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Mads Mikkelsen, Salvation : rencontre avec le plus atypique des acteurs danois

"The Salvation" avec Mads Mikkelsen, au cinéma le 27 août 2014.
"The Salvation" avec Mads Mikkelsen, au cinéma le 27 août 2014.

Il a une "gueule", comme il s'amuse à le dire en français. Une vraie gueule. C'est sans doute pour cela que Mads Mikkelsen s'impose avec brio dans un western : "The Salvation". Et l'acteur danois peut se targuer de concurrencer les Clint Eastwood et autres Gary Cooper (si, on vous assure) dans ce long métrage. Rencontre avec l'atypique beau gosse.  

S'il arrive à maîtriser son incroyable accent danois dans la plupart de ses longs métrages, Mads Mikkelsen aime se lâcher de temps en temps et revenir à ses racines. Il nous a fait cet honneur lors de notre rencontre dans le prestigieux hôtel Raphaël et sachez-le, ça n'enlève rien à son charme. Au contraire. Rencontre avec le célèbre Hannibal pour le film "The Salvation", ainsi qu'avec le réalisateur de ce long métrage, Kristian Levring.

Kristian, comment avez-vous eu l'idée de réaliser un western ? Est-ce un genre que vous aimez tout particulièrement ?

Kristian : Réaliser un western était comme un rêve d'enfant. Les premiers films que j'ai vu à la télévision étaient des westerns et ça m'a beaucoup inspiré. Donc quand j'ai commencé à parler de mon amour pour ce genre de films on m'a dit : "Kristian, tu devrais réaliser un western !" et moi j'étais assez déconcerté, je trouvais ce projet fou.

Mads et vous êtes Danois, est-ce un risque de réaliser un western (genre typiquement américain) en tant qu'Européens ?

Mads : Je pense que c'est le bon pari à prendre. Les Européens peuvent s'approprier le genre du western aussi. Dans "The Salvation" on entend très peu d'accents américains et après tout, nous aussi nous avons tous les droits de faire des westerns.

Kristian : Le western est aussi l'histoire des Européens, donc c'est vraiment intéressant de le voir sous les deux angles. On connait bien l'angle américain, place à l'européen.

Mads, comment vous a-t-on présenté ce projet et qu'est-ce qui vous a immédiatement plu ?

M. M : Pour commencer, ça faisait des années que je voulais tourner un film avec Kristian. On a essayé de bosser ensemble plusieurs fois, mais aucun de ces projets ne s'est finalement fait. Et quand Kristian m'a parlé d'un western je lui ai répondu: "Mais je suis Danois !" et il m'a répondu : "Il y a beaucoup de Danois aux Etats-Unis". Du coup, je me suis dit qu'il fallait foncer. Je ne vais pas rajeunir ces prochaines années alors c'est l'occasion de courir partout parce que je ne pourrai plus le faire bientôt (Rires) !

Kristian, on voit que vous respectez scrupuleusement les codes du western... Quels films vous ont inspiré ?

K.L : Pour moi il y a trois héros qui se démarquent vraiment dans le monde du western : John Ford, Sergio Leone mais aussi Kurosawa qui a donné un nouveau souffle à ce genre avec "Les 7 samouraïs". Evidemment il y a beaucoup d'autres réalisateurs que je trouve très inspirant comme Quentin Tarantino récemment...

M.M : Clint Eastwood aussi est extraordinaire.

Mads, on a l'habitude de vous retrouver dans les rôles de méchants au cinéma. Acceptez-vous plus facilement les rôles de héros du coup quand ils vous sont présentés ?

M.M : Disons que je m'intéresse d'abord à la qualité du scénario avant de dire oui à un rôle. Ce que je veux, c'est avoir la sensation d'avoir la même perceptive du personnage que le réalisateur. Et par exemple dans "The Salvation", pour une certaine raison, le méchant du film n'est pas si horrible. Disons que si on regarde le film de son point de vue, il pense que ce qu'il fait est bien, même s'il peut être inhumain. Dans les bons films, je pense que la frontière entre le bien et le mal peut être assez floue, surtout quand il y a deux points de vue. C'est une chose qui m'intéresse et que je regarde avant d'accepter un rôle.

Kristian, "The Salvation" a un casting international et on y retrouve deux acteurs français : Eva Green et Eric Cantona. Comment les avez-vous choisis ?

K.L : Pour Eva, je cherchais une femme forte, très expressive et intense. Vu que son personnage est muet, il ne me fallait pas n'importe qui pour le rôle. Eva peut transmettre ses émotions juste avec le regard, elle était parfaite pour le rôle. Et Eric, je l'avais vu au cinéma dans "Looking for Eric" et je trouvais qu'il était très bon acteur. En plus, il a ce qu'on appelle "une gueule" ce qui est très important dans un western. Il faut des gueules dans ce genre de films, toutes reconnaissables. Bon pour Eric, je dois aussi avouer une chose : je suis un grand fan de football, ça m'a aidé à faire mon choix !

M.M : C'est vrai que dans tous les westerns que l'on voit, il y a une "gueule" qu'on retient. Le western est un film épique, très visuel, c'est donc important d'avoir des acteurs avec une certaine identité. Ça donne de l'intensité et de la force à chacun des personnages, c'est le cas dans "The Salvation", aussi bien pour Jeffrey Dean Morgan qui joue le méchant, que pour le reste du casting.

Pour revenir sur Eva Green, Mads ce n'est pas la première fois que vous tournez avec elle puisque vous étiez à ses côtés dans "Casino Royale"...

M.M : Comme vous l'avez dit, elle était "à mes côtés" dans "Casino Royale" mais on n'avait pas trop eu l'occasion de beaucoup travailler ensemble. On avait une seule scène en commun... Bon, après, on ne parle pas beaucoup plus dans ce film (Rires) ! Mais on tourne beaucoup plus ensemble déjà. Je pense que c'est une brillante actrice avec une carrière déjà bien remplie, elle est extraordinaire... Et il faut dire qu'elle est vraiment très drôle !

Vous étiez tous les deux à Cannes cette année pour présenter le film Hors-Compétition, comment était cette expérience ?

M.M : Je crois que je peux dire que je suis un habitué du Festival maintenant (rires) ! (ndlr : il a gagné il y a deux ans le prix de l'interprétation masculine pour "La chasse"). C'était ma troisième fois cette année et c'était génial de venir représenter un genre de film qu'on n'a pas l'habitude de voir à Cannes : un western. On a eu droit à une incroyable standing ovation et c'était juste fantastique. Je devais un peu briefer Kristian qui avait moins l'habitude des standing ovations. Au bout de même pas quelques minutes il voulait partir et moi je lui disais "Reste, reste...." c'était très drôle.

K.L : Oui, cette année j'ai appris qu'on ne devait pas couper des applaudissements. Mais déjà, j'étais très surpris que le Festival de Cannes présente le film. Ça représentait vraiment beaucoup. On venait à peine de terminer le tournage donc c'était la façon la plus merveilleuse de pouvoir présenter le film. Il arrive très souvent quand on finit un long métrage d'attendre six ou sept mois pour pouvoir le sortir, donc le Festival a beaucoup aider.

Mads, après "Michael Kohlhaas" on vous retrouve à nouveau dans le rôle d'un homme qui décide de se faire justice lui-même. Aimez-vous ce genre d'histoires ?

C'est vrai que pour "Michael Kohlhaas" comme pour "Salvation" la revanche est au centre de l'histoire. Et finalement, ce sont des histoires universelles. On peut se poser ces questions tous les jours : "Si la société ne s'occupe pas de mon problème, dois-je m'en occuper moi-même ?" ou "Ma justice est-elle meilleure que sa justice ?". Evidemment, c'est pour cela qu'on a créé de véritables sociétés avec des lois, comme ça on a pas à faire sa propre justice au tournant de la rue. Mais aujourd'hui encore on peut se poser ce genre de questions. C'est pour cela que je suis un grand fan de ce type de films. C'est en fonction des décisions du personnage principal qu'on va savoir s'il deviendra un héros ou non.

Kristian, un autre sujet est très présent dans "The Salvation" : l'immigration. Un sujet qui vous tient particulièrement à coeur ?

K.L : Oui, et en plus ce sujet est intéressant quand on réalise un western. Nous sommes des Européens donc quand on réalise un western en tant que tel, on doit aborder le sujet de l'immigration. Ce qui est intéressant, c'est que pour une certaine raison, quand un Danois se rendait en Amérique, rien ne pouvait le faire partir. A la minute où il quittait le bateau, il était Américain. Pour John, le personnage principal, il n'est pas imaginable de repartir au Danemark. Après toutes les choses horribles qui lui sont arrivées dans le film, il décide de fuir vers l'Ouest Américain, pas de retourner en Europe. Je trouvais ce point de vue intéressant.

Kristian, vous avez réalisé un thriller, un western et il parait que votre prochain film sera un film d'horreur. Réalisez-vous tous vos genres de films favoris ?

K.L : J'ai changé d'avis finalement pour le film d'horreur, à la place je souhaite réaliser un film de gangsters. Les Danois seront les méchants cette fois-ci je pense (rires). Mais sinon, j'espère avoir assez de temps devant moi pour réaliser tous mes genres de films favoris. Je souhaite que cela m'arrive un jour.

M.M : Une chose est certaine, tous les genres de films peuvent être de très grands films s'ils sont bien réalisés. Il faut respecter tous les types de films et les règles qui vont avec.

Mads, pour le film "Coco Chanel et Igor Stravinsky", vous avez pris des cours intenses de français. Avez-vous retenu ?

M.M : Je peux parler français sans trop de problème, surtout après avoir bu un peu d'alcool ! J'ai aussi travaillé à nouveau mon français pour les besoins du film "Michael Kohlhaas", surtout que j'étais entouré de personnes qui ne parlaient pas anglais. Le français est toujours là, il revient mieux quand je suis ici en France, mais je ne le parle pas assez bien pour tenir toute une interview par exemple.

Quels sont vos prochains projets ?

M.M : Je viens de terminer le tournage d'une comédie très noire et je vais bientôt retourner à Toronto pour la nouvelle saison de "Hannibal".

Il y a-t-il un genre de rôles que vous rêvez de jouer mais qu'on ne vous a encore jamais proposé ?

M.M : Non, je ne fantasme pas sur des rôles qu'on ne m'a jamais proposé, en revanche des genres de films oui. Les personnages que j'interprète deviennent toujours mes héros et au final, on peut les modeler. On peut jouer sur une partie de ce personnage extrême ou beaucoup moins. Dans le genre de films que j'aimerai vraiment jouer, il y a l'horreur, des films de zombies et... un film de kung fu. Et j'ai intérêt à me dépêcher pour ce dernier parce que bientôt je ne serai plus assez en forme pour faire du kung fu (Rires) !

"The Salvation", au cinéma le 27 août 2014.

Propos recueillis par Aurélia Baranes.

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