures au musée d'Orsay, Xavier Rey, conservateur peintures au musée d'Orsay, Ulrich Pohlmann, directeur de la collection photographique du Stadtmuseum de Munich, Tobias G. Natter, directeur du Leopold Museum de Vienne

Musée d'Orsay, 1, rue de la Légion d'Honneur
75007 Paris
Informations et standard : www.musee-orsay.fr - +33 (0)1 40 49 48 14

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