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L'IVG en danger : le combat pour le droit à l'avortement continue

Depuis quarante ans, l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est légale dans notre pays. Mais avec l'essor des lobbys conservateurs en Europe et d'un discours culpabilisant, le combat pour le droit à l'avortement est plus que jamais d'actualité.

Le 29 novembre 1974 était votée la loi Veil, légalisant l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en France. Depuis, ce droit a été renforcé. Désormais pris en charge à 100% par la Sécurité Sociale, il s'est délesté de la notion de "situation de détresse" comme raison invoquée.

Créé en janvier 2014, le site ivg.gouv.fr a pour mission d'apporter une information claire et neutre aux femmes songeant à avoir recours à l'avortement. En préambule, il est rappelé qu'il s'agit bien d'un droit.

"Toute femme enceinte qui ne veut pas poursuivre une grossesse peut demander à un médecin l'interruption de sa grossesse, qu'elle soit majeure ou mineure, française ou étrangère. Seule la femme concernée peut en faire la demande et seul un médecin peut la pratiquer jusqu'à la 12e semaine de grossesse. Ceci est un droit garanti par la loi."

Le site du Planning Familial, lui, va encore plus loin, rappelant que ce droit est toujours disputé. "La contraception n'a pas toujours été une évidence et la maternité un choix. Malgré les avancées sur la place des femmes, les représentations liant 'féminité' et 'maternité' continuent de peser. Le droit au plaisir sans procréation n'est toujours pas vraiment acquis. Cela explique les résistances sociales actuelles pour l'accès à la contraception comme à l'avortement."

L'avortement, un droit remis en question

C'est l'un des effets secondaires des débats autour du mariage homosexuel et de la Manif pour tous : la parole conservatrice et rétrograde s'est libérée. Aux côtés des discours arguant qu'une famille, c'est "un papa, une maman" (le papa en bleu et la mère en jupe rose, de préférence), la remise en question de l'IVG est ressortie de nulle part.

C'est ainsi qu'en décembre 2013, on a vu des membres de la Manif pour tous défiler dans les rues de Madrid pour soutenir un projet de loi visant à restreindre l'avortement aux seuls cas de viol et de mise en danger physique ou psychologique. Dans les cortèges, on scandait alors "l'espérance" et le "génocide médical" honteux et légalisé par l'IVG (Le Monde).

Heureusement, le gouvernement de Mariano Rajoy a fait chou blanc et le projet est tombé à l'eau. Mais la sonnette d'alarme a été tirée. Et avec la levée un peu partout en Europe de voix conservatrices, le droit des femmes à disposer de leur corps se retrouve de nouveau sur le tapis.

Désinformation sur le Net

Cette remise en question peut être frontale, comme lorsque Marine Le Pen, présidente du Front National, parle des IVG "de confort". Mais elle se montre souvent plus insidieuse. Ainsi, sur la Toile, les associations "pro-vie" ont multiplié les plateformes "d'information" où elles distillent un discours moins innocent qu'il n'y paraît.

C'est le cas du site IVG.net, par exemple. Sous couvert de vouloir informer les femmes, il martèle un discours bien rodé : l'avortement est très risqué et source de dépression. Bien sûr, les effets d'une IVG ne sont pas anodins. Mais la ficelle d'IVG.net est un peu grosse.

Pour exemple, les témoignages mis en avant. Tous à charge, tous écrits par des femmes évoquant leur vie "détruite" après leur IVG, leur culpabilité, leur impossibilité à se reconstruire.

"J'ai l'impression de l'avoir tué et de ne pas avoir tenu mon rôle de mère qui me tient à coeur." "C'est un acte insurmontable (...). Aujourd'hui, il existe des aides pour les mamans seules et je vous jure qu'avec la force que nous donne nos enfants, on s'en sort toujours. Une maman peut déplacer des montagnes pour son enfant." "L'avortement n'est pas un acte simple, il détruit une vie, c'est sûr, mais pas qu'une."

Des témoignages alarmants auxquels s'ajoutent les résultats d'études scientifiques cités par IVG.net mettant en avant les risques de l'IVG. "Le taux de mortalité est trois fois plus élevé après un avortement qu'après une naissance." "La grossesse est un facteur de bonne santé" "Les femmes ayant avorté ont deux fois plus de risque de mourir dans les deux années qui suivent."

Un discours biaisé qui vise à culpabiliser les femmes et leur faire intégrer l'idée qu'un avortement briserait leur vie à jamais.

L'avortement, un combat à mener en Europe

Pour contrer ces pratiques, le Planning Familial a lancé un site, "L'avortement, un droit à défendre". "Chaque année en France, plus de 200 000 femmes avortent. Elles n'ont pas à se justifier, se sentir coupables ni demander pardon." Le site a lancé une pétition pour la liberté d'avorter pour toutes les femmes d'Europe.

Car si en France, les lobbys conservateurs ne sont pas parvenus à le mettre à mal, ils demeurent puissants dans d'autres pays d'Europe. L'avortement demeure ainsi interdit en Irlande et en Pologne, sauf en cas de viol ou d'indications médicales.

Enfin, si l'IVG n'est pas un geste anodin, elle demeure un choix et un droit. Et sur la Toile, des témoignages objectifs et positifs existent. Exemple de lecture conseillée, le blog IVG, Je vais bien, merci pour lutter contre le discours culpabilisant. Mon corps, mon droit !

Pour aller plus loin, ce soir, Arte diffuse le documentaire "Droit à l'avortement, le combat continue" à 22h45.

C.B.

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