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Le bazar normand de Friquette Mondino

Styliste photo pour les magazines et les marques de luxe, Friquette Thévenet-Mondino (la femme de Jean-Baptiste Mondino) a ouvert "la Petite Boutique"à Beaumont en Auge près de Deauville et mène de front depuis deux ans ces deux activités. "Elles se nourrissent l'une l'autre", dit elle. Quand elle voyage pour réaliser des séries de mode, Friquette arpente les marchés et rapporte des trouvailles, et d'un autre côté le fait de rester au plus prêt des tendances lui sert aussi pour la boutique.

Comment t'es venue l'idée d'ouvrir une boutique à Beaumont en Auge, ce village de Normandie où tu passes pas mal de temps en dehors de Paris ?

Un hasard ! J'aimais beaucoup ce village où l'on avait la maison depuis deux ans et cela m'attristait que cette boutique super bien située au centre du village soit fermée depuis des années. Personnellement, j'avais en tête depuis mes dix-huit ans de faire un jour un bazar où je vendrai tout ce que j'aime. Ici, Je me suis dit j'aime ce village, je vais y passer de plus en plus de temps, il me faut une occupation. Un peu comme sur un coup de tête !

Racontes un peu ce que l'on peut trouver dans ce bazar...

Mon idée de toujours c'était d'y mettre tout ce que je rapportais de mes voyages en France où ailleurs. J'ai toujours chiné dans les vieilles merceries, les brocantes. En voyage aussi, je ne peux m'empêcher de faire les marchés, d'acheter des tissus et puis comme on me demande souvent d'où viennent ces trouvailles, alors au lieu de les entasser chez moi, j'ai voulu en faire profiter les autres. Comme il me fallait une base un peu solide, que je n'avais pas envie que cela devienne la boutique hippie d'une voyageuse, j'ai choisi des produits de la marque Caravane parce que j'ai beaucoup d'admiration pour sa fondatrice, Françoise Dorget, devenue une incontournable dans la déco. C'était le style qui me ressemblait le plus. (Elle a commencé en faisant des voyages pour finir par faire fabriquer des produits susceptibles de s'adapter à toutes sortes de décors, même bourgeois.)

Comment définir le style Caravane ?

C'est l'univers d'une voyageuse qui transpose d'une manière super maligne des objets qu'elle découvre en Asie, en Afrique et partout dans le monde en les réinterprétant, en les détournant parfois, avec beaucoup de respect des règles de l'artisanat et une profonde conscience écologique. Ce sont des canapés, des rideaux, des coussins, du linge de maison. Son style s'adapte à tous les intérieurs, même les plus bourgeois. C'est un peu ce que je fais chez moi en mixant tous les styles car je trouve qu'il y a une manière de les mélanger afin qu'ils perdent un peu de leur exotisme, pour s'adapter à l'endroit où tu es. J'adore mettre un tapis indien ou berbère à côté une commode XIXe. Coussins, tissus, couettes de lit, duvets, courte pointe, jetés de lit, linge de lit, sofa cover, ces petite couettes en velours lavé que l'on trouve dans la Petite Boutique viennent de chez Caravane. Et ce qui marche très bien, ce sont les gros édredons bien épais comme on en avait autrefois. Tout d'un coup les gens, en Normandie, sont ravis de retrouver le gros édredon avec un tissu indien ou moderne avec les coussins assortis, c'est le best seller Caravane

Tu gères donc des fabrications locales ?

Je fais faire au Maroc à côté de Marrakech des céramiques. Ils exposent leur production mais tu peux demander les couleurs que tu veux. Ils en ont une palette dingue et j'aime leur fabrication artisanale. On n'aura pas deux cendriers pareils, ni des couleurs exactement pareilles. J'importe des bols, des petits verres à thé, non plus en verre mais en céramique, des plats de tagine miniature pour y mettre les épices.

Les best seller de la petite boutique ?

Les bracelets de Laponie de la Suédoise Maria Rudman en cuir de rennes et en tresses de laiton argenté. Il y a eu un véritable engouement pour ces bijoux, ceux-là sont les originaux, elle les vend chez l'Eclaireur, aux États-Unis, au Japon et en Chine et plus tu les portes, plus ils deviennent magnifiques, et comme c'est ma copine depuis toujours, je les porte, mes enfants aussi, ce sont des vrais bijoux à garder à vie. Je vends aussi des lampes et appliques en fer, avec des petits trous qui font des jolies ombres portées suspensions énormes, d'autres en forme d'ampoule que des Hollandais font fabriquer en Égypte. Et puis les bougies parfumées Astier de Villatte, les étoles en cachemire Faliero Sarti...

Des vêtements aussi ?

Très peu, mais j'adore ce que fait Thierry Colson, c'est un copain. Je choisis un produit facile, pas des choses ajustées car la boutique n'a pas de salon d'essayage... Je vends aussi des robe tunique blanches très simples de Maison Bahira, une Française qui fait fabriquer ses vêtements à Marrakech ainsi que du très joli linge de maison en coton d'Egypte

Comment les gens du village ont-ils réagi à ton installation ?

Parmi les 400 personnes qui habitent Beaumont en Auge, il y a les commerçants qui sont très sympas avec moi. J'ai fait un verre pour l'ouverture, et ils sont tous venus. En revanche ma clientèle, ce sont les Parisiens et les Anglais qui possèdent de maisons très jolies dans le coin où il existe une population de week-end et même de gens installés à l'année mais qui bougent pas mal à Paris et Londres.

Et c'est Jean Baptiste Mondino, ton mari, qui a inventé le logo de la petite boutique

Une vache pour la Normandie et une couronne parce que j'adore ça.

Tu t'es découvert une vocation de vendeuse ?

je ne pouvais être les tous les week-ends alors j'ai pris quelqu'un dès le départ. Il n'empêche que j'ai découvert que j'adorais vendre alors que je ne me croyais pas faite pour ça. J'éprouve du plaisir à raconter l'histoire de l'objet, à expliquer comment je l'utilise, comment le traiter. j'essaye de ne pas faire de bullshit, je vends comme si je m'adressait a des amis et je veux que les clients soient contents je conseille de prendre les mesures et de revenir, je ne pousse pas à la consommation, cela donne confiance.

Des objets particuliers des Antiquités ?

Les globes de mariée, je les collectionne et de temps en temps je continue à en chiner, mais j'y suis attachée que j'ai du mal à les vendre.

Il existe un véritable engouement pour les globes de mariée

Les gens les vident et s'en servent comme vitrines pour exposer des bijoux. J'avais celui de ma mère et puis j'ai commencé une collection. J'aime toute la symbolique des objets conservés à l'intérieur, symboles de fertilité de fidélité : colombes, fleurs de jasmin, voiles de mariée.

Les gens viennent de très loin à Beaumont en Auge ?

D'Angleterre, de Russie, des Etats-Unis ; j'ai une cliente Suisse qui achète des choses pour ensuite les rapporter en Suisse, des gens qui font une ou deux heures de route pour aller dans la Petite Boutique mais souvent ils passent là pour faire un tour, visiter ce très joli village avec son chocolatier très réputé, son Café des Arts et son fabricant de Kaléidoscopes qui vend ses créations dans le monde entier.

Mondino et toi, vous êtes devenus fan de la région?

J'aime cette campagne toujours verte, été comme hiver, très protégée car destinée à l'élevage des vaches et des chevaux avec ses des haras qui font des centaines d'hectares. On est à la campagne, mais la mer est à 8 kilomètres et si l'on a envie de voir du monde, on est tout près de Deauville et Trouville et puis ce n'est qu'à deux heures de Paris .

Comment souhaites-tu faire évoluer cette boutique ?

J'aimerais présenter des meubles plus volumineux pour des raisons financières aussi, car c'est comme cela qu'on gagne sa vie, mais j'ai si peu de place. Certes, je vends bien de petites choses mais je suis frustrée de ne pas avoir assez de place pour mettre des choses en valeur, déplier un tapis ou une nappe.

Tu aimerais ouvrir une boutique à Paris ?

Oui, Pourquoi pas, cela me permettrait d'être un peu plus pointue dans mes achats. Mais je dois trouver un investisseur pour m'installer dans le bon quartier, embaucher une vendeuse, et je ne suis pas sure que ce soit la bonne période. J'aimerais aussi préserver une démarche de "commerce responsable" et je ne sais pas si cela restera possible en me développant plus

Propos recueillis par Paquita Paquin

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