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Januhairy, le hashtag body posi qui annonce une nouvelle année militante

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2019 commence en trombe et le mois de janvier se révèle déjà militant. En effet, à l'initiative d'une étudiante du nom de Laura Jackson, ce mois-ci les femmes sont encouragées à une démarche body positive en laissant pousser leurs poils. Sous la bannière #Januhairy, les femmes peuvent ainsi publiquement combattre l'injonction à s'épiler, annonçant ainsi la couleur pour cette nouvelle année : la lutte continue !

C'est un mouvement très positif et qui prône l'acceptation de soi qu'a lancé Laura Jackson. Tandis que tout le monde ne semble avoir que le mot "résolutions" à la bouche - terme qui flirte dangereusement avec "injonctions" quand on voit déjà les termes "régime" et "détox" envahir les médias après les fêtes de fin d'année - c'est l'amour de soi qu'a décidé de célébrer l'étudiante de 21 ans.

Elle encourage ainsi les femmes à laisser pousser leurs poils et à les montrer sous le hashtag "#januhairy", en ce mois de janvier 2019. Une démarche d'empowerment qui dit que, cette année plus que jamais, les injonctions faites aux femmes seront combattues. On adore.

Montrer ses poils, signe de puissance

Les femmes n'ont pas attendu 2019 pour montrer fièrement leurs poils. Mais si le procédé n'a rien de nouveau, il semble indispensable pour imposer un nouveau point de vue, celui qui combat farouchement les canons de beauté qu'ont souvent bien intégrés les femmes. L'épilation en fait bien sûr partie, les jambes glabres érigées en détail sexy par excellence et incontournable. De sorte que jusqu'à ce que le mouvement body positive tape du poing sur la table pour imposer de nouveaux standards, aucune représentation de femmes avec des poils n'étaient de mise dans les campagnes et les publicités.

Et si le procédé semble encore timide - quoi que de plus en plus valorisé par certaines marques - on comprend bien que la démarche spontanée de Laura Jackson soit nécessaire et tout à fait dans l'air du temps. Sur un compte Instagram destiné au mouvement "Januhairy", la jeune femme explique sa démarche.

"À l'origine, j'ai laissé pousser les poils de mon corps dans le cadre d'une performance pour mon diplôme de théâtre en mai 2018". Une expérience qui a eu l'effet d'un déclic pour Laura, qui raconte : "Je me suis sentie libérée et j'ai eu davantage confiance en moi, même si certaines personnes autour de moi ne comprenaient pas ou n'étaient pas d'accord avec le fait que j'arrête de me raser. Après quelques semaines à m'y habituer, j'ai commencé à aimer mes poils. J'ai aussi commencé à apprécier le fait de ne pas avoir à me raser régulièrement".

C'est bien se sentiment de libération qu'elle souhaite faire connaître et partager avec d'autres femmes. "J'ai eu beaucoup de soutien de mes amis et de ma famille ! Au début pourtant, je devais expliquer pourquoi je le faisais à beaucoup d'entre eux, c'était surprenant, et encore une fois, c'est pourquoi il est important de le faire ! Quand j'ai commencé à laisser pousser mes poils, ma mère m'a demandé: 'Est-ce que tu es paresseuse ou est-ce que tu essayes de prouver quelque chose ?' ... pourquoi devrions-nous être considérées comme paresseuses si nous ne nous rasons pas ? Et pourquoi devrions-nous avoir à prouver quoi que ce soit ? Après en avoir parlé avec elle et l'avoir aidée à comprendre, elle s'est rendue compte à quel point c'était étrange d'avoir posé ces questions. Si nous voyons de plus en plus de femmes poilues, cela devient normal. Ma mère va rejoindre le mouvement Januhairy et laisser pousser propres poils, ce qui est un grand défi pour elle et pour beaucoup de femmes qui s'impliquent. Mais un défi positif !".

Une démarche dangereuse ?

Laura Jackson n'hésite pas à nuancer pourtant sa démarche en concluant : "Ce n'est pas une campagne de haine à l'intention de celles et ceux qui ne comprennent pas qu'avoir des poils, c'est normal, mais plutôt un projet pour se mettre en valeur et mieux se comprendre les uns les autres". Bien sûr, certaines femmes continueront de s'épiler et il ne s'agit pas là de les pointer du doigt. Le tout est de conscientiser ce "geste beauté", de déterminer s'il provient d'une injonction ou de soi véritablement. Spoiler alert : il s'agit de la première option en grande majorité.

Mais si l'étudiante semble se justifier, en quelque sorte, c'est aussi pour prévenir des potentielles attaques qu'elle pourrait recevoir. Et quand on sait comme la non-épilation peut faire naître des réactions résolument épidermiques, on comprend. Pour rappel, lorsqu'Arvida Byström, célèbre instagrameuse, avait été choisie pour une campagne Adidas pour laquelle elle avait posé jambes nues et tous poils dehors, elle avait reçu des menaces de mort et viol. Ce qui semble aberrant mais qui est malheureusement bien réel.

En 2017, c'est la blogueuse Morgan Mikenas qui dévoilait sa démarche d'arrêter de s'épiler. Célébrée par les féministes, elle avait également dû se frotter à un certain nombre de critiques violentes. Les poils féminins éveillant le dégoût pour une raison très obscure.

Comme l'Histoire l'a prouvé par le passé, c'est malheureusement dans la douleur que les femmes continueront à revendiquer et à gagner leurs droits, mais aussi une nouvelle norme qui éloigne les oppressions dont elles sont depuis trop longtemps victimes. Comme la démarche de Laura Jackson le prouve une nouvelle fois, c'est dans la sororité et la bienveillance que l'on peut trouver refuge et force. Et à ça, on dit mille fois oui !

En bonus, la vidéo de Puretrend réalisée avec l'illustratrice Maureen Wingrove (alias Diglee), avec qui nous avions discuté de la non-épilation.

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