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Macholand : pour ou contre le site féministe participatif ?

Macholand.fr, c'est la nouvelle plateforme participative qui veut dénoncer le sexisme ordinaire que l'on rencontre partout, tous les jours. Mais voilà, avec ses méthodes plus ou moins orthodoxes de le combattre, les avis divergent sur le site lancé par Caroline De Haas, fondatrice et ancienne porte-parole d'Osez le féminisme. Et chez Puretrend, les opinions diffèrent. Alors, pour ou contre ? Décryptage.

Au moment du lancement de la plateforme, il y a un peu plus d'une semaine, la cause défendue par Caroline De Haas semblait plus que noble alors qu'elle déclarait vouloir faire entendre "la voix de citoyennes et citoyens trop souvent noyée dans la parole publique, médiatique ou politique. C'est aussi l'opportunité de nous faire entendre sur la Toile et de ne pas laisser le sexisme le plus vil s'y exprimer en masse sans réponse". Pour ce projet de grande ampleur, elle s'allie à Clara Gonzales (étudiante et militante féministe) et Elliot Lepers (designer et activiste). Vidéo second degré à l'appui, dénonçant le sexisme dans la publicité ou encore dans la politique, Macholand.fr a fait grand bruit, jusqu'à être piraté seulement quelques jours après son lancement. Dans la société, le sujet divise, la démarche aussi. Chez Puretrend, c'est pareil, on pèse le pour et le contre d'une telle initiative !

Macholand, c'est bien...

Un ras-le-bol général

Le sexisme est partout. De la télévision aux couloirs du métro où les messages publicitaires manquent cruellement d'originalité et renvoient aux images archaïques de la femme qui fait le ménage, élève les enfants et autres clichés réducteurs. Il s'étale grassement dans les pages des magazines et des journaux, par des propos lâchés sous couvert de fausse innocence et il se glisse même parfois dans la remarque anodine d'un collègue ou pire d'un politique. Il est lourd, le sexisme latent et banalisé, si écrasant qu'on ne le remarque même plus parfois. Et quoi de mieux que Macholand.fr pour exprimer ce ras-le-bol ? Le site se positionne pour dire "stop" et on a bien envie de taper des poings sur la table. Car la colère, elle, est bien réelle et gronde.

La dimension participative

Macholand.fr ne se positionne pas comme un site servant des idées prémâchées, mais bien comme une plateforme participative. Un message publicitaire vous interpelle dans les transports ? Il suffira de l'immortaliser avec votre smartphone et le poster sur le site, il sera repris sur les réseaux sociaux ou signalé dans un mail de masses. Noms du ou des coupable(s) en ligne de mire. De même pour une remarque entendue à la radio ou à la télévision par une personnalité publique, il suffira de le signaler à Macholand pour que le message soit relayé. Si la dénonciation, façon lynchage en place publique, paraît extrême de premier abord, la notion de communauté, elle, fait définitivement la différence. Ensemble, on peut faire avancer les choses et ça c'est un discours qui fait du bien. "L'union fait la force", un dicton parfois oublié.

Un hackage qui en dit long

Les hackers semblent avoir trouvé judicieux de bloquer l'accès de Macholand.fr, suivi d'une une flopée de mails d'insultes selon les dires de Caroline De Haas sur Twitter. Mais l'impression qui en ressort est surtout celle d'avoir frappé là où ça fait mal. Si le projet crée la polémique, c'est que dans un sens le problème est réel et présent. A ceux qui invoquent la délation pour ce site d'un nouveau genre, on a plutôt envie de répondre que la dénonciation ne devrait même pas être de mise. Le sexisme banalisé n'est pas normal et il est temps que les mentalités évoluent. C'est ce qui semble guider cette nouvelle plateforme, c'est le but suivi comme un bol d'air frais auquel on a envie de croire follement. Et c'est bien pour cette raison qu'on a envie de dire oui.

Héloïse Famié-Galtier

...mais pas tant que ça !

Et les hommes dans tout ça ?

Impossible d'être radicalement opposé à une démarche comme celle de Macholand mais le premier reproche que l'on pourrait faire au site, c'est que ses créateurs ont pris le parti de ne défendre qu'une cause, celle des femmes victimes du machisme. Le sexisme touche pourtant aussi les hommes. Les clichés n'ont pas de sexe et les moqueries s'accommodent d'absolument tous les genres.

"Quoi ?! T'as pleuré devant 'Titanic' ? Tu serais pas un peu une gonzesse toi ? ", "Alors une bagarre éclate dans la rue et tu ne vas même pas te battre comme un homme pour défendre la veuve et l'orphelin ?". Des propos que l'on a tous entendus au moins une fois.

Si l'on ne doit pas attendre d'une femme qu'elle fasse le ménage parce qu'elle est naturellement douée pour ça, l'on ne devrait pas non plus attendre d'un homme qu'il répare la tondeuse et casse la gueule des criminels parce qu'il est naturellement doué pour ça.

Une paranoïa nocive

En passant un peu de temps sur Macholand. fr, difficile également ne pas se sentir mal à l'aise face à ce répertoire exhaustif de propos sexistes. Mais trop, c'est trop : on traque le dérapage. On attend dans une paranoïa constante le moindre propos qui pourrait être interprété de traviole, au point d'atteindre une certaine saturation. Le politiquement correct prend le pas sur la spontanéité, l'humour, le second degré, la liberté d'expression. Il est bon d'avoir des propos mesurés et réfléchis, d'autant plus lorsque l'on exerce une fonction médiatique, mais il faut savoir raison garder. Un féminisme acharné n'est malheureusement pas fédérateur. Nous osons croire que le féminisme avancera véritablement lorsque chaque femme se sentira bien dans sa peau : faut-il vraiment continuer à se justifier ou à prouver que l'on est visée, attaquée par tels ou tels propos en permanence ?

Un combat caché

Enfin, si des sites comme Macholand peuvent éveiller certaines consciences, il ne faut pas oublier que l'éducation, la rééducation des mentalités vis-à-vis de l'égalité des sexes est avant tout un combat invisible que se doit de mener chaque femme et chaque homme. C'est bien beau de partager des liens sur Facebook pour dénoncer la dernière ignominie de Zemmour, mais encore faut-il prendre le temps d'éduquer ses enfants, ses frères, ses pères et ses amis sur les thèmes de l'égalité. Ce combat caché se déroule dans notre salon, un peu tous les jours : le sexisme est partout et fait mal surtout là où on ne le voit pas alors on se détend, et on agit aussi là où il faut.

Amélie Wolf

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