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Le "blackfishing", le dernier phénomène inquiétant sur Instagram

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Avec le temps, on le sait, Instagram sait faire ressortir le meilleur de l'humanité comme le pire. Depuis quelques semaines c'est une pratique des plus néfastes qui est observée sur le réseau social. Nommé "blackfishing", il s'agirait d'influenceuses blanches qui se feraient passer pour noires. Décryptage d'un phénomène inquiétant.

Imaginez être blanche et afficher un hâle foncé qui laisse croire que vous êtes métisse voire noire. C'est bien le détail dérangeant qui a été remarqué chez certaines influenceuses sur Instagram. Un phénomène qui a créé la colère chez les jeunes femmes noires qui ont décidé d'épingler les adeptes de "blackfishing" sur Twitter notamment, en expliquant pourquoi cela porte atteinte aux femmes racisées.

Le "blackfishing", la nouvelle blackface ?

"J'ai vraiment cru que cette fille que je suivais était métisse, mais il s'avère que non", écrit une internaute sur Twitter en affichant l'avant/après d'une jeune influenceuse sur Instagram. Et en effet, le changement entre les deux clichés est flagrant. Tandis que sur la première, la jeune femme affiche un teint clair et des lèvres plutôt fines, sur la seconde elle est métamorphosée, arborant un teint foncé et des lèvres pulpeuses. Et c'est bien cette métamorphose travaillée que l'on appelle "blackfishing".

Ce phénomène s'inscrit ainsi comme la blackface version 2.0, cette forme théâtrale de grimage ou de maquillage pratiquée au début du XXeme siècle aux Etats-Unis, où un comédien blanc incarnait une caricature stéréotypée de personne noire. Un procédé qui s'exprime encore aujourd'hui lorsque des personnalités blanches trouvent judicieux de se peindre le visage en noir pour un déguisement d'Halloween, par exemple.

Emma Hallberg, influenceuse suédoise, se retrouve sous le feu des projecteurs, affichant un hâle résolument suspect lorsqu'on découvre une photo d'elle au naturel. Une apparence et un comportement qui ne sont pas sans rappeler, dans une certaine mesure, les membres du clan Kardashian qui ont été maintes fois épinglées pour appropriation culturelle.

L'histoire d'une "tendance"

C'est en utilisant le terme de "tendance" que certaines justifient le fait d'afficher un bronzage très marqué, niant vouloir porter atteinte aux femmes racisées. Il faut pourtant être bien déconnectée des réalités pour ne pas se rendre compte du malaise.

"La photo de gauche a été prise il y a 2 ans juste avant l'été et avec très peu de maquillage et j'avais lissé mes cheveux", s'est également défendue Emma Hallberg en partageant son avant/après, visible un peu partout sur Internet. Elle précise également qu'elle s'identifie bien comme blanche et n'avait aucune idée que son bronzage puisse être offensant.

Ce geste qui serait donc "innocent", si on en croit certaines, est terriblement dérangeant à de nombreux niveaux car si ce phénomène prouve que le corps des femmes racisées est valorisé dans notre représentation de la beauté, les femmes racisées continuent, elle, à souffrir de racisme et autres clichés révoltants.

"Nous continuons à être un fétiche", s'insurge ainsi une jeune femme noire sur les réseaux sociaux. Car il faut bien comprendre qu'être une femme blanche qui se fait passer pour noire, de manière plus ou moins conscientisée, équivaut à prendre les bons côtés, en volant une esthétique, tout en ne souffrant jamais de racisme. "J'ai mis longtemps à accepter ma peau et ces filles peuvent tout retirer quand elles le veulent", souligne une autre internaute.

Cette nouvelle sorte d'appropriation culturelle donne, poussée à l'extrême, des figures aussi controversées que celle de Rachel Dolezal, activiste américaine pour les droits civils (à laquelle Netflix a dédié un documentaire), qui dit s'identifier comme noire alors qu'elle est blanche. Une allégation dangereuse et offensante pour les personnes racisées. Il faut pourtant bien comprendre que ce sont ces dernières qui doivent être entendues et valorisées avant tout.

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